Le Point est allé à Harvard où les élites veulent se refaire face au populisme. Le Monde raconte comment l''Iran a organisé son internet pour pouvoir le couper du web mondial et publie le beau texte d'un écrivain turc embastillé. Le rappeur Népal nous a quitté, qui était spécial et que Ouest-France raconte doucement.

On parle d'un monstre politique ce matin...

Un monstre d'Amérique et qui vient de tomber et dont le Figaro offre le portrait, Roger stone qu'on surnommait le  «Forrest Gump maléfique»,  une référence à ce personnage de cinéma qui traversait tous les événements de l’histoire américaine; Stone lui a traversé la droite américaine, le parti républicain depuis plus de quarante ans, depuis richard Nixon, ce président qui quitta la maison planche juste avant d'être destitué et dont Stone il s'était fait tatouer le portrait dans le dos, jusqu'à Donald Trump qu'il avait rencontré dans les années 80 quand il n'était qu'un entrepreneur immobilier dopé de publicité et peu lesté de scrupule, et dont il avait senti tout de suite le potentiel, "Roger a toujours voulu que je me présente à l'élection présidentielle, a confié Trump et c'est arrivé"... C'est l'ancien bras droit du sénateur McCarthy, spécialiste de la chasse aux sorcières communistes dans les années cinquante, qui avaient présenté le jeune Trump au sculptural Stone, qui fumait le cigare et prisait les clubs échangistes et pensait que la politique est l'antidote à l'ennui, "un show business pour les gens moches"... Mais l'histoire se termine. Stone a rejoint la liste des proches de Trump condamnés en justice, lui c'était vendredi dernier, à Washington, pour mensonge sous serment et entrave à la justice, il avait entre autres exploits mentis au congrès dans l'enquête sur l'ingérence russe dans la présidentielle de 2016... Il connaitra sa peine l'an prochain, sera -t-elle à la hauteur d'une carrière de mensonges de manipulations et de menaces que décrit le Figaro, à même pas 20 ans, il envoyait à un adversaire politique une donation signé par un groupe d'extreme gauche pour le compromettre, c'était sous Nixon, il fut impliqué dans le scandale du Watergate-, l'espionnage du siège du parti démocrate, il organisa une manifestation de militants républicains en 2000, qui envahirent en costume cravate les locaux de la commission électorale du comté de Miami  pour empêcher que l'on recompte les bulletins litigieux qui auraient pu barrer la route de washington à Georges W Bush, et en 2016 il allait chercher de la kryptonite disait il pour ruiner la réputation de Hilary Clinton...

Il portait son éternel costume à fines rayures et avait la Bible à la main vendredi en arrivant au palais de justice fédéral... Après sa condamnation, Trump à qui il ressemble tant a twitté pour lui...  «Alors, les voilà qui condamnent Roger Stone pour mensonges et veulent l’emprisonner pour longtemps. Et qu’en est-il de Hillary la Malhonnête… et tous les autres, y compris Mueller lui-même? N’ont-ils pas menti? Deux poids, deux mesures tels qu’on n’en a jamais vu dans l’histoire de notre pays!»

Et on reste avec un sentiment de vide, devant ce que devient une grande démocratie...

Le Point, bien loin de Stone est allé dans le Massachusetts cette semaine, à a Harvard Kennedy school qui forme immuablement les élites américaines auxquelles une part majoritaire de l'Amérique ne croit plus, et c'est illustré d'une photo d'orange automnal, un voyage dans le doute, on réfléchit à Harvard aux moyens de se refaire face au populisme... Le journal les liste.

Les experts qui vivent en vase clos doivent apprendre à écouter humblement les citoyens, il faut entendre les peurs de l'ectorat, qu'elles concernent l'immigration ou l'avènement de l'intelligence artificuielle, il faut repenser le politiques publiques pour combattre les inégalités, accepter de limiter la mondialisation, il faut revenir aux fondements de la démocratie, et il faut s'entendre...

En septembre dernier, 523 électeurs américains ont été réunis pendant trois jours pour débattre, à Dallas, et Harvard a suivi l'expérience.  « A la fin, les républicains pensaient plus comme des démocrates sur certaines questions comme l’immigration, tandis que les démocrates s’étaient rapprochés des vues républicaines sur d’autres points, par exemple le coût des politiques », moralité il faut garantir la pluralité des opinions et accepter de débattre avec ceux qui pensent autrement, dans un cadre approprié.

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Mais les media sont un cadre malaisé dit-on aussi à Harvard, qui dans une autre expérience divise les étudiants en groupes, le premier ne regarde  que des médias de gauche, des médias de droite, le troisième des

médias étrangers, le quatrième aucun média du tout et à l'arrivée il était impossible aux groupes de se parler, ils n'avaient plus la base commune des discussions démocratiques...

Lisant le Point, on se demande à chaque ligne si tout ceci vaut aussi pour nous, et à quel point.

On parle aussi de liberté ce matin...

pendant que les démocraties s'abiment, des peuples cherchent la liberté et en meurent aussi pu tâtonnent. la Croix est attentive au Liban où par-dessus les confessions, on veut retisser le lien entre l'Etat et le citoyen; le Figaro est à Hong-Kong avec les ultimes insurgés anti pékin d'une université assiégée; Libération raconte comment en Iran on a réprimé et tué "dans le silence," puisque la planète ne voit plus l'Iran, internet ne voit plus l'Iran. Dans le Monde, un entretien précis passionnant, techniquement implacable avec une chercheuse sur le numérique,  Frédérick Douzet, explique comment le pouvoir iranien a pu si facilement isoler l'iran du monde  sur le web. Le réseau iranien, méthodiquement, a été configuré pour que les échanges entre le réseau mondial et le réseau iranien passent par seulement trois canaux, trois portes, trois opérateurs controlés par l'Etat... L'Iran est une dictature brutale et sophistiquée à la fois. 

Le Monde encore publie un texte d'un romancier turc emprisonné par le régime, libéré le 4 novembre et embastillé à nouveau le douze et pendant sa semaine de liberté, Ahmet Altan a écrit cette supplique pour la liberté, contre le nationalisme qui a pris son pays et qui se répand sur la planète dit-il, telle une tache d’huile et derrière la question de l’« amour de la patrie », "ce sont la médiocrité, l’injustice, la haine, l’animosité et la pauvreté qui se cachent", et il faut combattre cette haine ou sinon dit-il  « il ne restera sur cette terre plus un seul lieu où vivre sain et sauf ».

On lit Altan, cela parle de nous?

Et un musicien pour finir...

Qui psalmodiait du rap loin des clichés qui assaillent cet art, et qui est mort bien jeune ce mois-ci et qui aimait le Japon sage… Il est un des artistes qui nous éclairent, ce jour où le Figaro célèbre george sand, et libération Homère et WEB du Bois, immense sociologue et militant des noirs aux Etats -Unis. On se dit en entendant Népal dont parle joliment Ouest-France ce matin, Népal qui rappait entre noirceur et douceur, qu’il va nous manquer

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