Christophe de Margerie en 2014, au siège de l’OCDE pour le forum Nouveau Monde
Christophe de Margerie en 2014, au siège de l’OCDE pour le forum Nouveau Monde © MaxPPP/IP3Press/Vincent Isore

Au menu ce matin : la mort du patron de Total, Christophe de Margerie, le débat autour d'un plan d'investissement en Europe, et Rafael Nadal sur les courts malgré une appendicite.

Son visage est à la "une" de la presse en ligne

Le visage de Christophe de Margerie, le patron de Total, mort hier soir dans l'accident de son jet privé à Moscou.Ll'information est tombée tard dans la nuit, donc rien dans vos journaux, mais les sites internet ont pris le relais. Le Monde.fr : "Mort de Christophe de Margerie, patron stratège et truculent de Total". Total, où il avait fait toute sa carrière, gravi toutes les marches, rappelle le quotidien : entré en 1974, directeur général en 2007, puis PDG en 2010.

Son style tranchait : Le Monde ressort un portrait de Christophe de Margerie, publié il y a quelques années : "Il y a chez lui cette bonhomie et cette rondeur qui lui ont valu le surnom de "big moustache" dans la maison", il y a aussi "ce franc-parler, cette originalité et cet humour pince-sans-rire qui apportent un peu de chaleur dans ce monde de brut."

1974 donc : l'année où Christophe de Margerie tombe dans le baril. Il a 22 ans, jeune Sup de Co Paris, il préfère Total à IBM ou Alcatel parce que le siège est à deux pas de chez lui, dans le 16e arrondissement. Très vite, il imprime sa marque. Et quand il s'assoit dans le vaste bureau du 44e étage de la tour Total à la Défense, 35 ans plus tard, c'est "légitime", disent ses collaborateurs.

Portrait également à lire sur le site de Libération : Margerie, obsédé de la comm', soucieux d'améliorer l'image de Total, qui, "quoi qu'il fasse, écrit Alexandra Shwartzbrod, s'englue dans le mazout de l'Erika ou la dramatique catastrophe AZF". Commentaire de l'intéressé : "Les Français n'aiment pas l'industrie lourde, c'est ça notre problème. Si on ne faisait que du solaire, c'est sûr, on ne risquerait pas d'AZF ou d'Erika. Il faut savoir ce qu'on veut !"

À la fin de l'entretien, la journaliste lui demande : "Mais après ? Quel nouvel homme fort pour Total ?" Les yeux ronds se plissent, la moustache frisotte... Réponse de Christophe de Margerie : "Cela fait partie des mes tâches essentielles : trouver celui qui me succédera. " Confirmation en mai dernier : à 63 ans, le patron de Total cherchait son dauphin en interne pour une "transition en douceur", disait-il. L'une de ses toutes dernières interviews est d'ailleurs consacrée à la transition... énergétique celle-là. Interview à retrouver sur le site du Point. C'était le 8 octobre dernier. "Vive la révolution, vive la transition énergétique !", s'enthousiasmait alors Christophe de Margerie.

Débat autour d'un plan d'investissement en Europe

"Paris et Berlin calment le jeu", titre le Figaro ce matin. Ce n'est pas un pacte, mais c'est un premier pas. Les ministres de l'économie et des finances allemand et français, réunis hier à Berlin, sont tombés d'accord pour relancer les investissements. "La conjoncture qui s'assombrit pousse à agir", écrit les Echos. Emmanuel Macron et Michel Sapin sont donc allés" vendre" à Berlin un plan d'investissement massif. Et l'accueil, pour une fois, a été plutôt positif.

"Croissance : le coup de pouce de Merkel", c'est la une de Libération. L'Allemagne semble prête à desserrer l'étau de l'austérité, selon le quotidien. "Elle reconnaît ouvertement que les économies de la zone euro ont besoin d'une autre potion que le dépuratif de la rigueur budgétaire."

