La Provence et Reporterre racontent Karim ben Ali, ostracisé après avoir accusé Arcelor Mital de pollution... Jean-Michel Blanquer va chercher des youtubeurs pour être entendu des jeunes, le Figaro. Un philosophe oppose le mail et le courant d'air dans Usbek et Rica. La voix du Nord annonce l'invasion des iules!

Karim Ben Ali (capture d'écran vidéo)
Karim Ben Ali (capture d'écran vidéo) © Reporterre

Un lanceur d'alerte cherche du travail...

Avec ce titre dans la Provence, "le routier devenu paria en lorraine cherche un volant"... Et voilà donc à la terrasse d'un café d'Avignon Karim Ben Ali, tee-shirt blanc et  barbe courte et le sourire qui se force, un passager de l'actualité que l'on avait oublié... Il s'était filmé en décembre 2016 en train de déverser un liquide fluorescent dans la nature de l'acide disait-il, pour le compte d'Arcelor Mital. Et il a tout perdu dans l'histoire,  sa santé et son travail, et la possibilité même de vivre dans sa région où la sidérurgie est nourricière... "Le maire de Florange m'a dit qu'Arcelor allait partir à cause de moi. " disait-il en janvier à la Provence, déjà. « Je suis sous antidépresseur », disait-il en janvier au Républicain Lorrain. « Le premier lanceur d’alerte ouvrier du pays bientôt à la rue. Tu parles d’un héros », disait-il au site Reporterre au début de ce mois, l'article est en ligne, le plus complet sur cette forte suspicion de pollution sauvage, et son héros qui ne peut plus payer son loyer... 

Et après 52 refus d'embauche, Karim Ben Ali veut refaire sa vie dans le Sud. Il  est invité à Avignon par un jeune homme, Arthur Dubois de Matteis, serveur dans un restaurant, et qui avait lancé une cagnotte de soutien au routier... Mais le jeune Arthur, ce sont les traces qu'il laisse sur internet qui nous l'apprennent, est un militant, adepte d'un site opposé aux industriels indélicats, I-boycott. C'est une entraide militante qui s'est monté pour Karim ben Ali...

Nous sommes à la frontière de l'actualité, celle que captent les journaux, et d'une société qui s'organise par des réseaux, avant nous, les media et qui affleurent parfois... 

Et des youtubeurs viennent au secours du ministre de l'Education... 

C'est dans le Figaro, et c'est encore cette césure entre l'actualité officielle et une société qui s'organise. Pas de scandale ici mais un problème de communication pour Jean-Michel Blanquer, géant au pays des media... MAIS UN NAIN SUR INTERNET et donc inaudible aux jeunes générations, pauvre ministre dont les vidéos font 3 à 4000 vues... Il fait donc appel à des youtubeurs avec qui le ministère passe des contrats pour expliquer sa politique. Et le Figaro rend ainsi hommage à la nouvelle puissance.... Ainsi Gaspard G, 19 ans. Il avait posté une vidéo où il plaidait pour un lycée sans filières, elle a été vue 10 millions de fois...  Le rapporteur de la réforme du bac Pierre Mathiot a repéré Gaspard , lui prône la fin des filières... "Il m'a dit, viens manger au ministère, puis il m'a proposé une interview exclusive de Jean-Michel Blanquer. Malgré nos décennies d''écart, on s'est très bien entendus"...  Elle est cruelle, la jeunesse vidéaste. Gaspard G, au fait, ne s'est pas fait payer. Cruel et éthique, imparable... Comme la modernité ;

Dans le Dauphiné, on découvre la salle de classe du futur, exposée à l'IUT de Chambéry. Elle sera connectée et interactive, et s'appelle L’Arkube. 

Une “boîte” de 12 m², bardée d’écrans interactifs et  tactiles et des enseignants imaginent les étudiants de demain caressant des murs intelligents, comme Tom Cruise dans Minority report...

Comment sortir de la modernité ? il reste la mémoire, elle est irremplaçable... Regardez dans la Provence ces images d'Emile Zola, enfant, avec son père, ou avec son épouse, sur le quai de la Gare de Rome... Elles sont à la bibliothèque Méjanes, à Aix, la ville d'enfance de l'écrivain... et dans la Provence. 

Mieux encore, dans Ouest France sur la plage de Plougasnou, des archéologues ont retrouvé une palissade gauloise... "Des bois tressés de la main de l’homme", qui étaient la paroi d'une habitation ou une clôture pour les animaux...  Mais ce qui rend cette information précieuse... C'est la photo qui l'accompagne de la plage bretonne inondée de soleil, quand des hommes d'aujourd'hui fouillant dans la tourbe rencontrent nos ancêtres... palpables...

Dans Usbek et Rica, un article vertigineux d'un philosophe, Julien de Sanctis oppose nos sens à la cyber-réalité virtuelle qui s'impose à nous... "Un e-mail est-il devenu plus réel qu'un courant d'air sur notre nuque ?" Certes, mais vas à Plougasnou faire de l'archéologie!

Une tentation à la une de Midi Libre...

Qui ouvre sur le tourisme vinicole, on peut pique-niquer dans des domaines de l'Hérault, et le verre de blanc et le soleil sont tentants comme un lundi de Pentecôte. Mais à la même une, plus bas, est évoqué un drame qui a endeuillé l'Aveyron; deux enfants à vélo ont été fauchés par un tracteur, ils sont morts, le conducteur était ivre; de quoi parlions-nous?

A Pau on tremble, et Sud Ouest fait sa une sur ce quartier où un homme été battu à mort par une bande d'adolescents... 

On parle de jeunes aussi dans la Voix du Nord et de la tension qui monte, cité de la Mandragore à Etaples où des jeunes gens se réunissent chaque soir sur une petite place pour tenir salon et boire et écouter de la musique, ils ont installé des canapés dans la rue, il y a déjà eu une bagarre avec des riverains... Sommes-nous bientôt à Pau? 

Mais la une de la voix du Nord affiche une menace baroque et la traite avec humour... "Les envahisseurs" proclame le journal, il s'agit des Iules, les mille pattes, qui envahissent Lefrincoucke dans le dunkerquois, c'est l'effet des beaux jours et peut-être du réchauffement climatique... Mais dans le quartier des dunes, Virginie, 33 ans, ne s'amuse pas... "Ils sortent par milliers, il y en a partout. Les murs, le sol, en sont recouverts, on ne peut plus manger dehors. J’en ai retrouvé jusque dans la cafetière… »

Voilà une peur tout près de chez nous.  

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