Laurent Berger, CFDT, en butte aux préjugés des dîners en ville où l'on fustige les chômeurs, Libération. Jeunes algériens qui s'embrassent dans la Vie, homos en révolte à Stonewall inn il y a 50 ans dans le mag du Monde, même combat. Une égyptienne vénère la star du foot Salah qui lui donne 10 € par mois, l'Equipe.

Vous nous parlez d'une dame à qui la police veut du bien...

Et ça l’oppresse, Armelle, dont le Populaire du Centre raconte l'histoire, elle a 61 ans et elle aime sortir le soir à Limoges se faire un restaurant etpuis  rentrer chez elle à Isle en bus puis à pied, après minuit, mais depuis le mois de mai, des policiers et policières inquiètes l'abordent et puis l'embarquent pour la ramener chez elle, même quand elle ne veut pas car elle a été signalée au commissariat comme une personne âgée égarée qui déambule en pleine nuit, et Armelle se demande si une loi est passée en douce qui imposerait un couvre feu aux plus de 60 ans... Elle se demande si pour être tranquille après la fête de la musique, elle ne va pas passer par la foret, près de la falaise, mais là c'est vraiment périlleux... 

Mais Armelle est vaillante, dans un monde qui semble plein de dangers et singulièrement aux femmes. 

Loin de chez nous au Canada, l'histoire est dans Slate, on tue par centaines des femmes indiennes et le pays le découvre, elles meurent de violence dans leur communauté, de racisme ensuite, de pauvreté de prostitution de sadisme, et au pays de M. Trudeau on se demande s'il faut parler de génocide... Près de chez nous en France, l'Indépendant, Midi Libre le parisien et le Courrier picard racontent un psychopathe, nommé Rançon, qui avait tué deux femmes en 1997 et 1998 à Perpignan, et qui hier a avoué un meurtre similaire commis onze ans plus tot, en 1986, près d'Amiens sur une jeune femme qui rentrait en stop. 

Armelle,  si la police vous aime, c'est un petit souci.

On parle dans l'Equipe d'une autre femme qui n'est que gratitude. Nagwa a 60 ans, veuve et malade et elle vit à Nagrig en Egypte et chaque mois un grand homme lui donne 200 livres, soit 10 euros et pour ces 10 euros Nagwa "adore et vénère" Mohamed Salah, vedette du football égyptien dont le British Museum a exposé les chaussures comme symbole de l'Egypte moderne, et à Nagrig qui est sa ville d'origine, il aura un musée... C'est un reportage sur l'exil et la gloire, que l'Equipe l'illustre d'une photo de garçonnets qui jouent au football dans la rue avec une jeune femme en tongs, elle porte un voile islamique, les sujets s'entrechoquent.

J'apprends aussi dans l'Equipe que toutes ensemble, les joueuses de l'équipe de France qui affrontent le Brésil en Coupe du Monde gagnent autant chaque année que Neymar en trois semaines. Dans le FigaroVox, un homme voit dans la gloire du football féminin la marque d'un totalitarisme, on nous forcerait à chanter les bleu-e-s et Eric Zemmour ricane, il faudra dit-il un jour organiser aussi des matches entre gays... Et cet homme est tenté, raconte Marianne, par un destin politique, et tripote des idées de présidentielle... Je lis dans le Parisien magazine un accablant article sur ces clubs de snobs et de rentiers qui persistent à refuser les femmes, elles ne peuvent même pas être invitées dans la salle à manger de l'Automobile club de France à Paris et aucune d'entre elle jamais ne s'est baignée dans sa piscine, Zemmour devrait y patauger. 

On parle de combats dans les journaux... 

Qui viennent de loin ou nous semblent si proche, et le reportage du magazine du Monde sur Stonewall inn, ce bar clandestin homo new-yorkais d'où partit en1969 une révolte qui inscrivit les gays sur la carte de l'Amérique, ce reportage a de la classe, comme l'enquête de la Vie sur les jeunes algériens qui redressent leur pays, et qu'illustre un couple qui s'embrasse sur une plageau ciel gris, la fille est voilée, encore. Il est dangereux de s'embrasser ainsi en public lis-je, savent ils ces deux algériens qu'ils sont les frères et soeurs des homos de New York, jadis, auxquels on n'avait pas le droit de servir de l'alcool. 

On se bat chez nous, sur tant de front sociaux. Marianne consacre deux pages aux suicides de la SNCF. L'Est républicain et le Républicain lorrain racontent le derniers combats des anciens mineurs de Lorraine qui furent exposés à l'amiante et aux produits cancérogènes, et qui réclament jusqu’à la Cour de cassation qu'on reconnaisse aussi l'anxiété qui leur vie restante les accompagne...

Dans Libération, un homme se désespère dont l'espérance est normalement le métier, Laurent Berger, patron de la CFDT, a « les nerfs » et « la boule au ventre » parce que la réforme de l'assurance chômage va toucher les plus faibles, les précaires, et il n'e peut pas s'y opposer. et il faut lire cette interview pour comprendre le destin du syndicalisme en butte à un pouvoir impavide, adossé aux idées reçues d'un pays...

"Dans les conclusions du grand débat, 53% des gens pensaient que pour réduire les dépenses publiques, il fallait toucher aux allocations sociales. Vous n’avez jamais assisté à des dîners avec des amis où certains parlent de «celui qui abuse» ? C’est tellement ancré. C’est pour ça qu’on n’arrive pas à mobiliser sur cette question des chômeurs. C’est dangereux, je suis persuadé qu’une société s’élève quand elle s’occupe de ceux qui sont le plus en difficulté."

Berger est minoritaire dans la bêtise de l'époque, que quelques belles âmes rachètent. Je lis dans le Figaro (qui vaut mieux que Zemmour), un beau texte sur des détenus qui se confrontent à Dieu, et visitent église temple mosquée et synagogue. Je le lis sur le site de l'Obs l'histoire d'un paysan, devenu par le hasard d'un amour un père d'accueil auquel on confie des jeunes en dérive, « ces petits ados  abîmés par la vie, avec leurs parcours tout cabossés », dit Jean-Luc qui parle de Kevin que ses chevaux ont sauvé, et de Samir que ses fantômes ont repris. Et cet engagement est de la beauté pure.

Et la beauté imprègne alors les journaux...

Car il y a quarante ans, la basilique de Vézelay, sublime, est entrée à l'Unesco, me raconte l'Yonne républicaine, car on inaugure ce soir à Brioude une exposition Miro et la Montagne hier, la  Ruche ce matin, ne me laisse rien ignorer de cette chance... Mais la plus grande beauté est dans un mystère, celui de regards et d'une photo, et allez voir dans le magazine du Monde tout à l'heure le travail  d'un britannique de bon gout puisqu'épris de notre Bretagne, Mark Neville a réalisé des portraits autour de Guingamp et saisit quelque chose de la magie celte, et vous n'oublierez ps cette fillette aux yeux bleus qui vous fixe devant une rivière, entourée de chiens de chasse, elle est la fée Morgane, je n’en saurais douter.     

L'équipe
Contact
Thèmes associés
Ce contenu n'est pas ouvert aux commentaires.