Depuis 2012, les fidèles de l'ancien président parlaient de cartes postales à propos de ses passages furtifs et répétés dans les médias. Une déclaration au débotté par ci, des propos rapportés par là, un discours plein d'allusion en Charente Maritime il y a quelques semaines, et des kilomètres d'articles sur la retraite très active du locataire du 77 rue de Miromesnil.

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Une fig © Radio France

Ce matin, la carte postale tient sur sept colonnes de journal. C'est un retour assumé, signé, écrit.

Nicolas Sarkozy dans Le Figaro : « Ce que je veux dire aux Français ».

Très long texte en pleine affaire des écoutes. Dans cette affaire, les principes sacrés de notre République sont foulés aux pieds selon l’ancien président. Droit au respect de la vie privée bafoué. Les différentes accusations contre lui ne résistent pas à l'évidence. Il compare sa mise sur écoute aux méthodes de la Stasi, la police politique de l'ex Allemagne de l'Est.

Ironie à propos de Christiane Taubira et Manuel Valls quand ils affirment n'être au courant de rien. « De qui se moque-t-on ? »

Non il n'éprouve nul désir de s'impliquer aujourd'hui dans la vie politique. Mais à tous ceux qui redoutent son retour, la meilleure façon de l'éviter c'est de le laisser tranquille.

L'ancien président dit vouloir susciter la réflexion et non l'émotion.

Alors réflexion ou émotion des éditorialistes.

Cécile Cornudet, Les Echos : « Le guerrier Sarkozy est de retour, armé de rage ». « On se doutait qu'il réagirait avec ses tripes », ajoute Hubert Coudurier dans Le Télégramme .

Christophe Bonnefoy, Le Journal de la Haute Marne : « Ce n'est que le début d'une longue joute qui verra sans doute les attaques monter crescendo. »

Pour Olivier Pirot, La Nouvelle République du Centre Ouest , le texte du Figaro est une théorie du complot qui trouve un écho chez de très nombreux militants UMP. Il ajoute : « Nicolas Sarkozy n'est aujourd'hui mis en examen dans aucune des affaires lui tournant autour. Il suffit qu'il soit condamné dans une affaire pour que l'édifice s'écroule. Mais le temps de la justice est long. On est loin d'une condamnation. »

Tribune à trois jours des municipales, ce qui n'échappe pas à Michel Bassi dans L'Eclair des Pyrénées . « On verra si cette réaction a corrigé les effets induits d'une campagne ad hominem sans précédent. »

D'une presse souvent qualifiée d'anti-sarkozyste on pouvait attendre charges plus violentes. Il y en a tout de même. Comme celle d'Eric Decouty sur liberation.fr

"Sa missive, par la démesure du propos, révèle l'état de sidération d'un homme qui sait que la justice passera. Nicolas Sarkozy a perdu toute sérénité, toute mesure. C'est la lettre d'un homme qui s'égare, en proie à une violence à peine contrôlée. Ce n'est pas la lettre d'un ancien ou d'un futur président."

Edito en forme de rappel historique sur Rue89 . Puisque l'ex chef de l'Etat fait un parallèle entre sa situation et celle des victimes de la Stasi, pense-bête sous la plume de Pascal Riché, "Voici ce qu'était la Stasi" : écoutes, filatures, liquidations, terrorisme. A tout prendre, commente Pascal Riché, la phrase de maitre Herzog sur les juges, "ces bâtards de Bordeaux", était plus digne que le parallèle avec la Stasi.

Nicolas Sarkozy n'est pas le seul suivi de près.

Non, à en croire la dernière enquête du Monde sur les dérives des services de renseignement. Nouveaux développement après les révélations du lanceur d'alerte Edward Snowden. Enquête signée Jacques Follorou : « Espionnage, comment Orange et les services secrets coopèrent. »

Où l'on apprend que la DGSE ne se contente pas des autorisations légales pour accéder aux données des clients de l'opérateur téléphonique. Elle dispose, sans aucun contrôle d'un accès total à ses réseaux et aux flux de données qui y transitent.

