Au nom du père... Ou plutôt du géniteur... Ce qui peut ne pas être tout à fait la même chose. C'est l'histoire d'Arthur, qui se confie ce matin dans "Le Parisien". Une histoire d'homme... Entendez par là, profondément humaine... L'histoire d'un être humain, donc, conçu par insémination artificielle... C'était il y a 23 ans. Aujourd'hui, Arthur, représentant de cette première génération d'enfants concus par insémination avec donneur, veut savoir... Oui, il veut savoir QUI lui a permis d'être de ce monde... Quel est donc cet homme... Quelle tête il a...A quoi ressemble-t-il... Et plus encore... Demande légitime, c'est le moins qu'on puisse dire... Obsession légitime qu'Arthur résume parfois avec cette phrase saisissante, teintée d'humour un peu désespéré : "Quand je sors avec une fille, je ne peux m'empêcher de penser qu'elle est peut-être ma demi-soeur". Or aujourd'hui, en France, comme le rappelle le journal du même nom, il est impossible de savoir qui est son géniteur, qui est celui grâce auquel on est là, sur cette terre... Qui est cette personne qui a fait don de son sperme, en lieu et place d'un père stérile. On ne peut pas le savoir, pour des raisons, disons... de morale... voire de paix des ménages... D'éthique, diront les moins concernés... Ceux qui, en la matière, prennent les décisions... Et puis, il y a le souci, également, des banques du sperme qui craignent que la fin de l'anonymat ne fasse fuir les donneurs. Alors la solution, elle est peut-être dans le texte de loi que la députée UMP des Yvelines, Valérie Pécresse, a déposé à l'Assemblée fin juillet... Ce serait une sorte de double guichet... Les couples qui ne peuvent pas avoir d'enfants pourraient choisir entre le don anonyme et le don avec accord, permettant un jour à l'enfant d'en savoir plus sur son géniteur. Vous remarquerez au passage que la phrase "en savoir plus" a un coté un peu absurde... Ou l'on sait de qui il s'agit ou on ne le sait pas... Entre les deux, on ne voit pas où est l'intérêt de l'information... Mais la proposition de Valerie Pécresse a quand même le mérite d'exister... De poser enfin le problème... Avec un bémol toutefois... Imaginez l'enfant dont les parents auraient choisi le don anonyme ... Il pourrait leur en vouloir terriblement...Pas simple. En tout cas, comme le résume le ministre de la Famille, Philippe Bas, il faut trouver une solution qui garantit au conjoint de la mère biologique qu'il aura la plénitude de son rôle de père... Et de même, il faut garantir au donneur qu'il n'aura pas à assumer la moindre conséquence de son don. Justement, les donneurs, qu'en pensent-ils ? Elément de réponse avec le témoignage de l'un d'eux, Florent, 53 ans... Dans "Le Parisien", donc... Il a donné son sperme en octobre 93... Un acte de générosité, un vrai... "Parce que je peux vous dire que ce n'est pas une partie de plaisir, dit-il... D'autant plus qu'on ne m'a posé que des questions médicales, très peu de questions éthiques, aucune sur l'enfant à naître. Il y a quelques mois, j'ai regardé une émission sur l'anonymat du don de sperme... En voyant la souffrance des jeunes qui voulaient connaître leurs origines, j'ai pris une immense claque... Ce don, c'est un acte joyeux... C'est impossible qu'il aboutisse à ça". Alors, laissons le mot de la fin à une jeune fille conçue par insémination artificielle avec donneur... Lorsqu'elle est allée voir le médecin pour lui demander des renseignements sur son géniteur, il a brandi devant elle le dossier de l'homme en question, en lui disant que la loi lui interdisait de révéler quoi que ce soit. A cette jeune fille, comme à Arthur et comme à tant d'autres, il manque dans son histoire un