portrait de Robert Bourgi par Sophie des Déserts dans Vanity Fair, Bayrou quitte le gouvernement

La revue de presse, bonjour Hélène Jouan

On commence par un retour sur la campagne présidentielle

L'article se termine par ces mots de Nicolas Sarkozy " t'as vu Robert? On l'a bien niqué". Mais qui, comment, pourquoi? On rembobine et on reprend le début du papier de Sophie des déserts dans Vanity fair, « l'homme qui aimait trop Fillon". Portrait de Robert Bourgi, Bob pour les intimes, monsieur françafrique pour plusieurs présidents. Quand Sophie des déserts rencontre Bourgi en mai dernier, « ses doigts caressent le tissu de sa veste » raconte t elle. « C'est du Arny's » note t il, lèvres joueuses. Tout, même mes chaussettes ». Arny's les costumes arny's, qui ont précipité la chute de François Fillon pendant la dernière campagne. En ce début du mois de mai, Bob est chagrin. L'ami Fillon ne répond plus au téléphone...on va comprendre pourquoi. La journaliste raconte comment ce roi de la diplomatie parallèle, qui s'auto proclame héritier de Foccart, qui a donc servi jacques Chirac avant de le trahir, pour être adoubé par Nicolas Sarkozy pendant son quinquennat, s'est rapproché de son ancien premier ministre. Il déboule à Matignon en 2008 avec sa Maserati, arme de séduction massive pour l'amateur de belles cylindrées. Il flatte ce premier ministre malheureux en ménage avec son président. Se propose de jouer les intermédiaires avec Nicolas, lui cachant soigneusement qu’il fait désormais partie de son cercle très rapproché. Bourgi dit à Fillon, ce qu'il a envie d'entendre, « qu'il prend de l'épaisseur, qu'il a de l'avenir » Pendant le quinquennat hollande, les mots deviennent plus doux encore, et les gestes d'amitié plus présents. Fillon a craqué devant les vestes forestières de Bourgi ? À Noel 2014, alors que le moral du sarthois est au plus bas, virée chez Arnys "une tenue anglaise pour monsieur fillon" commande t il. 5180 euros...c'est rien pour lui, il a bien offert quelques cravates Hermès à Guéant... les mois suivants sont un peu compliqués, Bourgi va plaquer puis soutenir à nouveau Sarkozy dans la primaires. Sauf que c'est François Fillon qui gagne à la fin. Au lendemain de sa victoire, coup de fil de la maison Arnys "vous avez reçu en cadeau 2 costumes " le candidat le remercie d'un simple smiley. Après? « Après j'ai appuyé sur la gâchette » conclut Bourgi. On comprend que c'est lui qui va donner l'info, furieux d’entendre Fillon le traiter de « vieux » à la télé » Toute façon dit-il aujourd’hui, « j'ai jamais cru en fillon. C'est Sarko que j'aime, d'ailleurs je lui racontais tout de mes discussions avec Fillon ». Epilogue, quelques jours après le premier tour, Robert Bougi va déjeuner avec Nicolas Sarkozy dans ses bureaux de Miromesnil…et à la fin, en grande forme, Sarkozy lâche donc « t’as vu Robert, on l’a bien niqué »…

Article signé Sophie des Déserts dans le Vanity Fair de ce mois-ci qui met à sa Une « Elizabeth 2, la reine du cool », le magazine aurait pu choisir « les rois du tordu »

Retour à l’actualité du jour, c’est fait, François Bayrou a annoncé son départ du gouvernement.

« Première crise du gouvernement » annonçait la matinale du Monde, avant même l’annonce, « Bayrou sous pression » titre le Parisien ce matin. Et bien oui c’est donc fait, le garde des sceaux a sans doute mesuré cette pression qui pesait sur lui pour prendre sa décision, il a d’ailleurs été suivi quelques minutes plus tard par Marielle de Sarnez. Pression accrue par les nouvelles révélations de Libération ce matin, qui met au jour 3 nouveaux cas d’assistants parlementaires, payés en partie semble-t-il par les députés européens pour le compte du Modem, pression accrue aussi par la démission surprise de Sylvie Goulard. Le Figaro raconte que la ministre de la Défense a sollicité il y a 10 jours le président pour l’informer du « problème moral » dit-elle, qu’elle a à occuper ses fonctions alors que l’affaire des assistants parlementaires la fragilise. Elle reviendra à la charge 6 fois, pour qu’Emmanuel Macron la laisse finalement partir. Le Parisien évoque « le redoutable piège qui se referme sur Bayrou. En acceptant la démission de Sylvie Goulard, Emmanuel Macron a mis implicitement le garde des sceaux au pied du mur », d’autant évidemment « qu’il doit défendre dans cette atmosphère un peu trouble, un projet de loi sur la moralisation de la vie publique » souligne Laurent Joffrin dans Libération. François Bayrou a donc choisi… il s’expliquera cet après-midi sur sa décision de quitter le gouvernement.

