(Patrick Cohen) Dans la presse ce matin : question de rythmes

(Bruno Duvic) L'hiver dernier, la terre a reculé de 20 mètres. C'était jusque-là un constat à vue d'œil, en se promenant sur le littoral atlantique, dans le Sud-Ouest en particulier. Il y a désormais des mesures précises, menées par le Bureau de recherches géologiques et minières. L'Humanité , Le Parisien , et plus encore Le Figaro qui détaille le plus le phénomène ce matin.

L'hiver dernier en France, les tempêtes se sont multipliées, du Pays basque à la Bretagne. Les scientifiques ont épluché leurs relevés : jamais depuis 50 ans on n'avait vu une telle répétition de coups de tabacs avec des vagues d'une telle puissance. Jamais non plus le trait qui dessine la limite entre la terre et la mer n'avait autant reculé sur le littoral atlantique. 10, 20, 30 mètres... Facteur aggravant, le sable se retire, les plages s'affaissent.

Les habitations, campings et autre installations les pieds dans l'eau n'ont jamais aussi bien porté leur nom. Il y a l'immeuble le plus symbolique, « Le Signal » à Soulac-sur-mer. Vidé de ses habitants, il est toujours là. Mais à Lacanau aussi, par exemple, on craint l'effet « château de sable ». On envisage de déconstruire et déménager un quartier entier. 1200 logements, 100 commerces. Projet sur le papier, pour l'instant.

Ces tempêtes successives sont-elles les conséquences du réchauffement climatique ? Question posée au climatologue Jean Jouzel : « il nous est impossible de conclure », dit-il. Mais le constat de l'élévation du niveau de la mer est bien là. Et « de nature à modifier les côtes et les rendre plus fragiles (…) On ne pourra pas tout protéger. »

...Pas même protéger son intimité quand on est président de la République

C'est le scoop « peopolitique » de la matinée, œuvre de Voici . Photos du couple Hollande- Gayet dans l'enceinte de l'Elysée. En couverture, image des deux autour d'une table en bois dans ce qui semble être le parc de l'Elysée. L'article, repris par lepoint.fr décrit l'actrice comme la première dame quasi officielle, présente à l'Elysée plusieurs nuits par semaine. Les images ont prises en octobre dernier. Est-ce que cela incitera le président à officialiser ? Cela pose à nouveau en tout cas la question de la sécurité du chef de l'Etat. C'est la première fois, selon Le Point qu'un paparazzo parvient à prendre des images à l'intérieur du parc de l'Elysée. Et s’il avait eu un fusil à lunette à la place de l’appareil photo ?

Pendant ce temps, l'ex première dame s'apprête à se confier à la presse anglaise. Interview au Times de Londres attendue demain, puis à la BBC, pour faire la promo de son livre en anglais. Valérie Trierweiler « Marraine gênante » pour les 4 associations qu'elle soutient, depuis la parution de Merci pour ce moment. Selon Le Parisien magazine , le Secours populaire, ELA, France Libertés et Action contre la faim prennent un peu de distance avec l'ex première dame.

Voilà de quoi faire chauffer Internet, les smartphones et les tablettes. Les infos qui buzzent sur Internet, les chaines d'info continue qui les reprennent, symptôme d'une époque dont le mot clé est accélération.

Dans Libération , on lira sous la plume d'un philosophe et sociologue allemand une analyse de la crise sur ce thème. Demande systématique d'innovation, de nouveauté. Dans le domaine de l'information, mais aussi les domaines scientifique et artistique. La société ne vise plus à la préservation de ce qui est donné mais à la transgression constante.

Et les rythmes ne coïncident plus. La crise écologique peut se lire comme cela. Nous épuisons les ressources plus vite qu'elles ne se reconstituent. La crise démocratique peut se lire par ce biais aussi : la vitesse de la vie culturelle et économique augmente, celui de la démocratie, réflexion, prise de décision, exécution ne suit plus. La démocratie par nature agit lentement. Désynchronisation entre la politique et les systèmes sociaux qu'elle tente de contrôler ou de diriger. Et ce philosophe ajoute : il n'y a aucune raison que les âmes et les corps soient intacts. Quelle vitesse, quelle quantité de mobilité, de nouveauté les individus sont-ils prêts à encaisser avant de craquer ?

Faut-il une illustration très incongrue de cette analyse savante ? On la trouve à la rubrique beauté du magazine Elle . On y apprend qu'est en train d'apparaitre une ride du téléphone portable. C'est à la naissance du cou, juste sous le menton. Conséquence des heures passés tête penchée sur le portable, muscles sous tension.

Quoi d'autre dans la presse ?

  • La presse satirique ne rigole plus. Difficultés financières pour Charlie Hebdo , Siné Mensuel et maintenant en région Paca, Le Ravi . Le mensuel annonce qu'il est cessation de paiements et appelle à la mobilisation de ses lecteurs.

  • Question de rythmes. Alors que l'affaire des matches truqués est encore bien présente dans la presse, (Le cauchemar de Nimes Olympique, titre Midi Libre ), soupçon sur une rencontre de qualification à la coupe d'Afrique des nations. Côte d'Ivoire-Cameroun : 1 partout à 5 minutes de la fin. Le résultat arrangeait les deux équipes qui se sont littéralement arrêtées de jouer, devant les caméras de Canal plus sport. Cela ne traduit pas forcément un arrangement financier mais au moins une belle entorse à l'éthique du sport.

  • Le sport à la Une, France-Suisse, la finale de la Coupe Davis de tennis en manchette des journaux. Notamment dans le Nord : Le Courrier Picard , La Voix du Nord , Nord Eclair , qui titre « Allez les bleus ». C'est un rêve français pour L'Equipe . Allez les bleus, quoique... En face, il y a une légende, vénérée par les amateurs de tennis, Roger Federer. Voilà un homme qui a le sens du rythme. Federer vénéré, le terme est exagéré, dira-t-on. Quoique, dans L'Equipe, deux grands admirateurs témoignent. Ce sont des garçons sérieux et a priori très occupés, Alexandre Bompard, PDG de la Fnac et l'économiste Daniel Cohen. Quand il s'agit de Federer, ils ne se contrôlent plus. Quand il joue, je deviens blanc, jaune. Je suis horriblement tendu, avant l’événement et même pendant ». Daniel Cohen raconte qu’il avait séché une réunion lors d’un forum économique pour ne pas rater un de ses matches. Mais aujourd’hui, c’est un homme en souffrance, « une souffrance absolue ».

  • Pardon ? - Oui, cette déchirure que constitue la mise à mort lors de ses matches contre Nadal (…) Je ne peux plus supporter qu’il n’y arrive plus. Je souhaite la fin, je n’en peux plus de souffrir. »

On verra si ce week-end ce sont les fans de Federer ou de l’équipe de France qui souffrent…

Bon week-end !

L'équipe
Mots-clés :
Nous contacter
Ce contenu n'est pas ouvert aux commentaires.