Quand l'heure du premier tour aura sonné le 22 avril prochain... Que restera-t-il de la campagne présidentielle ?... Dans LE MIDI LIBRE... Michel Noblecourt dénonce "les sondages envahissants... agaçants... démoralisants, ou mobilisant les militants"... "Une pédagogie s'impose, dit-il... Par définition... les sondeurs ne sondent que ceux qui veulent bien répondre... Or... nombre de sondés se dérobent, ou sont... portables aidant... inaccessibles... Alors comment votent ces invisibles ?... C'est la preuve que rien n'est joué" // "De toute façon... reprend Olivier Picard dans LES DERNIERES NOUVELLES D'ALSACE... Aucun thème ne s'affirme dominant... Essayez donc de tester à l'aveugle les propositions du trio infernal... L'écologie tant espérée de Nicolas Hulot... a par exemple... disparu des priorités" // Son coup de gueule passé hier... dans LE PARISIEN-AUJOURD'HUI EN FRANCE... fait aussi réagir Patrice Chabanet, du JOURNAL DE LA HAUTE-MARNE... Hulot en prend pour son grade... "On peut sentir venir les périls écologiques et se révéler être un piètre observateur de la faune politique... Les 4 poids-lourds de la campagne ont décidé de ferrailler sur d'autres terrains... Darfour... écologie... Décidément... les campagnes ne sont pas les meilleurs outils de promotion des bonnes causes" // La bonne cause... Jacques Chirac s'en fait le promoteur dans LE MONDE daté de demain... Le quotidien publie en exclusivité des extraits du livre, en deux volumes... qui sort vendredi... et qui reprend les discours du chef de l'Etat... Jacques Chirac n'est pas un Président-écrivain comme le furent De Gaulle, Pompidou et Mitterrand... En fait... ce sont les deux préfaces qu'il faut lire... Béatrice Gurrey les décrypte... "Certaines pages, dit-elle... sonnent comme une profession de foi d'un candidat qui a très tard renoncé à l'être... Les plus cyniques y verront le goût du pouvoir... Les plus indulgents... la preuve de son amour de la France... D'ailleurs Jacques Chirac le dit... Il aime la France... "C'est un pays qui compte"... Au fil des mots... il livre aussi des messages aux candidats... "A la veille de choix qui engageront notre avenir... Nous devons être conscients des enjeux internationaux... La France ne peut rester à l'écart du monde... Elle doit être gouvernée avec mesure... Et cette mesure n'est ni de droite... ni de gauche... ni d'ailleurs du centre"... François Bayrou appréciera... Le seul homme que Jacques Chirac cite dans sa préface... et auquel il rend hommage... c'est Dominique de Villepin... pour l'embellie sur le front du chômage // Chirac envoie ses messages aux candidats... Patrons et syndicats envoient aussi le leur ce matin... Dans les pages saumon du FIGARO... François-Xavier Bourmaud explique que les syndicats se préparent déjà à l'après-élection... Avec une certitude... elle sera sociale... Tous savent que le prochain pouvoir leur demandera de se pencher sur la sécurisation des parcours professionnels... ou encore le contrat de travail... Mais ils mettent aussi en garde... "Il est facile d'annoncer une conférence sociale... Encore faut-il qu'elle produise des résultats... Gare à l'effet boomerang !" // Quant aux ECHOS... Il détaille les attentes des salariés et des patrons... "Ces derniers attendent des mesures réalistes, plutôt que dogmatiques", résume Jean-Francis Pécresse... "Globalement, aujourd'hui... le moral est bon... Mais attention, disent les patrons... de ne pas menacer la compétitivité par des promesses inconsidérées... La promesse socialiste de passer le SMIC à 1.500 euros brut mensuels est souhaitable, mais pas réaliste... Celle de Bayrou... de 2 emplois sans charges sociales... séduit les PME... Mais laisse les économistes sceptiques" // Oui... mais il y croit, François Bayrou... Et il le dit tout au long d'un entretien accordé ce matin au PARISIEN-AUJOURD'HUI EN FRANCE... Il est convaincu de gagner l'élection présidentielle... Et il voit des ressemblances entre son parcours et celui de Jacques Chirac en 95... Bayrou, ou l'homme qui ne doute de rien... surtout pas de lui... Avant de lire les bonnes pages du livre de Jacques Chirac dans LE MONDE de demain... Je vous invite à lire le portrait du candidat de l'UDF dans LE MONDE d'aujourd'hui... "Il apparaît neuf, modeste et hors du système", écrivent de concert Raphaëlle Bacqué et Philippe Ridet... "Mais il doit composer avec son passé à multiples facettes"... Les