Shérif... Shérif... C'est le mot qui revient le plus souvent dans la presse ce matin... Tantôt pour qualifier Nicolas Sarkozy... "Sarkozy, shérif en campagne", titre Libération... Tantôt pour donner une idée du nouveau rôle des maires... "Des shérifs dans la ville", c'est la Une de France Soir... Et on parle bien sûr du projet de loi sur la prévention de la délinquance... un texte porté par le ministre de l'Intérieur, et discuté à partir d'aujourd'hui à l'Assemblée nationale... Et le constat est dans tous vos journaux... "Ce projet est polémique", comme le titre par exemple Le Républicain Lorrain... Polémique, c'est un euphémisme... Dans Libération, les travailleurs sociaux affichent leur inquiétude... Ils ont peur d'être rattachés au ministère de l'Intérieur... "Nous sommes éducateurs, pas délateurs", expliquent-ils... Les professions de santé dénoncent, elles, une violation grave des droits à la vie privée... Parce que, dans ce texte, il y a un long article sur l'hospitalisation des malades mentaux... Les psychiatres s'insurgent contre l'amalgame maladie-délinquance... Autre catégorie concernée par ce projet de loi : les magistrats, bien sûr... Eux, ils regrettent, explique Libération, une régression sur la prévention... Quant aux policiers, ils affirment qu'il n'y a pas besoin d'une nouvelle loi... mais simplement de plus de moyens... Et comme si cela ne suffisait pas... ce texte sur la prévention de la délinquance fait naître également la polémique chez les maires... Dans Le Figaro, Jacques Pélissard, le président de l'Association des Maires de France, affirme : "Il est hors de question que nous jouions un rôle répressif... Le pouvoir de sanction relève de l'Etat, à travers ses services de police et de justice"... Oui à la prévention, non à la sanction... C'est aussi ce que dit, dans France Soir, Gilbert Roger, le maire socialiste de Bondy... un maire qui dénonce "le renvoi de la hausse des actes de délinquance sur les premiers magistrats de ville, afin de dédouaner le ministre de l'Intérieur de ses incompétences et de ses incohérences"... En face de Gilbert Roger, le maire UMP de Villiers-sur-Marne, Jacques-Alain Benisti... Lui, il explique à France Soir qu'avec ce projet de loi, "le maire va enfin devenir un acteur... Alors que, jusqu'à présent, il n'est qu'un spectateur de la délinquance qui sévit dans sa commune"... "Le problème de ce texte, écrit Bernard Revel dans L'Indépendant du Midi, c'est qu'il arrive en fin de quinquennat... comme un programme électoral... alors que l'insécurité était déjà au coeur de la Présidentielle de 2002... Le problème, c'est que la course à l'Elysée, en brouillant les cartes, repousse toujours à plus tard la résolution d'un dossier qui n'en finit pas d'être instrumentalisé"... Instrumentalisées également... ou du moins observées sous le prisme politique... les élections professionnelles dans la police... "Les résultats pourraient ne pas être ceux espérés par la Place Beauvau", explique L'Union... Et dans Les Echos, "le malaise des policiers pourrait profiter à l'UNSA-Police"... Les Echos qui précise que "l'UNSA-Police, plutôt classé à gauche, pourrait devenir le premier syndicat des gardiens de la paix, devant Alliance, réputé plus proche de Nicolas Sarkozy"... Alors les 125.000 agents... des commissaires aux gardiens de la paix... ont jusqu'à jeudi pour se rendre aux urnes... Et Le Parisien-Aujourd'hui en France explique également que "cette élection, c'est un test pour le ministre de l'Intérieur... Les syndicats, proches de la gauche, demandent le retour de la police de proximité"... Le Parisien qui est allé voir à Montréal, au Canada, ce qui faisait le succès de leur police de ville... "Depuis 2000, Montréal affiche une baisse de plus de 15% des crimes et délits... Au même moment, la hausse est de 10% en France", note le quotidien... Alors outre-Atlantique, 5.000 policiers patrouillent dans les rues... Et il y a des comités de vigie pour créer des liens entre la police et les différentes communautés... Autre exemple de la police de proximité... dans La Croix... à Amsterdam, le portrait d'une police qui vit au coeur de la population... "Chez nous, explique le maire d'Amsterdam, il n'y a presque personne au bureau... Tout le monde est dans la rue... Chez vous, les policiers sont enfermés dans leurs commissariats... Ils sortent s'il se passe quelque chose... Ils tapent sur quelqu'un... Ils arrêtent des gens... Et ensuite ils reviennent au bureau"... Alors peut-être un tout petit peu caricatural, le maire d'Amsterdam... Mais sur le fond, vos journaux sont d'accord : les policiers demandent aujourd'hui plus de moyens... Et on en revient au projet de loi sur la prévention de la délinquance... Parce que le débat, c'est toujours "sanction contre prévention"... Entre les deux, c'est "la clé introuvable", selon Camille Olivier dans Le Républicain Lorrain... "Sanctionner tout en donnant la possibilité de se réinsérer dans la société, c'est cela, pour l'éditorialiste, la clé de la vraie sécurité... Mais la campagne électorale n'est probablement pas le meilleur moment pour aider à l'inventer"... Tout de même... Visite dans un centre éducatif fermé... C'est à lire dans La Croix, qui s'est rendu en Seine-Maritime, à Saint-Denis-le-Thiboult... 