On revient sur la polémique autour de la « taxe tampon », taxe sur les produits d’hygiène féminine évoquée ici même lundi matin par Sophia Aram.

Quand l’une des filles du secrétaire d’Etat au budget Christian Eckert entend le billet de Sophia Aram, se moquant de son débonnaire de père qui a refusé de baisser la TVA sur les tampons, elle envoie illico ce sms à son papa : « En plus, t’en as acheté toi des tampons ! » C’est Nathalie Segaunes dans l’Opinion, qui raconte ce matin comment le soldat Eckert est touché par cette polémique, « blessé » même dit il. Blessé car depuis qu’il a refusé cet amendement visant à considérer les protections féminines comme produits de première nécessité, il est la cible d’attaques d’une violence incroyable dit il. Notamment via les réseaux sociaux où des féministes menacent même de lui envoyer par la poste leurs tampons et serviettes usagées...on est dans le gore ! Le secrétaire d’Etat ne comprend pas l’emballement: « j’ai 1 femme et 3 filles, j’aime bien faire les courses le samedi, je connais la taille, la typologie et la couleur pour chacune d’entre elles témoigne t il, je sais que pour l’une c’est avec applicateur, pour l’autre taille XXL, bref, c’est pas juste !je suis vraiment le dernier à pouvoir être taxé d’ignorance sur le sujet»

Oui mais voilà, y a pas les sous pour les tampons ! « Baisser la TVA de 20 à 5,5% ça coûte 50 millions d’euros, or les 50 millions je ne les ai pas » argue t il. Quant à sa sortie comparant ce débat sur la taxe tampon avec celui sur les parcs d’attraction ou l’entrée des grottes, Christian Eckert nous assure qu’il ne faut rien y voir de freudien…Juste une allusion aux discussions de l’an dernier, quand un député réclamait un taux réduit d’entrée chez mickey, un autre pour les zoos… « A chaque budget c’est l’allée des marronniers sourit il, si j’ouvre la poste sur un sujet, je prends tous les autres en rafale ». Pas question donc de tomber sous les rafales des tampons, c’est le secrétaire d’Etat au budget qui a pris le pas la semaine dernière sur le bon père de famille.

L’afflux des migrants en Europe, toujours à la Une avec la nouvelle route des Balkans empruntée par les réfugiés, on vous en parlait à 8h, mais il faut parfois se méfier des chiffres Hélène

La photo publiée sur 2 pages par Libération pourrait résumer à elle seule la situation : on y voit une cohorte de réfugiés sur une petite route slovène au milieu des champs, à leur tête, pour leur ouvrir la voie ou les canaliser, on ne sait pas trop, la police montée. Cliché de Reuters qui dit une réalité, celle de ces quelques 20 000 migrants entrés en Slovénie depuis vendredi…

Mais attention aux images, et même aux chiffres délivrés par Frontex nous alerte ce matin un papier mis en ligne sur le site The Conversation. Papier signé d’un chercheur de l’université de Birmingham qui s’étonne du bilan délivré il y a quelques jours par l’agence européenne chargée de coordonner la gestion des frontières extérieures : 710 000 migrants assure Frontex, sont entrés en Europe entre janvier et septembre 2015. 710 000 ? c’est beaucoup plus que ce qu’avancent l’onu et l’organisation internationale pour les migrations se dit le chercheur, qui interroge donc Frontex, via twitter. Qui lui répond toujours sur twitter. Oui c’est vrai, reconnaît l’agence, des personnes peuvent être comptabilisées deux fois. La première en Grèce par exemple, quand elles franchissent les frontières extérieures de l’Europe, mais la seconde si elles font un détour par un pays non européen comme la macédoine ou la serbie, et entrent de nouveau dans l’Union ! Alors, le chercheur ne cherche pas à nier l’importance du flux migratoire affirme t il, mais « je reste abasourdi, dit il, de voir que l’agence diffuse de façon aussi légères des données pourtant sensibles ». Ce sont en effet autour de ces chiffres que le débat public s’organise, explique t il, ils nourrissent notamment les politiciens anti -immigration, prompts à considérer que l’Europe subit bel et bien une invasion. Nando Sigona, ce chercheur lance donc un appel à la vigilance à chacun des acteurs de cette crise, politiques, agence européenne, et medias, afin que ces chiffres ne soient pas instrumentalisés.

En France, des tensions en tous genres dans la presse ce matin

Une France apaisée, c’était le vœu de François Hollande lundi à l’occasion de la conférence sociale ; on n’y est pas vraiment.

La Voix du Nord diffuse les photos du face à face musclé hier, entre les avocats en grève contre la réforme juridictionnelle de Christiane Taubira et les policiers devant le palais de justice de Lille. Avocate saisie à la gorge, confrères trainés au sol, robes d’avocats déchirées. La Voix du Nord raconte que tout avait pourtant commencé sur une pointe d’humour, les avocats distribuant du guacamole, sous le slogan « avocat écrasé par l’Etat »…la réaction musclée de la police a fait pour le moins désordre note le journal. Les avocats qui rencontrent la garde des sceaux à la mi journée réclament des excuses publiques.

Une petite phrase de Pierre Gattaz, dans un entretien accordé aux Echos, pas forcément de nature non plus, à renouer les liens du dialogue social avec tout le monde. Si le patron du Medef salue l’accord sur les retraites complémentaires signé par les syndicats dits réformistes, il tombe à bras raccourcis sur FO et la CGT, non signataires : « quand philippe Martinez propose les 32 heures et la hausse du Smic, a-t-il vraiment le souci de créer des emplois en France ? lance t il…Il faut que je l’emmène à Shanghai, Palo Alto ou dans la Ruhr, j’emmènerais bien aussi jean claude Mailly (leader de FO)…la France vue de la porte de Montreuil, c’est totalement différent de la France vue du reste du monde » Une invitation au voyage que les intéressés apprécieront sans doute.

On termine par un brin de sexisme ?

Un brin de sexisme, pour une fois à l’envers, mais que j’ai cru déceler ce matin dans les commentaires de la presse française sur la victoire lundi de Justin Trudeau… « Un play boy à la tête du Canada » titre aujourd’hui en France/ le Parisien, « une touche de glamour » pour Libération, quand Le Figaro parle « d’un beau parleur sans trop de consistance et accumulant les bévues. De fait nous dit le journal, l’héritier de la dynastie Trudeau a tout d’un Ronald Reagan à la canadienne ». En attendant, le quotidien gratuit 20 minutes nous apprend que dès hier, le futur nouveau premier ministre canadien a annoncé à Barack Obama que son gouvernement allait mettre fin à ses frappes aériennes en Irak et en Syrie contre le groupe Etat islamique. Un engagement de campagne du « beau parleur »

On termine avec un satisfecit de la presse britannique à l’endroit de Jérémy Corbyn, le nouveau patron du Labour. 3 jours après son élection, il avait créé la polémique en refusant de chanter l’hymne national, « Corbyn snobe la reine » s’était indigné le Sun. Là, à l’occasion de la visite d’Etat du président chinois Xi Jinping, dont le Royaume Uni veut se faire « le meilleur ami en occident » avec quelque 3900 emplois à la clef nous dit le Figaro éco, le patron de la gauche a serré la main de la reine et il s’est présenté en smoking au diner royal. « le costume de monsieur Corbyn était un peu grand, et son nœud pap de travers » relève sévèrement The Telegraph, mais bon, « pour une fois, il est rentré dans le rang » se félicite le journal. A quoi ça tient parfois, de dire qu’un homme politique a le costume d’un homme d’Etat….

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