lendemain de premier tour de la primaire de droite

La revue de presse, bonjour Hélène Jouan

Une revue de presse consacrée aux résultats du premier tour des primaires de la droite…et leur double surprise

« Bal tragique à Colombey, 1 mort » titrait Hara Kiri en 1970. Hier sur twitter, un facétieux a repris la Une pour lancer « Bal tragique à Colombey, 2 morts », 2 morts pour dire la surprise issue de cette première consultation à droite, et les grands perdants de ce premier tour, Nicolas Sarkozy bien sûr, mais aussi Alain Juppé, passé de favori à outsider

«Identité heureuse contre double ration de frites, les électeurs ne se sont pas reconnus dans une alternative réductrice » résume Guillaume Tabard dans le Figaro, « ils redoutaient une alternance molle, mais ne voulaient pas de mots trop incantatoires, les deux campagnes se sont donc annulées l’une l’autre » pour faire émerger dit Tabard, « celui qui incarne une action forte mais exprimée de manière crédible ».

Alors commençons par ce vainqueur du premier tour : le week-end pluvieux et venteux a visiblement inspiré la presse. Le courrier Picard parle de « Ras-de- marée Fillon », « tornade Fillon » pour la Charente Libre, l’Ardennais titre sur la « vague fillon qui coule Sarkozy », « Déferlante Fillon » pour le Figaro.

Comment expliquer l’avancée écrasante et surprenante de « Mister nobody » ?

« Il est le réceptacle naturel de l’anti-sarkozysme » écrit Alexis brézet dans le Figaro, le Figaro qui découvre, un peu, ce matin, à quel point Fillon est le point de convergence, la synthèse de toutes les attentes de la droite, « la droite tranquille », quand une autre visiblement l’était moins…

La vraie et vieille droite surtout nous dit Claude Askolovitch sur Slate.fr : « Fillon n’est pas l’alternative à Juppé pour battre Sarkozy,( idée assez répandue ) il est l’alternative à Sarkozy contre Juppé, ce radsoc chiraquien ». « François Fillon explique t il vient d’une France douce, tempérée mais où flottent des vapeurs réactionnaires jamais totalement dissipées, une France rance. Il n’est ni le compromis, ni l’excès, il est » Entendez, il incarne la droite. « Il répond au double désir des droites : grand coup de balai libéral et grand bond en arrière identitaire. Il n’est pas hystérique, au bruit sarkozyen, il oppose une paisible évidence, celle de la France éternelle, catholique, romaine avant tout et décente. Il est tout simplement bien plus à droite que Nicolas Sarkozy. Le seul à twitter sur sa foi, à être soutenu par les ultra conservateurs et ultra catholiques de Sens commun. Celui qui face aux étrangetés du monde, considère comme encombrantes les mollesses des Lumières , ne voit pas pourquoi on offrirait l’égalité à l’Islam ou l’on opposerait les droits de l’homme à Poutine. Il n’est pas besoin de crier pour être de droite, il est poli, urbain, souriant, il rencontre la droite dans ses aspirations. » Adéquation profonde, une des explications ce matin de ce « moment » Fillon…

