C’est un dessin de « JUL ». Il figure en dernière page de « Charlie Hebdo »… … Sous la question « Quelle peine pour les délits sexuels ? », on voit un Nicolas SARKOZY en grande conversation avec ce que l’on suppose être un délinquant sexuel (dégarni, bedonnant, transpirant… T-shirt, pantalon de jogging et chaussures assorties)… Le premier dit au second : « … Vous avez le choix entre la castration chimique… ou l’université d’été du Parti socialiste ». L’hebdomadaire satirique affiche la couleur dès sa page « Une » avec un étalage d’éléphants socialistes croqués par CABU… On reconnaît (en maillot de bain, allongés sur le sable –de La Rochelle, sans doute-) Ségolène ROYAL, Jack LANG, François HOLLANDE, Laurent FABIUS, Henri EMMANUELLI… Le titre qui orne la couverture de « Charlie », le voici : « Après Ingrid BETANCOURT, on voudrait des signes de vie au P.S. ». « GAUCHE : ROYAL DETRONEE » : C’est à la « Une » de « Libération », qui publie un sondage LH2 réalisé le week-end dernier auprès de 1007 personnes en âge de voter… … A la question « A votre avis, qui serait le meilleur leader pour la gauche au cours des années qui viennent », C’est… Dominique STRAUSS-KAHN qui l’emporte devant Ségolène ROYAL (30% pour l’un, 15% pour l’autre). L’ordre est le même qu’à l’issue de la précédente enquête d’opinion de LH2-Libération en juin, mais l’écart se creuse… Neuf points seulement séparaient alors DSK de la candidate malheureuse à l’élection présidentielle… Neuf points contre quinze aujourd’hui. Sous les résultats de ce sondage, « Libé » (qui note la « chute sévère » de Ségolène ROYAL) publie un article de Renaud DELY ; il commence par ces mots : « Gauche, année zéro ». Les Français préfèrent Dominique STRAUSS-KAHN à Ségolène ROYAL pour moderniser la gauche. Et la relève tarde à prendre le relais. Renaud DELY nous rappelle à toutes fins utiles que la présidente de la région Poitou-Charentes recueille toujours le plus grand nombre de suffrages chez les sympathisants socialistes ; elle et son rival font « jeu égal parmi les électeurs de gauche »… « L’ancien ministre de l’Economie n’enregistre un total flatteur que grâce aux électeurs de droite ». Dans son éditorial, Laurent JOFFRIN se demande : « Comment trouver un leader quand on n’a pas de projet ? Mais comment trouver un projet quand on n’a pas de leader ?... Pour le directeur de « Libération », « Tel est le dilemme angoissant devant lequel se trouve la gauche française ». Il achève sa démonstration du jour par un coup de pied dans la fourmilière socialiste au sens le plus large… « Les Français sont censés craindre la mondialisation » écrit-il… « Ils ont pourtant récusé la candidate qui devait les en protéger. Peut-être les avait-on mal compris… Questions dérangeantes ? Mais c’est justement le moment d’être dérangé ». « Peut-on sauver la gauche ? » renchérit, toujours dans « Libération » mais en page « Rebonds », le directeur de recherche à Sciences-Po, André GRJEBINE… A ses yeux, la question, aujourd’hui, est de « savoir si le Parti Socialiste n’est pas en train de suivre la trajectoire du Parti radical, qui, après avoir été au cœur du débat politique (…) a perdu progressivement toute capacité d’impulsion, au point de n’être plus qu’un groupuscule ». Pour Hervé CHABAUD, dans « L’Union de Reims » : « Ce n’est pas en réclamant des commissions d’enquêtes parlementaires, en usant des critiques de principe et en prévoyant un avenir des plus noirs que le PS pourra affirmer sa capacité alternative »… Pour « L’Eclair des Pyrénées », Philippe REINHARD nous prévient : « la grande bagarre entre socialistes va battre son plein à partir des