La revue de presse, bonjour Hélène Jouan

A la Une de la presse évidemment, la disparition de Prince

Une presse pourpre ce matin… La pluie pourpre qui tombe, à la Une du New Yorker..Et tous les jeux de mots imaginables autour de Purple Rain. The Sun en Grande Bretagne osant même jouer de la coïncidence entre l’anniversaire de la Reine hier et la mort du prince, « la fin du règne pourpre »… « Purple Peine », en France pour 20 minutes

« Roi et Rain » pour Libération, qui retrace la carrière de ce « lilliputien mégalo à talonnettes, guitar hero froufroutant, showman funk en rut, visionnaire sonique perfectionniste et paranoïaque, Prince, qui était l’improbable somme des 30 années de musiques qui l’ont précédé ». « Prince à linge » et port-folio sur une pleine page des looks changeants du musicien au fil des années, Prince pourfendeur d’Internet, qui a multiplié les procédures pour que ses chansons n’apparaissent pas sur la toile, et focus sur la rivalité mythologique entre lui et Mickael Jackson. Clément Ghys nous raconte ce tandem de frères ennemis : à peine 3 mois d’écart, nourris des mêmes influences musicales et culturelles, mais ils se haïssaient. Antagonisme à la Coca Versus Pepsi, Sheila versus Vartan, Blur versus Oasis, sauf que là on a affaire à 2 génies narcissiques. Récit de scènes où la haine exhudait : concert de Prince, Mickael Jackson est dans le public, le chanteur de Minneapolis se poste devant lui, basse à la main et joue à quelques centimètres de son visage, comme une gifle symbolique nous dit le journaliste… La jalousie faisait se pâmer Prince devant les succès phénoménaux de Jackson, et ce dernier rêvait de l’aura de virtuose musical du second. Mais au final, nul ne saura jamais dans quelle mesure l’un admirait l’autre. Tiens d’ailleurs, les deux fils de Mickael Jackson ont pour prénom ou surnom Prince. Donne t on vraiment à ses enfants le nom de quelqu’un qu’on méprise ? »

La dernière chanson de son dernier concert, à Atlanta le 14 avril dernier, restera la reprise de « Heroes » de David Bowie…nous révèle Olivier Nuc dans le Figaro

Héros à son tour Prince, parce qu’il avait fait tomber des barrières. Pas noir, pas blanc, ni homme, ni femme, « j’aimerais qu’il n’y ait pas de règles » disait il dans Controversy, « A une époque de repli communautaire, il était finalement logique que prince en vienne à crever, lui le love symbol de cette utopie de la disparition des sexes, des races, des classes et des origines » se désole peggy Sastre sur Slate

Retour en France avec un ministre bien vivant lui, et remuant ! Emmanuel Macron bien sûr

« Gloups », ça ne passe plus du tout les provocs de MAcron…Un poids lourd du gouvernement essaie bien dans le Figaro, de minimiser l’envolée du marcheur MAcron « je me souviens d’avoir connu Coluche candidat, il avait même reçu le soutien d’Yves Montand », mais pour François Hollande, trop c’est trop. Opération recadrage donc de l’élysée hier, Thomas Legrand vous l’a racontée :« je ne me sens pas l’obligé du président » est il écrit dans le Dauphiné, « phrase sortie de son contexte » a argué le ministre », oui, on nous l’a déjà faite celle là…

Au-delà des soubresauts du jour, et de la question posée par presque tous vos éditorialistes ce matin, Macron peut il rester au gouvernement ? Macron est en tout cas déjà le candidat de la presse étrangère. Courrier International nous en livre quelques exemples, de The Economist en Grande bretagne, au Corriere de la Serra en Italie, en passant par le Temps de LAusanne, nos confrères en pincent pour Macron : comparé à Giscard pour les uns, Matteo Renzi pour les autres, il leur sert surtout à fustiger « le misérabilisme ambiant de la politique française » et notre vieux pays objet de « divisions et de sclérose » écrivent ils. « Allié à Juppé » s’emballe même le Süddeutsche Zeitung « ils pourraient faire renaitre la France et l’Europe » s’enthousiasme son journaliste qui conclut par un vibrant « Vive la France » en français dans le texte.

On poursuit Hélène avec quelques nouvelles de la Nuit Debout…

Avec des choses, bizarres, qui s’y déroulent parfois. Camille Bordenet raconte sur le site du Monde, comment dans cette agora où la parole est libre et partagée, c’est l’essence même du mouvement, il y a aussi une commission, une seule, exclusive : la commission Féminismes. D’ailleurs un écriteau prévient « réunion non mixte : meufs et minorités de genre ». En clair, interdit aux hommes. Un quinqua s’énerve et a bien envie de s’installer « si vous rentrez dans une logique d’exclusion, c’est plus Nuit Debout, c’est mort debout » s’emporte t il…les noctambules au féminin tentent de lui expliquer, « la non mixité, c’est pour se retrouver entre personnes socialement dominées et opprimées», elles s’appuient sur une féministe historique Christine Delphy qui rappelle que le mouvement américain pour les droits civiques avait créé des groupes noirs fermés aux blancs…et puis, plaident elle, c’est aussi une façon de se réapproprier l’espace de la place de la République, où 70 à 80% de la prise de parole est masculine…A quelques pas de la commission dont il est exclus, un jeune homme métissé questionne tout de même « est ce qu’on accepterait un groupe de non mixité racisé ou religieuse ? » demande t il…Bonne question

On termine Hélène par un coup de blues, un coup de sang et un coup de cœur

Coup de blues, à lire les témoignages des survivants du dernier naufrage entre la Libye et l’Italie, qui aurait fait au moins 500 victimes. Un éthiopien de 25 ans raconte dans Mediapart« Je me trouvais dans le gros bateau, avec mon bébé de deux mois et ma femme de vingt ans, quand il a commencé à couler, entièrement, et toutes les personnes sont mortes, au milieu de l’océan, au milieu de la nuit »,coup de blues car comment s’habituer à cette tragédie qui menace chaque jour de se reproduire

Coup de sang de Mario Draghi, le patron de la banque centrale européenne qui a remis les allemands à leur place hier. Accusé de plomber les épargnants allemands par sa politique trop laxiste, et même de faire monter l’extrême droite, le président de la BCE a vertement répliqué qu’il était en charge de la politique monétaire de toute la zone euro, et pas de la seule Allemagne, en vertu de l’indépendance de l’institution européenne. Et toc, à l’égard de ceux qui jusque là, avaient toujours défendu bec et ongles la fameuse indépendance de la banque européenne

Et puis coup de cœur pour un anniversaire. Salué par le magazine Transfuge dans son numéro de mai, Dada : le mouvement Dada né il y a 100 ans au Cabaret Voltaire à Zurich qui voulait inventer un autre langage pour remplacer celui qui n’avait abouti qu’à des déclarations de guerre. Tout est bon pour mettre son refus en liberté, poèmes détraqués, collages inouis ou même onomatopées …on relit avec délectation les phrases du Manifeste Dada, « coucher sur un rasoir et sur des puces en rut, faire des gaffes, être idiot, prendre des douches de minutes saintes » « tout acte disait Tzara est un coup de revolver cérébral » …Je propose une commission mixte place de la République pour renouer avec la réjouissance qu’apporte ce langage là

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