chapitre sur deux. Et si l'on essayait de savoir qui est le géniteur politique de Ségolène Royal ?... A cette question, la star des sondages a répondu : Mitterrand. Chez les socialistes, c'est un héritage à géométrie variable, l'héritage mitterrandien... Pour Ségolène Royal, c'est une fierté... Voilà, c'est dit. C'était dimanche, à la Fête de la Rose, à Frangy-en-Bresse... De cette rentrée politique, la presse s'est largement faite l'écho hier... Et aujourd'hui encore... Il faut dire qu'entretemps, Lionel Jospin s'est exprimé... Lui qui, depuis longtemps, a clarifié sa position ADN vis-à-vis de François Mitterrand, avec son fameux "devoir d'inventaire"... C'était hier, à Santander, en Espagne... En gros : "J'irai, si on a besoin de moi"... "Si on a besoin de moi"... eh bien, c'est tout le problème... Disons que Strauss-Kahn, Lang, Fabius ou Hollande n'avaient pas besoin de ça... Et pour couronner le tout, François Rebsamen, le numéro 2 du PS, a demandé à DSK et Lang de se retirer de la course... Ambiance... Ce que "Le Figaro" résume par ce titre : "La zizanie s'installe à gauche"... Ou alors, comme l'écrit "Le Parisien" : "Tous contre Ségolène". Mais qu'ils se le disent, estime Marc Chevanche dans "Nice Matin" : ni Lionel Jospin, ni Laurent Fabius, ni Dominique Strauss-Kahn, ni Jack Lang, ni François Hollande ne peuvent plus espérer créer un phénomène d'engouement pareil à celui qui porte Ségolène Royal... De là à ce que Jack Lang et Dominique Strauss-Kahn se retirent, il ne faut pas rêver... Non, poursuit Marc Chevanche, il est peu probable que nos deux hommes cèdent, ne serait-ce qu'en raison de leur égo dilaté. Alors c'est vrai que Ségolène Royal a un avantage : elle ne fait pas campagne, elle s'exprime... En tout cas, analyse Pierre Fréhel dans "Le Républicain Lorrain"... Hier, elle amusait la droite, parce qu'elle mettait le bazar au PS... Aujourd'hui, elle fait peur... Ca promet pour l'Université du PS à La Rochelle le week-end prochain, qui pourrait se transformer en foire d'empoigne publique. Enfin, sur le fond, c'est "L'Humanité" qui se livre à une critique en règle, parlant des "ambiguïtés persistantes de Ségolène Royal"... Accusée de calquer son projet sur la social-démocratie suédoise... Où l'on retrouve le vieil antagonisme entre cette pensée politique et les communistes... Un relent de sociaux-traitres... D'où la leçon qu'en tire notre confrère de "L'Huma", Sébastien Crépel : "Manifestement, l'ancienne ministre de la Famille a encore du chemin à parcourir pour se convertir aux idées de changement, qui, seules, devraient lui permettre de tenir la distance dans la course à l'Elysée". Et voilà qu'au sein de cette galaxie de personnalités politiques au bord de la crise de nerfs, au PS, "Libération" revient sur une déclaration de Jack Lang... Déclaration faite au "Nouvel Observateur", dans lequel l'ancien ministre de la Culture raconte... "J'étais l'autre jour au Festival des Vieilles Charrues... Je suis monté sur scène pour saluer Jamel Debbouze... 50.000 jeunes m'ont applaudi... Ils criaient : 'Jack Président !'. Apparemment, ils ne lisent pas les sondages, se félicite l'homme politique porté en triomphe par les jeunes ce jour-là. Or, précise "Libération", plusieurs lecteurs du "Nouvel Obs" sont tombés de leur chaise, parce qu'ils ont vu le show de Jamel et jurent qu'ils n'ont jamais ovationné Jack Lang, et que d'ailleurs ils ne l'ont jamais vu monter sur scène. Explication, selon "Libé" : exaspéré par la "Ségolomania", Jack Lang a un peu forcé le trait, histoire de rappeler qu'il est le préféré des 15-25 ans. Alors l'intéressé précise : "Mes propos sont à lire comme un raccourci de l'enthousiasme qui