(Patrick Cohen) Dans la presse ce matin : english spoken

(Bruno Duvic) Faut-il plus de cours en anglais à l'université et dans les grandes écoles ? Le projet de loi qui assouplit les règles en la matière est discuté demain à l'assemblée. Et la presse change de ton à son égard ce matin. Jusque là elle était plutôt sur la ligne « c'est Molière et Proust qu'on assassine ».

Ce matin, deux quotidiens prennent parti pour le texte. La Une de Libération est carrément en anglais : « Teaching in english : let's do it ! » (Enseigner en anglais, allons y !)

« Cessons de nous comporter comme les derniers représentants d'un village gaulois assiégé ! écrivent Alxandra Swatrtzbrod et Fabrice Rousselot dans l'éditorial. Dans le monde ouvert d'aujourd'hui, comment peut-on encore ergoter sur le renoncement que représenteraient quelques heures de cour d'anglais à la fac quand bon nombre de français se voient bloqués sur le marché du travail à cause de leur niveau insuffisant en langues ? »

Dans Les Echos , c'est au nom du pragmatisme que Dominique Seux plaide pour cette réforme : « Vue de l'économie et des entreprises, la polémique sur l'enseignement en anglais dans les université a quelque chose d'absurde. »

Dans ces journaux vous trouverez tout de même le point de vue de ceux qui estiment que la francophonie est en danger, on en a déjà parlé dans cette revue de presse.

Et au détour des papiers, revient l'argument sur la nullité des frenchies en english, l’oral au moins... Car au lycée, l'écrit est souvent privilégié par rapport à l'oral dans l'enseignement des langues. C'est en train de changer. Cette année au Bac, les élèves de la série générale passeront leurs deux langues à l'écrit et à l'oral. C'est l'une des nouveautés du Bac 2013, qui en compte quelques unes : nouveaux programmes en maths, dissertation en physique (entre autres exercices), programme dantesque en économie... ce bac 2013 angoisse encore plus que les précédentes. C'est le sujet d'ouverture du Parisien-Aujourd'hui en France .

Si vous êtes concernés, pour le préparer vous avez entre autres le traditionnel numéro de Phosphore spécial Bac.

A la Une du Monde : la Syrie

Bachar el Assad est-il en train de gagner la guerre ? Sur une page, analyse et reportage, Christophe Ayad décrit comment Damas se renforce face à une opposition affaiblie.

L'armée est en passe de reconquérir Qousseir, à la frontière avec le Liban. Elle a lancé un offensive depuis deux mois pour sécuriser l'Ouest du pays, la zone alaouite, la minorité du président.

Cette armée, qu'on décrivait il n'y a pas si longtemps comme affaiblie, est encadrée et conseillée par des instructeurs iraniens, elle est approvisionnée en armes par les Russes.

Militairement, diplomatiquement, le régime de Damas marque des points en ce moment. Dans les négociations internationales, Moscou veille au grain. Et même quand l'armée commet des massacres, ils tombent dans une relative indifférence.

Damas marque des points, l'opposition en perd. Les vidéos montrent que les rebelles aussi commettent des exactions, la moitié des groupes actifs sur le terrain échappent à l'Armée syrienne libre et se rapprochent d'Al Qaida. L'opposition est divisée, elle n'est pas parvenue à organiser l'aide humanitaire ou mettre sur pied une administration efficace dans les zones libérées.

Alors les combattants désespèrent de la révolution. Témoignage d'un rebelle de la ville de Maaret Misrin : "Je ne sais plus quoi penser de la révolution (...) Rien n'a changé ou plutôt tout se dégrade. Le régime continue de nous bombarder, l'aide n'arrive pas, la rébellion n'avance plus".

Dans un tout autre contexte, opposition divisée en France aussi.

Des centaines de milliers de personnes dans la rue, des jeunes, remontés, motivés, prêts à s'engager... Les manifs contre le mariage pour tous semblaient du pain bénit pour une opposition un peu habile et unie.

Mais le texte a été voté et alors qu'une ultime manifestation aura lieu dimanche, « Mariage pour tous, c'est le divorce à l'UMP » titre La Nouvelle République .

Nathalie Kosciusko Morizet paye cher son abstention au moment du vote. Le vice président de l'UMP Guillaume Peltier appelle à voter contre elle à la primaire à Paris. « Il y a encore quelques semaines, écrit Guillaume Tabard dans Le Figaro , ses amis estimaient qu'elle devait soigner l'électorat homo pour gagner Paris. Elle prenait un risque en froissant trop les anti.»

Ce qui divise l'UMP, c'est à lire dans Libération notamment, c'est la position à adopter en cas de retour au pouvoir : abrogation de la loi, réécriture partielle ou en profondeur, contrat d'union civile ou pas. Il y autant de positions que de colonels à l'UMP.

Décidément, ce débat aura été sensible jusqu'au bout. Une entreprise d'optique en fait même les frais ! Devant les magasins Lissac, une publicité pour dire aux clients qu'on récompense leur fidélité. Le visuel, que l'on peut voir dans Le Parisien , ressemble à celui de la manif pour tous, une petite famille qui se tient par la main. Lissac plaide la coïncidence. Mais quelques partisans du mariage gay appellent carrément à boycotter l'enseigne.

Quoi d'autre dans la presse ?

Deux garçons qui s'unissent dans L'Equipe . Après avoir quitté son entraineur Fabrice Pellerin, le nageur français champion olympique Yannick Agnel va travailler avec l'américain Bob Bowman, ancien coach du meilleur nageur de l'histoire Michael Phelps.

La mauvaise affaire du jour

Tellement mauvaise qu'elle en est suspecte. Paris Match s'est procuré l'acte d'achat de l'appartement de Thomas Fabius (le fils) sur le boulevard St Germain à Paris. Il a payé 26.000 Euros du mètre carré. Deux ans plus tôt, le même appartement valait 15.000 Euros le mètre carré. L’appartement est passé en deux ans de 4.4 à 7.4 millions d’Euros. Y-aurait-il du blanchiment ? L'office de répression de la grande délinquance financière est sur le coup.

La Une du jour

Le Herald Tribune s'est vendu à Rolex aujourd'hui La Une est une gigantesque publicité pour la marque de montres, rien d'autre. Photo de Martin Scorcese sur fond noir et blanc et une montre au poignet. Au premier regard, on se dit que Scorcese est mort. C'est juste une pub, la vraie Une vient en page deux

La citation du jour

Les frères Coen, à Cannes et dans Le Monde. Les frères Coen et leurs personnages, bien souvent des antihéros :

« Lorsque George Clooney a pris le scéranio de ‘O’Brother’, raconte Ethan Coen, il nous a dit ‘C’est bon les mecs, j’ai compris, j’incarne un crétin’.

  • Je reconnais qu’il est difficile d’avoir l’air intelligent dans nos films, poursuit Joël Coen. C’est un défi pour un comédien et parfois ils apprécient. Regardez Brad Pitt. Dans ‘Burn after reading’, il s’est totalement épanoui dans un rôle de débile »

Enfin, la définition du jour

Grosse tête de canard, en 13 lettres…Réponse : éditorialiste

Des définitions comme celle-ci, on en trouvait des dizaines dans les grilles de mots croisés de Michel Laclos. Le cruciverbiste du Figaro vient de disparaître à 86 ans. Son journal, bien sûr, mais aussi le blogueur Didier Pobel lui rendent hommage ce matin. Didier Pobel retrace son parcours avec émotion, en terminant sur une note d’humour noir : « Michel Laclos, horizontalement, hélas »

A demain

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