La scène se déroule mercredi soir, dans le hall d'un hôtel de Bagdad... Sur écran géant, l'image de la semaine... Une image pour l'Histoire... Saddam Hussein : procès. Ils sont une cinquantaine, quelques chiites, beaucoup de sunnites... Paroles... C'est dans le journal "Le Monde". Un homme : "Bien fait pour lui !... Il a donné notre Irak aux Américains. Qu'il crève !" Une femme : "Il a tout perdu, ses fils sont morts, sa famille est éparpillée". Un homme : "C'était quand même un vrai leader, le seul qui pouvait contrôler l'Irak". Entre les cassettes du procès qui tardent à lui parvenir, la chaîne Al Jazira diffuse des entretiens avec des politiques au pouvoir. "Ils étaient où, ces types, quand on souffrait, ici, des guerres de Saddam ?", demande quelqu'un. "En Iran, à Londres et à Washington", réplique un autre. Alors, quand Saddam parle, c'est le silence, l'atmosphère est lourde. "Il a vieilli", remarque Ahnnah, jupe et cheveux auburn. "Ouais", philosophe son voisin de fauteuil : "Un jour on est maître de l'Irak, le lendemain on n'est plus rien... La roue tourne". Apparaît sur l'écran une jeune femme joufflue, voilée, soeur d'une victime du régime de Saddam... "Je pense que la pendaison, c'est trop doux pour lui... Il faudrait le couper en morceaux, le donner aux tigres du zoo de Bagdad". Hier, tous les quotidiens de la capitale irakienne titraient sur le procès historique du tyran... "C'est le plus beau jour de ma vie !", s'exclame un jeune sunnite. "Ne l'écoutez pas : c'est une tomate", lance quelqu'un. "Une tomate ?" "Oui, un ancien feddayin de Saddam qui a tourné casaque... C'est ainsi qu'on les appelle en Irak... Parce que la tomate, ça se mange avec tout". Reportage signé Patrick Claude, dans "Le Monde". Oui, c'est l'idée mise en avant par "France Soir" concernant la discussion budgétaire à l'Assemblée nationale... Sous le titre "Baisse d'impôts : les riches à la fête", le quotidien semble dénoncer une sorte d'imposture... Le gouvernement prétendait soulager les classes moyennes... Or, selon l'étude de l'Observatoire français des conjonctures, explique Aurore Gorius, la réforme bénéficiera aux foyers les plus riches. Et avec l'air de ne pas y toucher, reprend Francois-Xavier Pietri dans "La Tribune", le gouvernement Villepin est en train d'accomplir l'une des plus importantes réformes fiscales que la France ait connues depuis longtemps... Un big bang que le Premier ministre, en fin stratège, s'est bien gardé de présenter comme tel. Et c'est ainsi que, depuis mardi, Thierry Breton défend son texte devant les députés avec, nous dit "Le Monde", une certaine arrogance. En fait, le quotidien du soir rapporte les propos de certains députés, comme Jean-Pierre Brard, apparenté communiste, qui dit de Thierry Breton : "Il est arrogant et méprisant"... Critique relayée par l'UDF Charles de Courson, vieux routier des débats budgétaires... "Le ministre a réussi le tour de force de s'aliéner les experts économiques dont il a réfuté les prévisions de croissance... Tout juste qu'il ne leur a pas signifié que leurs prévisions ne valent rien... Strauss-Kahn, au moins, était plus malin", conclut Courson. Et toujours à propos du budget, le magazine "Auto Plus" pique une colère. "Oh les vilains !", écrit Thierry Soave. La façon dont le gouvernement vient d'annoncer que personne ne touchera le moindre centime de compensation sur les recettes fiscales liées aux carburants. Relève de la manoeuvre la plus sournoise qui soit. Un grand classique de la communication politique, en somme : pour commencer, je promets... Pour suivre, j'embrouille... Pour finir, je décide. Et "Auto Plus" nous explique le mécanisme... Très simple, vous allez le voir... 1 : le gouvernement surestime volontairement les recettes fiscales. 2 : mauvaise surprise : les cours du pétrole s'emballent... les prix à la pompe aussi. 3. le gouvernement nomme une commission indépendante pour vérifier s'il y a un trop-perçu de taxes. 