8 à 10 jeunes, de 13 à 16 ans... Ils sont accueillis par 26 adultes... éducateurs, instituteurs, psychologues se relaient autour de ces délinquants multi-récidivistes... "Oui, ce sont clairement des voyous, affirme le directeur du centre... Mais si on gratte un peu, on trouve des gamins en souffrance, qui ont connu la violence, l'abandon, et qui ont des carences multiples"... Et les chiffres le disent : 20% des pensionnaires des centres éducatifs fermés n'ont aucune famille... Certains, à 14 ans, ne savent pas lire... Et tous ne connaissent qu'une loi : celle du plus fort... Et La Croix constate encore que plus de la moitié des jeunes passés par ces centres éducatifs fermés n'ont pas récidivé... Tout se joue avec l'éducation, semble dire La Croix... Confirmation en Une de Ouest-France... "La maternelle décisive"... Ouest-France qui rapporte une enquête de l'INSEE... une enquête qui met à mal quelques idées reçues... Ainsi, les chances, pour un élève, de parvenir en sixième sans redoubler, voire même avec une année d'avance, sont deux fois plus liées au niveau acquis en maternelle qu'à l'origine sociale ou au niveau d'études des parents... Le projet de loi sur la délinquance... Le débat à l'Assemblée sera politique... C'est l'autre axe de vos journaux, ce matin... Parce que si, bien sûr, le texte présenté par le ministre de l'Intérieur sera discuté et critiqué par l'opposition... il faudra surtout que Nicolas Sarkozy se méfie de ses amis, constatent vos journaux... La Dépêche du Midi explique que "le clan Sarko est dans le doute"... Le journal liste "les 4 embarras de l'UMP"... D'abord la modernité de Ségolène Royal... Ensuite l'embuscade chiraquienne... Il y a aussi l'épine Bayrou... et l'énigme Le Pen... Sans compter les militants, qui commencent à redouter la machine à perdre... Parce qu'en fait, le projet de loi sur la délinquance, "il oppose Dominique de Villepin et Nicolas Sarkozy", constate Le Monde... Et pas seulement... MAM est également de la partie... "Quand MAM écrit à Sarkozy"... C'est à lire dans Le Parisien-Aujourd'hui en France... "La ministre de la Défense n'a pas digéré, explique le journal, d'être huée jeudi dernier, lors du Conseil national de son parti... Et du coup, elle s'est fendue d'une lettre sévère au président de l'UMP"... "Il y a une vraie difficulté à débattre sereinement au sein du parti, écrit-elle à Nicolas Sarkozy... Et il y a un vrai problème de fond et d'image lorsque, dans nos instances, on siffle un orateur qui souligne l'impératif de dialoguer avec les jeunes"... Alors la machine à perdre relancée ?... C'est la question que pose Le Figaro à Dominique de Villepin... "La victoire passe par le rassemblement", explique le Premier ministre... "Mais ce que notre famille politique doit aux Français, ce sont des idées et un débat... Ce qui compte, c'est le fond... Avançons étape par étape, en écoutant les Français, en étant attentif à leur colère et à leurs espoirs"... On dirait presque du Ségolène... On change de sujet... Mais on reste dans la justice... La justice internationale, cette fois... Le Figaro et Libération rapportent la mise en accusation de Paul Kagamé, le Président du Rwanda... "Le juge Bruguière accuse l'actuel Président rwandais d'avoir déclenché le génocide de 1994", explique Le Figaro... Dans Libération, retour sur cette enquête, confiée au juge français après les plaintes des familles de l'équipage de l'avion du Président Habyarimana... L'attentat contre cet avion, le 6 avril 94, est, pour certains analystes, le déclenchement du génocide, qui a provoqué la mort de 800.000 Rwandais... Alors Paul Kagamé, chef d'Etat en exercice, ne fait pas l'objet d'un mandat d'arrêt international, contrairement à 9 de ses proches... En revanche, expliquent Libération et Le Figaro, le juge Bruguière a écrit au Secrétaire général des Nations Unies pour demander l'inculpation de Kagamé devant le Tribunal pénal international pour le Rwanda... Pour finir... C'est aussi une question de justice... "L'Europe sauve la peau des chats et des chiens"... C'est dans Libération, qui explique que, déjà banni en France, le commerce de ces fourrures devrait être interdit dans les 25 Etats-membres... En Angleterre, The Independent se penche également sur ce sujet, et constate que l'Europe essaie en fait de refouler l'arrivée massive de fourrures de chiens et de chats en provenance de la Chine... Ces produits sont utilisés pour les vêtements, mais aussi pour les jouets... La plupart du temps, le consommateur n'est même pas au courant... On lui fait croire que ce sont des fourrures synthétiques ou des peaux de lapin... Et The Independent explique que l'Union européenne devrait équiper les douanes de ses 25 Etats avec des appareils de détection d'ADN... une détection qui fonctionne même quand la fourrure est teintée...

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