Un supporter russe expulsé revenu en France, une pelouse qui déclenche la guerre, un référendum qui échappe aux élites, et des enfants qui chantent "sin on arrêtait les conneries?"

La revue de presse, bonjour Hélène Jouan

On commence par l’arrestation d’un supporter russe hier, pas n’importe qui…

Sur son compte twitter, Alexander Schprygin, président de la fédération des supporters russes, pavoise. Il pose devant puis dans le stadium de Toulouse, il assiste au match Russie/pays de Galles, il est 20H30 hier soir. Mais au cours de la première mi-temps, le porte- parole du ministère de la justice annonce son arrestation.

« C’est une nouvelle ombre sécuritaire au tableau de l’ euro 2016 » nous explique Jean-Marie Pottier sur Slate.fr. Et pour cause, ce même Alexander Schprygin faisait partie des 20 personnes expulsées de France après les graves incidents du 11 juin dernier à Marseille autour du match Angleterre/Russie. Mais à peine avait-il posé le pied à Moscou, qu’il se promettait de revenir en France. Promesse tenue.

Dans une enquête mise en ligne sur son site, Télérama va plus loin et met au jour de curieuses négligences de la part des autorités françaises à l’ égard de ce néo nazi notoire, proche de Poutine. Olivier Pascal-Mousselard et Olivier Tesquet pointent d’abord une première rencontre en mars dernier entre le consul général de France et cet ultra nationaliste. Rencontre qualifiée à l’époque « d’amicale et constructive », mais dont le compte-rendu a opportunément disparu du site. Le quai d’orsay se défend aujorudh’ui en expliquant qu’il s’agissait de parler « des modalités de délivrance des visas » des supporters russes. C’est bien le problème : le consul connaissait il vraiment le pedigree de cet homme, connu pour ses accointances avec l’extrême droite, aux commentaires plus que douteux sur l’équipe de France, où il trouvait qu’il y a « vraiment beaucoup de noirs » ? Au printemps, il fait en tout cas la tournée des popotes dans plusieurs préfectures de municipalités où la Russie va jouer… reçu donc presque comme un personnage officiel ; à l’entregent efficace, il parvient à mobiliser le ministre russe des affaires étrangères quand le 14 juin, les gendarmes arrêtent les supporters russes soupçonnés d’être à l’origine des heurts à Marseille. Expulsé le 18, il est donc revenu par la fenêtre, par la suisse plus précisément, avant d’être de nouveau arrêté. Naïveté ou coupables négligences de la diplomatie française et des services de sécurités ? Question ouverte. La bonne nouvelle pour ces mêmes autorités, c’est que la Russie étant désormais éliminée de l’euro, le Schrypgyn en question n’a normalement aucune raison de vouloir revenir !

Problème de sécurité donc…et problème de gazon maudit au stade lillois dimanche soir. La presse y revient encore ce matin !

Et ça tourne à la bataille rangée entre l’UEFA, l’association des jardiniers des stades et la Société française des gazons, oui ça existe ! Pleine page dans l’Equipe ce matin pour détailler la guerre de « c’est pas moi c’est l’autre ». C’est l’UEFA qui a décrété le changement de pelouse le 15 mai dernier par des rouleaux venus tout droit de slovaquie. Pour diverses raisons, « assez prévisible écrit l’Equipe pour quiconque a déjà tondu une fois une pelouse dans sa vie, le gazon n’a pas pris ». Résultat, la société française des gazons s’est fendue d’un communiqué incendiaire pour dire qu’elle ne se sentait « nullement responsable de l’incompétence et du sabotage de mercenaires mandatés pour l’occasion ». outch ! Le président du comité d’organisation Jacques Lambert en remet une pelletée « si les stades de France avaient une pelouse parfaite avant le début de la compétition, ça se saurait ». « Bon mais c’est clair qu’il y a eu un problème » est il obligé de reconnaître.