La grande victime de ce premier tour, c’est évidemment Nicolas Sarkozy

C’est ce matin, le premier enseignement que retire la presse étrangère de ce premier tour « sarkozy out de la french campaign » titre le Wall street journal. Mots très durs dans la presse française : « Au revoir président » signe Libération Champagne. « la Chute » pour Libération avec un masque quasi mortuaire à la Une.« Sarkozy congédié » pour Mediapart, « la terrible claque » pour l’Opinion. « Il a pris le Blast contre lui » dit le Huffington Post, « le grand naufrage » pour la Dépêche du Midi. Cécile Cornudet dans les Echos estime qu’il n’y a pas pire humiliation pour l’ancien président que de se faire sortir par celui qu’il traitait de « collaborateur », ce « boomerang de l’histoire » restera dans les annales » écrit elle. « En juin dernier raconte marion Mourgue du Figaro, Sarkozy s’amusait encore des titres que la presse ferait après son succès « ça vous fera des articles fantastiques, le retour du jedi fanfaronnait il ». « Sarkozy, karchérisé écrit ce matin Laurent Joffrin, le blast a fait plouf, le clown blanc a eu raison de l’auguste ». « Sortie impeccable » néanmoins souligne Alain Auffray pour qualifier le deuxième discours de retraite de l’ex président hier soir. « Une carla bruni en larmes et un ancien chef de l’Etat plus que jamais solennel au moment d’enregistrer sa terrible défaite » raconte Natahlie Schuck dans le Parisien. « C’était un scénario inimaginable pour lui comme pour ses soutiens que cette éjection brutale ». Comment l’expliquer ? il n’a pas mesuré l’ampleur de l’antisarkozysme toujours aussi virulent, il s’agissait bien hier d’un référendum anti sarko, dont Fillon fut d’ailleurs l’un des ferrailleurs les plus incisifs, on se souvient de son « imagine t on de gaulle mis en examen ? « , Nicolas sarkozy s’est aussi sans doute aussi trompé de stratégie, ses provocations en tous genres pendant toute la campagne n’ont pas convaincu au-delà de son noyau de fidèles dit le Parisien. Dans le Figaro un de ses soutiens se dit convaincu que l’opération anti Bayrou a trop bien marché, « ca a fait dévisser Juppé ». Et aujourd’hui que va faire Nicolas Sarkozy ?« Courir, comme tous les jours » conclut sobrement un de ses proches au Parisien

Place maintenant à la campagne de second tour, avec un Alain Juppé en difficulté

« Juppé qualifié mais sonné » dit le Parisien, c’est un euphémisme, d’ailleurs Alain Juppé a relancé la campagne hier avec cette drôle de phrase « j’ai décidé de continuer le combat ». Accréditant en quelques mots, les doutes sur ses intentions. Juppé sonné, en manque de réserve de voix, mais surtout à la recherche d’un nouvel axe de campagne. « 16 points de retard, l’argument de son meilleur ennemi disparu avec Sarkozy, et enfin celui de sa stature présidentielle qui ne fait plus mouche contre François Fillon » liste Libération, on se demande ce qui lui reste.

Si, se servir du débat de jeudi soir pour défaire le programme de Fillon, « supprimer 600 000 postes de fonctionnaires, c’est infaisable » va-t-il répéter. Dernier angle d’attaque possible selon l’Opinion : il reste le seul à garantir la non candidature de François Bayrou. Bref Juppé, Rassembleur pour contrer l’inexorable dynamique…

Programme contre programme donc…Les électeurs de gauche, ceux qui se sont aussi mobilisés hier pour faire tomber Sarkozy « vont s’apercevoir que face à Juppé, Fillon est de loin le plus droitier prévient Laurent Joffrin prévient dans Libération , on est passé d’un charybde criard à un scylla plus terne mais tout aussi redoutable ». Sur le huffington post, rappel des principales prises de position de Fillon, poutine bon teint, fan assumé de Margaret Thatcher, courroie de transmission de la manif pour tous….

Pour finir sur le sujet ce matin, un mot sur l’autre rive, la gauche...d’abord une certitude, il n’y aura pas de match retour Hollande/sarkozy en 2017. Pour l’Opinion, le succès de Fillon, ex premier ministre, va peut être faire rêver l’actuel premier ministre, Manuel Valls, qui piaffe dans les startings blocks, et donner un peu plus d’espace à Emmanuel Macron nous dit Béatrice Houchard

L’Opinion enfin, qui nous révèle aussi que Mes chaussettes rouges, fournisseur de François Fillon et de ses chaussettes rouges donc, acquière la première marque américaine de chaussettes haute couture…un succès n’arrive jamais seul. Et d’ailleurs nous raconte Ouest France, les sarthois s’y voient déjà. Où ? à l’Elysée bien sûr. La Sarthe a fait Fillon, Fillon ne l’a pas oubliée, il aurait fait 90% des voix dans son ancienne ville de Sablé. Même si depuis, il est devenu député de Paris, mais promis, les sarthois l’ont déjà oublié !

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