(Patrick Cohen) Dans la presse ce matin, les sanglots de l'automne

(Bruno Duvic) 4.000 personnes hier dans les rues du Chambon-sur-Lignon pour rendre hommage à Agnès, violée et tuée mercredi dernier à l'âge de 13 ans par un adolescent de 17 ans, du même internat qu'elle et déjà accusé de viol.

Le meurtre d'Agnès, c'est désormais "Une affaire d'Etat" pour La Dépêche duMidi .

Le journal de 20 heures de France 2 y a consacré un quart d'heure hier soir.

Comme le rappelle Le Parisien-Aujourd'hui-en-France , le garde des Sceaux demande une enquête pour savoir s'il y a eu défaillance dans le suivi judiciaire.

Réunion à Matignon cet après-midi.

Et pour ajouter au contexte, Le Parisien précise encore que la maire du Chambon-sur-Lignon en Haute-Loire est la maman du ministre Laurent Wauquiez, qui a participé à l'hommage hier.

Question numéro 1, posée par le directeur adjoint de ce collège-lycée Cevenol : il se dit, "sidéré, dans les colonnes de Libération , qu'un système puisse permettre à un jeune particulièrement violent d'être accueilli dans un internat, mixte, ouvert, en pleine nature."

"On savait qu'il avait eu des ennuis avec la justice, ajoute son supérieur, le directeur du collège, mais on n'en connaissait pas la nature"

Libération reprend les propos du père d'Agnès dans les colonnes de 20 minutes : l'assassin présumé avait eu des démêlés avec une autre fille du collège, en juin.

Mais, dixit le procureur, il respectait le suivi judiciaire qui lui avait été imposé.

La question qui est posée ce matin dans la presse c'est aussi celle de l'exploitation politique de ce meurtre. Chacun se souvient du matraquage autour de la sécurité avant la présidentielle de 2002, et du coup, Dominique Garaud érige un pare-feu dans l'éditorial de La Charente Libre :

"Aucun fait divers isolé, aussi horrible et choquant soit-il, ne vaut d'en tirer des leçons politiques générales. L'assassinat de la jeune Agnès est tragique, insoutenable, mais en aucune sorte exemplaire d'un laxisme forcément coupable, voire délibéré".

Avant d'en venir à la crise et à l'Espagne, d'autres informations dans la presse ?

Les petits secrets du couple Bettencourt. Ils ont dissimulé au fisc pendant des décennies une douzaine de comptes en Suisse et à Singapour. Mediapart s'est procuré un document du fisc datant d'août 2011. Il y avait près de 100 millions d'Euros sur ces comptes à la fin 2010.

La drôle de Une de Libération . Photo du président de la République comme dans un miroir brisé. C'est "Schizo Sarkzo". Il est en nette progression dans les sondages, mais un dilemme plombe sa campagne : doit-il mettre la barre à droite ou au centre ?

La crise... Dans la presse française ce matin, les sanglots de l'automne à la rubrique économique concernent l'emploi.

Le plan de réduction d'effectifs chez PSA-Peugeot-Citroën est-il le premier d'une longue série ? "Les entreprises sont happées par la récession", titre La Tribune . "Emploi, ces plans qui font craindre une rechute", titre Les Echos .

Et les deux quotidiens économiques citent PSA, donc, mais aussi la Société Générale et BNP-Paribas, bientôt peut-être Air France et Areva, ou, en dehors du Cac 40, le charcutier Madrange qui veut se séparer de 137 CDI dans la Haute-Vienne.

La Tribune résume la situation : chômage reparti à la hausse depuis mai, climat d'incertitude, plans de rigueur, resserrement du crédit... Dans le même journal l'économiste Jean-Paul Fitoussi dénonce les plans de rigueur à la chaine : "la récession s'annonce, elle sera implacable et durable."

Dans ce contexte, la nouvelle donne en Espagne laisse les journaux français sceptiques

Incontestablement, c'est un "raz de marée à droite", comme le titre Le Figaro . Mais la politique menée sera-t-elle vraiment différente ? "Les électeurs ont apparemment récusé une rigueur de gauche pour la remplacer par une rigueur de droite, écrit Bruno Dive dans Sud Ouest . Nulle manifestation d'espérance dans ce vote."

Comme l'écrit Xavier Panon dans La Montagne , "le bowling électoral européen continue". Le Parisien a fait les comptes : sous l'effet de la crise, 7 gouvernements européens ont déjà basculé et 4 pourraient le faire.

Mais dans l'édito du Figaro , Pierre Rousselin veut y croire, "L'alternance à Madrid peut être un tournant dans la crise de la zone Euro si l'Espagne parvient à se remettre sur la bonne voie."

Dans La Dépêche dumidi , Marie-Louise Roubaud résume en une phrase l'histoire mouvementée de l'Espagne moderne : « Nation passée en moins de deux de l'oppression (sous Franco) à la movida (dans les années 80) et plus récemment de l'euphorie (de la croissance) à la détresse (de la crise). »

Mais dans la presse française ce matin, il est question de l'Espagne pour une autre raison. Polémique, toujours, après les propos de Yannick Noah dans Le Monde ce week-end accusant de dopage les sportifs espagnols victorieux sur tous les terrains ces dernières années.

L'Equipe relaye la colère de Toni Nadal, l'oncle et coach de Rafael. Il traite Noah de type jaloux d'une honnêteté douteuse.

Ce qui fait polémique aussi c'est l'ancien tennisman propose d'autoriser le dopage pour mettre tout le monde sur un pied d'égalité. Le dopage légal est létal et inégal lui répond Grégory Schneider dans Libération .

Il y tout de même un éditorialiste qui reconnait un mérite à Noah, c'est Jean-Claude Roussel dans L'Union. Selon lui, Noah a le mérite de poser un problème : "suivant son pays d'origine, celui où se déroule les faits ou encore sa discipline, un sportif qui se dope pourra être suspendu ou passer à travers les mailles du filet. "

Vous le voyez Patrick je ne sais pas comment est la presse espagnole, mais les journaux français sont chargés ce matin...

A demain !

PS : lundi 21 novembre, pour le 7-9, Patrick Cohen est en direct de Madrid, la revue de presse française, à Paris, est suivie d'une revue de presse espagnole, présentée par Marie-Hélène Balestero

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