«Alors, une cata cet euro ? non une vraie fête » assure Quentin Girard dans Libération ce matin. « Pour un après midi désastreux à Marseille, combien de journées parfaites, de sourires, de selfies avec des forces de l’ordre, combien de videos de communion entre adversaires, de peuples qui chantent ?» défend il. Verre à moitié vide ou à moitié plein, c’était ma contribution au verre plein ce matin

Bon, il n’y a pas que le foot dans l’actualité Hélène…il y a également des sujets plus graves

« Pendant que nous dissertons mollement sur la qualité de la défense tricolore ou le manque d’ensoleillement écrit Olivier Berger dans la Voix du Nord, et c’est vrai que paris Normandie se désespère à sa Une en titrant « c’est quand l’été ??? » avec un couple sous un parapluie, pendant que nous dissertons donc mollement, le haut-commissariat des nations unies pour les réfugiés nous assène la bagatelle écrit il de 63 millions 500 000 de personnes déracinées en 2015. Record mondial note t il. C’est un humain sur cent dans le monde qui a du s’enfuir de chez lui. C’est presque l’équivalent de la population française.

« Le coup passa si près que le chapeau tomba »..vous connaissez Patrick le vers de Victor Hugo…on a un peu l’impression de vivre cela à J-2 du référendum en Grande Bretagne. Le financial Times et les Echos relèvent tous deux que « les marchés financiers ne parient plus sur le Brexit », un dernier sondage en Une du Telegraph donne en effet une victoire du Remain ce matin, 53/46 (53/46 je ne m’explique pas pourquoi les anglais ne comptent pas comme nous ). Pour autant, Florentin Collomb, le correspondant à Londres du Figaro explique bien les raisons de l’inappétence des anglais pour l’europe. » Ca fait des années raconte t il que les élites ont convaincu les britanniques que le pays avait sacrifié sa souveraineté, le contrôle de ses frontières voire sa prospérité sur l’autel de Bruxelles, et bien voilà, avec le référendum la « bête est lâchée » écrit il. Les électeurs s’emparent de ce référendum plus avec leurs tripes qu’avec leur raison, dans l’espoir de reprendre le contrôle et un pouvoir jugé trop lointain…le « génie du référendum est sorti de la bouteille » a prévenu le chancelier de l’Echiquier…et la leçon, c’est que les élites ne peuvent s’en prendre, qu’à elles-mêmes…

Moins sérieux j’en conviens, mais une drôle de petite phrase dans le Parisien qui consacre un article aux candidats à la présidentielle qui se piquent de faire un régime avant de se lancer. Marine Le pen va en effet ré apparaitre ce soir sur TF1, après 4 mois d’abstinence médiatique avec parait-il 11 kilos de moins. Et le candidat Mélenchon, qui avait maigri en 2012, il prévoit quoi ? « nous n’avons pas encore pris de décision » précise son entourage. « Nous ? » même la décision de faire un régime relève du parti chez Mélenchon, si c’est pas de la démocratie participative ça

En France, Hélène, le bras de fer continue entre le gouvernement et les syndicats sur la possibilité de manifester ou non jeudi

« Sécurité avant tout » dit le gouvernement, « pas question d’une fan zone syndicale » rétorquent CGT et FO qui ne veulent pas d’une manif statique, le bras de fer pourrait durer jusqu’à jeudi prévient Le Parisien. En attendant, le dialogue syndicat/Patronat parfois, ça marche ! C’est ce que raconte ce matin à Ouest France le directeur de l’usine PSA de La janais près de Rennes, en sursis depuis 2 ans, et qui accueillera donc le nouveau cross over de Citroën. « on s’est mis en mode PME en cherchant des solutions ingénieuses et frugales explique Frédéric LAganier, pour gagner le marché contre la Chine. Et tout cela assure t il, grâce aux salariés et aux syndicats qui ont signé un accord de modération salariale » Merci à eux lance t il…pas banale en ce moment que cette ode patronale. La CGT cependant n’est pas signataire…parfois, le verre peut aussi être à moitié vide

Et si on terminait en chantant Patrick ? 35ème édition de la fête de la musique aujourd’hui. Concerts multiples et variés détaillés dans vos quotidiens régionaux. La Voix du nord conseille de venir avec ses bottes ce soir…et Sud Ouest raconte une chouette initiative : à l’initiative de la Sacem, 100 classes ont écrit et composé des chansons avec des musiciens professionnels. Extrait de celle composée entre Guillaume Martial et les CM1/CM2 de l’école Mikael Balligant de l’académie de Bordeaux.

SON

Ca s’appelle « et si on arrêtait les conneries ? », pas mal comme mot d’ordre pour la journée non ?

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