journalistes décrivent un homme qui se juge beau... séduisant... intelligent... et formidable stratège... N'a-t-il pas dit un jour qu'il était le nouveau Mitterrand ?... C'est lui qui disait aussi... au moment où le Premier ministre anglais était la coqueluche de la droite... "J'ai un avantage sur tous les autres... je ressemble physiquement à Tony Blair"... François Bayrou se trouve un regard profond... Sa femme aimerait sa virilité... Agacé... Chirac aurait dit de lui un jour... "Il pètera de vanité"... Côté politique... beaucoup le décrivent comme le Sarkozy de l'UDF... Et l'UDF... comme une secte // Voilà Bayrou habillé pour l'hiver par LE MONDE... Sarkozy l'est aussi... mais par LE CANARD ENCHAINE ce matin... L'hebdomadaire satirique raconte sa venue dimanche... sur le plateau de "France Europe Express", de France 3... Il arrive avec ses gardes du corps et sa maquilleuse personnelle... Quand il constate que tous les sièges de la loge maquillage sont occupés... il poireaute quelques minutes... avant d'éclater... "Je ne veux pas attendre plus longtemps !... Je veux me faire maquiller tout de suite !"... On lui rétorque qu'il n'y a qu'un seul salon... et qu'il doit donc patienter... Nicolas Sarkozy s'énerve alors un peu plus... "Il n'y a personne pour m'accueillir !... Où est la direction ?... Qui suis-je pour être traité ainsi ?"... Puis il aurait donné l'ordre de lever le camp... Les journalistes de France 3 auraient appelé Christine Ockrent à la rescousse... "Mais non, dit-elle... Il ne part pas... Il fait sa diva"... Au bout du compte... selon LE CANARD ENCHAINE... Nicolas Sarkozy aurait continué de péter les plombs... "Personne n'est là pour m'accueillir... Il faut virer toute cette direction !"... Comprenez celle de France 3... "Je ne peux pas le faire maintenant... mais ils ne perdent rien pour attendre !"... Finalement, Christine Ockrent aurait calmé le jeu... Sarkozy est allé se faire poudrer le nez chez France 2... où au passage, il aurait mangé les petits fours de Marie-George Buffet... La candidate communiste... dont L'HUMA se demande ce matin... si ce n'est pas elle le vote utile à gauche... a dû apprécier // Etrange campagne... où l'on ne retient finalement que les à-côté... Les petites phrases... "Le passé "culottes courtes" des candidats, plutôt que leur programme", comme l'écrit Erwann Desplanques, dans TELERAMA... TELERAMA qui consacre trois pages au débat politique à la télé... "Plus besoin de se battre sur des programmes et des chiffres... Il suffit de commenter des diapos d'enfance... Bayrou ressemble à Charles Ingalls dans "La Petite Maison dans la prairie" sur M6... Le Pen a un petit air de Gabin sur France 2... L'intérêt n'est plus de traquer le stratège politique... mais le bon, ou mauvais d'ailleurs, pote caché en lui... La "druckerisation" de la politique a fait tache d'huile... En préférant... les vraies gens aux idées... Erwann Desplanques conclut... "La télé risque de discréditer les candidats pour de bon... et de prendre par dessus le marché... les vraies gens pour des cons" // Alors, pour terminer... Si l'on ne devait retenir qu'une chose ce matin... Ce serait les mots terribles de Daniele Mastro-giacomo, dans LA REPUBBLICA... Le journaliste italien y fait le récit de ses 15 jours de captivité en Afghanistan... Son témoignage est traduit... dans LE FIGARO et dans LIBERATION... Parti avec son chauffeur et son interprète... il devait interviewer un chef taliban... Sur la route... ils sont arrêtés par trois motos... Leurs pilotes sont habillés comme des talibans... Ils confisquent tout... braquent sur eux des Kalachnikov... les ligotent... et mettent sur leurs yeux des bandeaux... Le journaliste raconte son interrogatoire... Comment il est tabassé à coups de tuyau de caoutchouc... Ses ravisseurs lui demandent comment il vit en Italie... Il décrit leurs explosions de rage... Devant eux... il évite les signes de croix... Mais lui aussi, cinq fois par jour... il se met à genoux et prie Dieu de le sauver... Et puis... Mastro-giacomo raconte l'horreur qui a suivi... Son chauffeur égorgé puis décapité devant lui... La peur, à son tour... de finir dans les mêmes conditions... 15 jours en enfer... jusqu'à la libération... "Nous nous reverrons au paradis"... lui lance le chef des ravisseurs... au moment de le remettre à un émissaire italien //

Laetitia GAYET

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