Données partagées avec des services secrets de pays alliés comme la Grande Bretagne. Une pièce de plus pour dessiner une époque décidément sous le signe de la surveillance.

Et en même temps dans ce monde ultra connecté, trois enfants ont pu vivre ces dernières années en restant invisibles. Le Parisien-Aujourd’hui en France revient en détail sur l'histoire de ces 3 frères, 2, 5 et 6 ans, qui ont vécu reclus dans l'appartement d'une HLM de la cité des 4.000 à La Courneuve. Article de Nathalie Revenu.

7ème étage, pas de nom sur la sonnette, un message en tamoul sur la porte. Les parents sont indiens, originaires de Pondichéry, endettés et menacés d'être expulsés. Jamais de sortie pour les enfants. « Jamais vu de poussette » dit un voisin. Seule trace de leur vie : la déclaration à l'Etat civil.

C'est la naissance d'un quatrième enfant, une petite fille, qui a alerté l'hôpital et le conseil général. Maman très vulnérable. Le père est convoqué à la protection maternelle et infantile qui découvre alors l'existence des 3 autres enfants. Les deux ainés sont lourdement handicapés, ils parlent et marchent difficilement. C'était il y a deux mois. Ils ont été confiés à une institution spécialisés, les parents sont en prison.

Et comme souvent, dans ces affaires, des voisins abasourdis, qui n'avaient rien remarqué, rien entendu, à peine des pleurs de temps en temps. L'appartement est en désordre mais pas insalubre. Des petits matelas au sol dans la chambre. Pas de jouet, pas de mobilier.

Quoi d'autre dans la presse ?

Peut-être une avancée dans la recherche contre la maladie d'Alzheimer. Des chercheurs d'Harvard ont découvert une protéine qui jouerait un rôle clé dans le développement de la maladie. Nom de code : Rest. Etude publiée dans la revue Nature et reprise par le HuffingtonPost .

Les hashtags et les arobases vont ils disparaitre des messages Twitter ? Le projet serait de les faire passer « en arrière-plan du service ». Message pas très clair de la directrice de l'information du réseau social lors d’une conférence à Denver. L'objectif serait de faciliter la vie des nouveaux usagers. Information du site Buzzfeed reprise par Rue89

Tony Parker rachète le club de Basket de Villeurbanne. Il en devient actionnaire majoritaire et président à partir de fin mai. D'autres actionnaires venus du championnat américain pourraient également arriver. Objectif, dit la star du basket français dans L'Equipe : faire de Villeurbanne un des plus grands clubs en Europe.

Et puis ça ne fait pas de mal en ce moment. Un peu d'utopie. C'est un article du Spiegel repris par Courrier International . Une soirée à Jérusalem. Les cloches des églises, les appels des muezzins, les juifs à papillote qui se rendent à la prière.

Un professeur de physique de l'université hébraïque contourne les remparts de la ville dans un taxi, direction la Jordanie.

Lui, le Juif Eliezer Rabinovici, va rencontrer des collègues, chypriotes, pakistanais, égyptiens, palestiniens, iraniens aussi. Ensemble, ils construisent le premier accélérateur de particules du Moyen-Orient. Le projet s'appelle Sésame. La mise en service de l'accélérateur est prévue l'année prochaine, malgré toutes les contraintes politiques. Deux Iraniens du projet ont été tués dans un attentat à Téhéran.

Ces scientifiques font, dans la mesure du possible, abstraction du contexte : quand on veut accélérer des électrons, il vaut mieux procéder dans le vide, écrit le Spiegel , y compris le vide politique.

Le projet est né il y a presque 20 ans. Yitzhak Rabin, Premier Ministre israélien, vient d'être assassiné. Des chercheurs israéliens et palestiniens se réunissent sous une tente de bédouin, en Egypte et lancent le projet. Sous la tente, se souvient le professeur Rabinovici, « nous avons commencé par une minute de silence. Je l'ai encore dans l'oreille. »

Quelques instants après, signes des cieux ou hasard de la géologie, la terre a tremblé.

Tremblé d'espoir sans doute.

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