m'a accompagné toute cette journée". Moralité : en politique, il faut savoir lire entre les lignes... Surtout en politique-spectacle. Et pendant ce temps, que font les ministres ?... Ils se reposent... Ils sont en vacances, jusqu'à jeudi... Oui, mais un ministre se doit de ne pas être complètement en vacances... Une leçon retenue après le douloureux épisode de la canicule de 2003. Et cette leçon, c'est tout l'art de se reposer en ayant l'air de gouverner... Une méthode éprouvée, dont "Libération" s'amuse aujourd'hui à démonter les mécanismes. Donc, tour d'horizon des petites astuces ministérielles pour rester sur le devant de la scène durant la pause estivale. D'abord, les allers-retours express... Le grand spécialiste, c'est Nicolas Sarkozy, nous explique "Libé". Un petit coup d'hélicoptère ou d'avion, et hop, le tour est joué. Ainsi, la semaine dernière, en ne quittant que quelques heures son lieu de vacances, il a réussi à faire parler de lui pendant deux jours. Un passage à Paris avec une réunion médiatisée Place Beauvau... Réunion consacrée à la lutte antiterroriste... Puis un saut à Londres, sur le même sujet... Mais ce n'est pas tout : le ministre de l'Intérieur est également un as mi-pro mi-perso, comme son déplacement à Rome en juillet pour deux entretiens d'une heure, et deux jours de dolce vita en famille. Un beau reportage-photos aussi, c'est efficace... Et là, c'est Jacques Chirac qui récolte la palme avec, dans "Paris Match", des clichés du Président, qui ne cesse de travailler alors qu'il est à Brégançon... On le voit dans sa résidence d'été, en train de téléphoner ou de lire des notes à son bureau. Il y a aussi la technique toute simple de l'interview, qui répond à ce concept : "Tu ne me vois pas mais tu me lis"... Liban oblige, Jacques Chirac a donné une interview au "Monde", alors que Dominique de Villepin s'est exprimé dans les colonnes du "Journal du Dimanche" le 13 août... Enfin, pour garder une présence médiatique, rien de tel qu'un bon petit communiqué, qui sera bien sûr rédigé à Paris par le cabinet du ministre, qui lui est en vacances ailleurs... Dominique de Villepin et Nicolas Sarkozy, là encore, sont des champions... Pas un mort ne leur échappe... Ainsi, le ministre de l'Intérieur s'est exprimé sur les faits-divers... Alors que le Premier ministre s'est spécialisé dans les bonnes nouvelles, ne laissant pas passer l'occasion de féliciter un vainqueur d'une épreuve sportive, ou de se féliciter du succès du tir d'Ariane-5. La méthode vaut donc jusqu'à jeudi, jour du Conseil des Ministres de la rentrée. La rentrée précisément... Tout à l'heure, nous disions "au nom du père"... Eh bien, maintenant, disons "au nom de l'enfant"... Oui, en son nom... Le billettiste de "La Croix", Alain Rémond, évoque ce matin ce qu'il appelle "l'affaire des cartables". Ca fait des années, effectivement, qu'on dénonce tous ce cartable lourd comme un cheval mort, que nos enfants doivent porter... Et rien n'a changé... Or, ce sont des générations et des générations qui sont ainsi sacrifiées, empêchant la France de collectionner les médailles d'or aux Championnats du Monde d'athlétisme, écrit Alain Rémond... A chaque rentrée, on se plaint, on se lamente, on accuse... Et à la rentrée d'après, tout recommence. Dans neuf mois, aura lieu l'élection d'un nouveau Président de la République... "Alors, je le dis haut et fort... Je voterai pour le candidat qui s'engagera à mettre fin à ce scandale, et surtout qui expliquera comment il s'y prendra pour alléger le poids des cartables". Signé Alain Rémond, dans "La Croix". A bon entendeur... Bonne journée. A demain.

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