universités d’été de La Rochelle. Il y sera beaucoup question de rénovation, mais aucun des protagonistes du psychodrame socialiste n’est prêt à faire le moindre effort pour sortir le parti de la crise qu’il traverse ». « Le Figaro » publie quant à lui, un entretien que lui a accordé le député-maire socialiste d’Evry, Manuel VALLS. Il égratigne François HOLLANDE et use d’une périphrase pour condamner l’immobilisme de son patron… Manuel VALLS déclare que « Aujourd’hui, les socialistes apparaissent très divisés, alors même que les débats n’ont pas été menés »… « Ce qui nous a nui (souligne-t-il), c’est moins la confrontation que l’absence de volonté de trancher les questions essentielles »… … Manuel VALLS invite ses camarades à « sortir le PS du carcan des courants »… Il dit encore : « Nous pouvons faire un bout de chemin avec la majorité, à condition qu’elle nous entende, sur des sujets qui peuvent faire consensus » (Il cite « les moyens qu’il faut donner à la justice, la lutte contre la criminalité, le dossier de l’immigration ». Avez-vous remarqué combien vos hebdomadaires aiment la plastique estivale de Ségolène ROYAL ???... … On la voit en couverture de « VSD » (petite vignette en bas à gauche). Elle marche dans l’eau, en maillot de bain une-pièce… Près de ce cliché, un titre : « L’été d’une femme blessée ». On la retrouve, souriante, à la « Une » de « Nice-Matin » : « Ségolène se ressource à Saint-Paul-de-Vence ». La légende de la photo me dispensera de vous la décrire (je lis) : « La candidate malheureuse à l’élection présidentielle se détend sur la Côte d’Azur avant de faire sa rentrée politique ce samedi. Elle dînait avant-hier à La Colombe d’Or à Saint-Paul, en compagnie de Bernard-Henri LEVY et Arielle DOMBASLE ». Rapidement, je reviens sur le sondage LH2-Libération dont je vous livrais tout à l’heure les résultats (j’ai oublié un détail)… … A la question « A votre avis, qui serait le meilleur leader pour la gauche au cours des années qui viennent », les Français interrogés ont donc placé sur le podium DSK devant ROYAL… Mais qui occupe la 3e place ?.... Je vous le donne en mille… … C’est Olivier BESANCENOT. Tiens !?!... Vous ne nous parlez pas de Nicolas Sarkozy aujourd’hui ? Je vous sens espiègle, Fabrice !... ... Il est difficile de ne pas vous parler de "l'hyperprésident" (comme le surnomme de plus en plus souvent nos confrères), il est partout (dans les papiers, sur les photos et les dessins de presse). Aujourd'hui, en Bretagne, il assistera aux obsèques du patron-pêcheur dont le bateau a été éperonné par un cargo. La très grande mobilité du chef de l'Etat, son omniprésence, inspirent au dessinateur du « Canard Enchainé », Pancho, cette scène : François Fillon, debout, s'adresse au président de la République assis et lui dit « Des gens se demandent si avant de rentrer, tu n'aurais pas pu faire un petit détour par la Martinique »... Ce à quoi le président de la République répond : « ... comme si je pouvais être partout ». « Il amuse ou il énerve, il étonne ou il désarçonne » commente l'éditorialiste du « Figaro », Yves THREARD sous le titre « SARKOZY face au mépris ». Pour Yves THREARD : « Les mêmes qui n'hésitaient pas à voir en SARKOZY un démago avant son élection, voudraient maintenant le faire passer pour un adepte du coup d'éclat permanent... un mépris qui prouve qu'ils n'ont rien compris au message des électeurs (...) L'omniprésence médiatique est une exigence qu'il impose à l'ensemble de ses ministres (...) On commente la forme, pour souvent la moquer, oubliant qu'elle est étroitement associée au fond de la politique de Nicolas SARKOZY ». Le même journal (Le Figaro) publie ce propos de l'expert en communication, Dominique WOLTON: « En s'exposant ainsi, SARKOZY court-circuite les ministres, et bien sûr le Premier ministre. Sa tactique comporte plusieurs risques, notamment celui de devoir rendre perpétuellement des comptes, même lorsqu'il n'est pas directement concerné ». Comme s'il faisait écho à Dominique WOLTON, Philippe WAUCAMPT, dans « Le Républicain Lorrain », nuance la réflexion du chercheur : « Pour être devenu un pléonasme, l'omniprésence de Nicolas SARKOZY n'en souffre pas moins quelques exceptions... notamment lorsqu'il s'agit d'organiser une retraite élastique sur la délicate question des intérêts d'emprunts immobiliers. Dans ce cas, l'Elysée se rappelle qu'il y a un Premier ministre, assurant par l'exemple, la pérennité d'une fonction sur l'avenir de laquelle commençait à planer de sérieuses interrogations ». Dans Le Monde, François FILLON lui-même, apporte sa petite note à tout cela ; il le fait en quelques mots : « Je l'ai dit et je le répète, le président de la République porte la politique et moi, je la mets en œuvre. Je ne suis pas engagé dans une compétition médiatique avec lui ». Fermez le ban. Le "style SARKOZY", Alain DUHAMEL, dans « Libération », lui donne un nom : « Bonapartisme » (l'art de concilier rupture et consolidation, d'incarner à la fois l'ordre et le changement). « Chez les bonapartistes (nous rappelle Alain DUHAMEL), l'autorité personnelle, la primauté médiatique et la scénographie de la rupture contrôlée ont toujours convergées (...) Nicolas SARKOZY veut instaurer un régime quasi-présidentiel : tradition consulaire. Il engage ses réformes tambour battant, au pas de charge : tropisme consulaire. Il aime convaincre, il veut ouvrir, il parie sur une nouvelle bourgeoisie d'affaires, sur le mérite et sur l'argent : héritage consulaire. Il se forge sa propre idéologie, hypervolontariste, hyperréaliste : un miroir contemporain dans un cadre résolument Empire ». Sous le bicorne de Bonaparte pointait Napoléon... L'empereur, on le dit, aimait "titiller" le lobe de l'oreille de ses grognards les plus valeureux... C'est le pavillon de l'oreille que Nadia VOLF examine quand elle veut établir un diagnostic rapide et sûr de l'état de santé de ses patients. Nadia VOLF, (le "docteur") Nadia VOLF, exerce à Paris près de la place de l'Etoile. Sous le titre « L'acupunctrice qui lisait dans l'oreille du Tout-Paris », Ariane CHEMIN dans « Le Monde », brosse le portrait de cette native de Saint-Pétersbourg, « fin visage slave, accent russe, frêle et blonde dans sa blouse blanche ». Sur sa table d'examen, s'allongent paraît-il quelques « puissants ». L'article cite pêle-mêle, Valéry GISCARD D’ESTAING, Denis OLIVENNES (patron de la FNAC), Johnny HALLYDAY, Didier BARBELIVIEN. Quand BARBELIVIEN est là, vous l'imaginez, Nicolas SARKOZY n'est pas loin. Arianne CHEMIN nous laisse entendre qu'il arrive à Nadia VOLF de "lire dans l'oreille du président"... ... Certains penseront sans doute qu'étant acupunctrice, elle a aussi le privilège de lui planter des aiguilles dans la peau. J'aurais aimé vous parler également de l'illétrisme qui concernerait en France 8% des actifs (vous le lirez dans « Les Echos »), des enfants (1 sur 4) qui ne partent pas en vacances faute de moyens (ça c'est dans « L'Humanité »)... il me manque pour ça un peu de temps. Je ne prendrais donc que deux secondes, pour vous lire en guise de conclusion ce « message personnel » relevé ce matin dans « Libération » : « J'ai mis mon cœur dans une enveloppe rouge pour demain, qui vient, inoubliable ».

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