Le Monde revisite Ischgl, la station de ski autrichienne, et son bar le Kitzloch, d’où la maladie est partie pour l’Europe. Libération raconte Shuafat, camp palestinien dans Jérusalem, au temps du virus. Le Monde diplomatique constate qu’on a oublié que Sartre est mort il y a 40 ans, et pourtant…

On parle du hasard…

Le  hasard qui vous sauve et pour Gabriel Burgard, ce fut un coup de fatigue le 28 février, quand il n’est pas resté comme les autres vendredis à la répétition de la chorale de Wihr-au-Val, le village dont il est le maire, dans la vallée de Munster et dont la Croix raconte l’histoire. Gabriel est rentré chez lui sans chanter ni boire le petit verre de l’amitié au foyer paroissial, où ce soir-là le covid-19, attentait vers le pupitre des basses, juste à droite du groupe »… 

Et après les choristes, ont été touchés au village 200 personnes au moins, sur 1300 habitants, neuf en sont morts, parmi eux Jean-Paul qui avait 79 ans, « force tranquille » et « boute-en-train discret » de la chorale, et puis André qui était bedeau à l’église, heureusement Marie-Claude qui est alto s’en est sortie, on l’a vu vivante au journal de France 3… 

Mais à quoi ressemblera la première répétition de la chorale, après…

Retiendra-t-on la chorale de Wihr  quand les historiens raconteront le virus comme l’on retiendra le nom d’un bar autrichien, le Kitzloch, au pied des pistes de Ischgl, dans le Tyrol, où jadis après le ski on faisait la fête comme à Wihr en Alsace on chantait,

Les serveuses du Kitzloch sifflaient au milieu de la foule pour qu'on leur fasse de la place et en faisant vibrer leurs sifflets éclaboussaient des fêtards de salive et de virus, et depuis Ischgl les touristes ont répandu la maladie en Finlande au Danemark en Allemagne, 

Le Monde revisite cette histoire qui nous est venue en mars dernier, quand on avait fermé d’abord le bar Kitrzloch puis toute la station… Ischgl est désormais déconfiné, vertige. Cet « Ibiza des Alpes » avait incarné la légèreté ou le cynisme commercial… Mais en même temps, que savait-on, nous en avons appris…

On débat à propos du virus de choses importantes, le Un consacre son numéro au retour des frontières, on leur a toujours prêté un rôle prophylactique. 

Libération me raconte Shuafat prisonnier de trop de frontières. Un camp de réfugié urbanisé de l’Est de, Jérusalem, que les Israeliens considèrent sous leur souveraineté mais en même temps ils ont isolé ce quartier par leur mur de sécurité… 

Quand le Covid-19 est arrivé, israel a d’abord fait fermer un centre de dépistage  dont le matériel venait  l’autorité Palestinienne, mais après l’intervention de la Cour suprême, on apprend à protéger ensemble, Palestiniens et israeliens coopèrent pour la première fois depuis des années: le conflit reviendra quand le virus partira, il se moque des frontières, était-ce  une qualité.

En France, on parle de deuxième vague…

Qui  plane sur le reflux du virus que les Echos illustrent, et viendrait nous ratrapper dans quelques mois puisque nous n’avons pas suffisamment été touchés pour être immunisés, cela fait la Une de la Provence et une certitude de Nice Matin… 

Une interne en médecine qui tient pour l’Express son journal de la maladie nous raconte une vieille dame, arrivée chez elle depuis un Ehpad pour le coronavirus, mais qui souffrait d’une paralysie de la main gauche, et puis, examens faits d’une fracture du col du fémur qui devait dater d’un mois! Dans son Ehpad débordé focalisé sur le seul coronavirus, on avait laissé passer… Nous aurons donc bien une deuxième vague, qui sera l’arrivée en masse de touts les malades toutes les maladies que l’on aura laissé trainer pendant des semaines, par peur de la contagion à l’hôpital ou dans une salle d’attente, pour ne pas déranger…. Mais les maladies n’ont pas cette politesse, on frôlé des catastrophes dans le Cher, où les cabinets des médecins de ville sont vides, me dit le Berry républicain.

Il est une autre vague qui nous frappe déjà, la vague de la faim qui en France saisit les plus pauvres que Mediapart raconte: des parents qui jeûnent depuis des jours, une mère est anémiée qui n’a plus de lait et son bébé boit de la tisane, une autre maman qui demande qu'on lui donne du sel,  elle fait des économies sur tout et le sel coûte 50 centimes.

Et on parle enfin d’un oubli…

Que l’on imputera à la grande crise, mais ce me sera une mauvaise excuse: sur son site internet, le Monde diplomatique accuse:la semaine dernière, le 15 avril, cela a fait quarante ans que Jean-Paul Sartre est mort, qui en a parlé? Et de fait, pas grand-monde, même Libération que pourtant Sartre a fondé s’est contenté de reproduire sur son site une dépêche de l’Ifop sur l’enterrement de Sartre en 1980, l’Obs a remis en ligne des papiers du passé, mais quant à parler de Sartre au présent… Le Diplo, dans son édition de papier, très riche, l’affirme, Sartre est détesté d’avoir été un adversaire du colonialisme, le cruel dénonciateur des illusions françaises. « Quel bavardage : liberté, égalité, fraternité, amour, honneur, patrie, que sais-je ? Cela ne nous empêchait pas de tenir en même temps des discours racistes, sale nègre, sale juif, sale raton… » 

Sur le site de la revue la Règle du jeu, je lis que le confinement nous rend sartriens, puisqu’il s’agit de rester libre et conscients dans une contrainte inédite. Et dans une chronique du Monde, l’écrivaine Camille Laurens nous dit qu’aussi bien que la Peste, l’époque se prête à lire Huis clos et ses personnages enchainés.

L’Obs me raconte comment les commémorations de la Shoah rendue virtuelle nous annoncent le temps où les survivants ne seront plus. 

Slate et le Monde me disent comment sous le virus, par des applications ou en se confinant à deux, certains d’entre nous ont choisi l’amour.

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