Analyse de La Croix : "si tous les regards se tournent ainsi vers Berlin, c'est parce que la locomotive européenne peut entraîner ses partenaires dans son sillage." En clair, en investissant, l'Allemagne accroît ses besoins, donc ses importations, et c'est une aubaine pour ses partenaires. Un cercle vertueux, en somme, contre la récession et la déflation. "Il était temps", se félicite Laurent Joffrin dans Libé, "chacun commence à comprendre que la politique menée depuis de longues années en Europe conduit à une impasse."

La France qui économise, l'Allemagne qui investit... Un deal "improbable", assure l'Opinion. Titre à la une : "Comment Paris cherche à berner Berlin." Selon le quotidien libéral, le véritable objectif du gouvernement, c'est d'occuper le terrain médiatique en montrant que l'Allemagne a, elle aussi, des efforts à consentir. Autrement dit, écrit Nicolas Beytout, "puisqu'on promet d'améliorer notre situation budgétaire, abîmez donc un peu la vôtre et nous serons quittes."

Le ministre de l'économie Emmanuel Macron est d'ailleurs très critiqué ce matin par Der Spiegel en Allemagne, qualifié "d'effronté". Très critiqué aussi en Autriche par Die Presse : "La France entraîne la zone euro dans une nouvelle crise, et elle a le culot de rendre l'Allemagne responsable !"

Et aussi...

La course aux vaccins contre le virus Ebola. C'est à lire dans le Progrès de Lyon : au coeur du laboratoire P4, des chercheurs ont déjà mis au point les bases de deux vaccins, développés à l'étranger faute de budget. Et un troisième est très avancé, sauf que là encore, pas sûr que des fonds soient débloqués.

"Nous avons besoin de notre vaccin français", explique Viktor Volchkov, responsable de l'équipe lyonnaise. Le problème, dit-il, c'est que "les essais coûtent cher et que le gouvernement ne pense qu'à aujourd'hui, alors qu'il doit penser au futur."

À lire également ce matin dans le Figaro : l'extinction annoncé du rhinocéros blanc du Nord, décimé par le braconnage. Il ne reste plus que six spécimens dans le monde, dont trois fertiles en Afrique. Un peu comme si l'espèce humaine, au bord du gouffre, dépendait de la capacité d'un homme de 70 ans à faire des enfants avec sa jeune épouse, écrit Soline Roy.

Quelles conséquences ? Difficile à dire, mais "perdre une espèce, c'est perdre des gènes", explique un scientifique, car "il y a dans la nature tous les principes actifs nécessaires pour soigner toutes les maladies existantes. Lorsqu'une espèce disparaît, on risque de perdre ces molécules définitivement."

"Fini de rire !" À la une de la Voix du Nord, le premier faux clown a été jugé et condamné. Interpellé vendredi soir à Douvrin, Thomas, 19 ans, a expliqué hier au tribunal de Béthune qu'il s'était déguisé pour s'amuser et faire peur à ses copains, façon film d'horreur. Problème : la plaisanterie a dérapé. Un couteau à la main, il a terrorisé un enfant de six ans et des ados dans la rue. Une mauvaise blague qui lui vaut au final six mois de prison avec sursis et 105 heures de travaux d'intêret général.

Et puis à quoi joue Rafael Nadal ? C'est l'Équipe qui pose cette question à mille francs suisses. Le tennisman espagnol est à Bâle en ce moment, tournoi ATP 500, il joue comme si de rien n'était, alors qu'il souffre d'une appendicite ! "Mais que vient-il faire dans cette galère ?", se demande le quotidien sportif. "Nadal s'inflige un lourd traitement antibiotique pour repousser l'opération". Et tout cela, apparemment, pour une histoire de gros contrat à honorer : l'Espagnol a signé avec le tournoi de Bâle jusqu'en 2015. Alors il joue, "le corps chancelant", écrit l'Équipe, mais il joue. Et le plus fou, c'est qu'il a passé le premier tour, vainqueur hier face à l'Italien Bolleli (6/2 6/2).

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