4. La commission conclut que les recettes sont inférieures aux prévisions... surestimées, rappelons-le. 5. les automobilistes en sont de leur poche... Le tour est joué. Voilà... Un dernier mot sur le budget français, vu par les Allemands... C'est dans le "Frankfurter Allgemeine Zeitung"... Dettes record, écrit Kristiane Schubert... Déficit mal contrôlé, croissance en berne... La France vit au-dessus de ses moyens, mais le pire, c'est qu'elle refuse de regarder cette réalité en face. Un rien suffisant, le quotidien conservateur allemand explique que si les Français se sentent découragés, il leur suffit de regarder de l'autre côté du Rhin... Car, au nom de la croissance et de l'emploi, les deux grands partis au pouvoir sont prêts à demander aux Allemands des sacrifices qu'aucun gouvernement n'a jamais osé réclamer en France. Et on lui dit "bon anniversaire"... Le magazine "Elle" va bientôt avoir 60 ans... Alors, pour marquer le coup, les Editions Philipacchi sortent un livre... De couleur rose, intitulé "Elle : 1945-2005... une histoire de femmes"... C'est une sélection d'articles et de photos de "Elle", à feuilleter, histoire de flâner dans le temps.... C'est un album qui retrace l'histoire des femmes... Il a été composé par 2 grandes signatures de "Elle" : Marie France Colombani et Michèle Fitoussi... Michèle Fitoussi qui est en ligne avec nous... Bonjour... Lorsqu'elle a créé le magazine "Elle", Hélène Lazareff revendiquait cette ligne : "le sérieux dans la frivolité, l'ironie dans le grave"...Est-ce que cette devise tient toujours lieu de ligne éditoriale chez vous ? Vous savez que David Abiker, qui signe un jour sur deux la chronique de France Inter consacrée aux blogs... "Blog à part"... Parle de "Elle" dans le livre qu'il vient d'écrire, intitulé "Le musée de l'homme"... Une sorte de traité de l'homme moderne... Dans un chapitre assez drôle, il écrit : "La plupart des femmes qui sont interviewées dans 'Elle' le sont non pour ce qu'elles font mais pour ce qu'elles sont... Des femmes... Dans 'Elle', il suffit d'être une femme pour qu'on vous pose des questions faciles... Partout ailleurs dans la presse, on vous demande de vous justifier, d'expliquer pourquoi vous avez menti, de sortir vos feuilles d'impôt et d'être un bon père... Dans 'Elle', pas du tout... Dans 'Elle', il faut juste 'être', et ça suffit". Alors, qu'est-ce que vous en pensez, Michèle Fitoussi ? Avec plaisir. Hier, on a beaucoup parlé de John Lennon dans les journaux... A l'occasion de l'ouverture de la grande expo qui lui est consacrée à la Cité de la Musique, jusqu'au 25 juin prochain... Cette semaine, l'hebdomadaire "Zurban" consacre deux pages à l'événement, et juste derrière, deux autres pages, qui pourraient donner à la nostalgie une certaine légitimité. Je sais, Pierre, que vous êtes, vous aussi, un adepte de la culture rock et pop des années 60 et 70... Et on va dire qu'on se comprend, parce que ça s'est sévèrement gâté après. Comme l'écrit "Zurban" : "Du Peace and Love originel, les rockers sont passés au Business is Business... Ce qui n'empêche pas la sortie de quelques bons albums, bien sûr... Mais les dégâts de la Starmania industrielle sont importants. C'est vrai que le rock, c'est souvent écrit à l'encre noire... Meurtre de John Lennon, disparition de Jim Morrison, voyage sans retour de Jimi Hendrix et Janis Joplin, suicide de Curt Kobain... Mais tout cela, c'est la partie visible de l'iceberg, car lorsqu'on plonge dans les tréfonds des coulisses du rock, ce triste spectacle se transforme en bouffonnerie commerciale... Le rock'n'roll est devenu une arme cynique de destruction massive des sentiments qu'il véhiculait auparavant... La musique s'est transformée en marchandise... Le rocker n'est plus qu'une marque à protéger... L'histoire du rock est aussi glauque qu'un tribunal des faits-divers un lundi matin... Et tout ça pour quoi ?, s'interroge "Zurban"... Pour de nouvelles stars planétaires qui s'appellent Britney Spears, Spice Girls, Robbie William... De Babylone à Disneyland, the show must go on. Bon week-end !... A lundi !

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