Reste la question posée ce matin par Guillaume Goubert à la Une de la Croix : « en matière de mauvaises pratiques qui affectent la vie publique, est-il possible de remettre les compteurs à 0 ? Toute tentative en ce sens semble devoir buter sur un apurement interminable du passé ». Pas question d’auto absolution par une loi d’amnistie, mais les responsables politiques devraient reconnaitre clairement s’être accordés des facilités discutables, dit Goubert, avant de pouvoir passer à autre chose

On poursuit Hélène avec un chapitre « Désintox et mea culpa »

Alors que s’ouvre aujourd’hui, le procès de 7 rennais poursuivis pour « violences aggravées » lors d’une manifestation où un policier a sorti son arme et mis en joue des manifestants, Libération fait machine arrière. Lundi, le quotidien publiait une tribune titrée « Rennes, laboratoire de l’ordre en marche ». Signée de plusieurs intellectuels dont l’économiste Frédéric Lordon ou l’éditeur Eric Hazan, elle dénonçait les méthodes de policiers et de magistrats qui à Rennes selon eux, « s’affranchiraient de plus en plus du droit commun ». Les signataires s’appuyaient notamment sur cette manifestation du 27 avril qui avait pour mot d’ordre « Ni le Pen ni macron », au cours de laquelle un motard de la police nationale avait braqué les manifestants, alors affirmaient-ils, qu’il n’était « nullement menacé », « comme le montrent les vidéos » insistaient ils. Sauf que depuis la publication de cette tribune, la police nationale a tweeté d’autres photos, qui contredisent cette version. On y voit 2 individus, l’un lancer une bouteille en verre sur un motard, l’autre le frapper avec un robinet attaché à un flexible, puis une dizaine de manifestants entourent un autre motard, agressent son conducteur. C’est là que ce dernier sort son arme de service et met en joue les personnes qui lui font face. Un déroulé corroboré par les récits de 2 photographes sur place. Les photos sont visibles sur le site de Libé qui conclut ainsi son point Désintox « ces éléments permettent d’affirmer que les policiers ont bel et bien été, non seulement menacés, mais également agressés ». Les faits donc, après la tribune dénonciatrice.

Et puis il ne s’agit pas d’un mea culpa, mais d’un appel à l’aide. Farida Amrani, la candidate France Insoumise qui conteste la victoire de Manuel Valls dans l’Essonne lance un appel à témoin dans le cadre du recours qu’elle compte déposer devant le conseil constitutionnel. « si vous avez constaté un élément suspicieux, un comportement étrange, écrivez nous » demande t elle. « le dossier serait il vide ? l’interroge Sébastien Morelli dans le cahier Essonne du Parisien. Non, assure t elle, c’est pour avoir une idée de l’ambiance autour de cette élection. A cette date, la préfecture précise qu’aucun incident n’a été rapporté sur les bureaux de la cironscription…Mais évidemment, si on parle « d’ambiance »….

On termine par un conseil de lecture

Vous connaissez le Slim, cette pâte verte visqueuse qui enchante encore vos enfants, découvrez le BLOB ! « Jaune, moche, vaguement gluant et sentant la moisissure », le blob est un étrange organisme vivant, ni plante ni animal, ni champignon, un mouton à 5 pattes pour les biologistes, dont Nathalie Herzberg dans le Monde hier nous explique tout. On coupe un blob en 2, il se re-crée 2 blobs, on en colle 2, ils fusionnent en un seul corps, le Blob n’a pas de cerveau mais de la mémoire. Tout cela n’a rien à voir avec la politique ! c’est une énigme biologique, et c’est passionnant

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