Ce qui est bien, en cette période de fêtes, c'est qu'on a droit, à coup sûr, au fameux bêtisier de l'année... Ce qui n'est pas forcément un privilège, d'ailleurs... Le présentateur télé qui se prend les pieds dans les fils, ou qui ne sait plus ce qu'il a à dire... Ca fait longtemps que ça ne nous fait plus rire... Mais là, avec "Le Nouvel Observateur"... On a droit, cette année, à un petit chef-d'oeuvre d'humour vache. Des noms, des paroles, des actes, des ratés, des outrances, du ridicule, du risible ou du scandaleux... A commencer par la rubrique "tête à claque" avec, dans le rôle principal, un certain Christian Vanneste. De ses déclarations sur l'homosexualité qui, pour lui, est "une menace pour la survie de l'humanité", jusqu'à son amendement sur "le rôle positif de la colonisation", le député UMP du Nord est ici récompensé pour sa constance. On trouve aussi, dans la même rubrique "tête à claque", les machos du PS... Hélène Carrère d'Encausse et Nicolas Sarkozy... A qui "Le Nouvel Obs" attribue le Grand Prix du Jury pour ses propos sur la banlieue... D'ailleurs, ce bêtisier est intitulé : "2005 au Kärcher". C'est vrai qu'on a été gâtés, cette année, avec notamment la phrase qui tue... Championne toutes catégories, celle-ci : "Tant que la justice paiera les experts comme des femmes de ménage, elle aura des expertises de femme de ménage"... Signé Jean-Luc Viau : expert psychologue dans l'affaire d'Outreau, pour justifier son travail bâclé. Et puisqu'ici, nous nous intéressons à la presse écrite : évoquons aussi cette phrase qui tue... Elle est de Serge Dassault, propriétaire du "Figaro"... "Je cherche un dessinateur de presse gentil, pour remplacer Jacques Faizant". Et bien sûr, la lepénerie de l'année : "L'Occupation allemande n'a pas été particulièrement inhumaine". Catégorie "ratage" : Paris 2012... Un modèle... Mais aussi le mariage de Charles et Camilla, occulté par l'enterrement de Jean-Paul II... Mauvaise pioche... L'offensive de François Nourrissier pour que Houellebecq obtienne le Prix Goncourt... Ou alors le voyage annulé de Sarko aux Antilles. La rengaine de l'année : "Je ne suis pas candidat"... Lionel Jospin... "Il faut dire la vérité"... Nicolas Sarkozy. Dans le genre "on n'a rien compris" : la phrase "The yes needs the no to win against the no"... Raffarinade de la dernière heure, à deux mois du référendum européen. Et c'est vrai qu'on aura tout eu, cette année, y compris dans la presse... Avec l'arrivée, début juin, du dernier-né des trash magazines, à la couverture rose fluo : 'Closer", que 500.000 lectrices achètent chaque lundi pour y lire des potins de people, bien sûr, mais aussi des "comment j'ai couché avec ma soeur" et "pourquoi ma mère est une prostituée". On se souviendra aussi du meilleur spectacle vivant... A Cannes, au bas des marches : une bretelle un peu molle qui dégringole, et le sein de Sophie qui jaillit et nous affole... Spectacle délicieux mais un peu inutile... Parce que, de toute façon... Le sein caché ou invisible... Sophie reste la plus belle. Il y a enfin le rôle de grand méchant loup, attribué cette année à l'Africain polygame, l'émeutier connu des services de police, le jeune de banlieue, le violeur récidiviste, la cellule dormante islamiste, le textile chinois... Et bien sûr... le plombier polonais... Celui qui, nous disait-on, menaçait 1 million d'emplois en France... En quelques semaines, il a remplacé le Turc au Café du Commerce : il est devenu la tête de Turc de tous les angoissés ou victimes de la mondialisation. Voilà pour le fantasme... Voici maintenant la réalité du travailleur polonais en France... Ca se passe à Thonon-les-Bains, en Haute-Savoie... Et c'est "L'Humanité" qui nous en parle... Thonon où, depuis plus de deux mois, une trentaine d'ouvriers polonais, qui travaillent à la construction du tribunal, ne sont pas payés. "Palais d'injustice", titre "L'Huma"... Avec, pour maître d'ouvrage, la Chancellerie... Et, pour opérateur, Dumez... qui l'a sous-traité à une PME française... qui elle-même l'a sous-traité à une PME allemande... Et depuis, les entreprises se renvoient les Polonais qui attendent toujours leur salaire. On leur avait pourtant promis monts et merveilles : venez travaillez en France, jusqu'à Noël, sur un chantier où vous serez bien payés... Or, en guise d'Eldorado, ils se retrouvent sans le sou et dans des conditions de logement insalubres... Mais ça, c'est depuis le début... On ne leur avait pas dit, bien sûr. En tout cas, on souhaite bon courage à l'Inspection du travail, car une plainte a été déposée... Mais, comme nous l'explique "L'Humanité"... Ces ouvriers sont déclarés artisans en Allemagne... Alors que ce sont des ouvriers... polonais... qui travaillent en France... Même chose pour récupérer les salaires dus... Ca va pas être facile. Et puis cette précision : lors de la pose de la premiere pierre du nouveau tribunal, le Garde des Sceaux avait parlé du "besoin d'optimiser l'exercice de la justice"... L'endroit est tout trouvé. Comme vous le prédisiez hier, Stéphane PAOLI, en nous annonçant la nouvelle... Effectivement, la presse parle beaucoup des négociations sur le renouvellement de l'assurance-chômage... Que "Les Echos" considèrent comme une forte pression sur le patronat... Alors que "L'Humanité" estime qu'on va vers moins de chômeurs indemnisés, et moins longtemps... Pour le journal communiste, la pression, elle est donc du côté des demandeurs d'emploi... Alors que "France Soir" s'interroge... "Chômage : qui va payer ?", demande ce journal, qui précise que même si les négociations aboutissent, il faudra bien réformer un système en faillite. Oui, l'assurance-chômage est à bout de souffle, écrit de son côté "Libération"... L'UNEDIC est une assurance, mais pour assurer sa maison, encore faut-il en avoir une... De toute façon, répond Jacques Camus dans "La République du Centre"... Là où des pays ont réduit les droits des chômeurs, la France, une fois de plus, s'accroche à un modèle en faillite... Plutôt que de contribuer à offrir d'incertaines béquilles aux chômeurs, poursuit Camus, mieux vaudrait mettre en place des démarches dynamiques de retour vers l'emploi. C'est un pays moderne... Tout près de chez nous... C'est l'Angleterre... Où, grâce à la loi d'union civile, 700 couples homosexuels se sont unis hier... Un événement dont "Libération" fait son dossier principal aujourd'hui... Avec, en Une, la photo du couple que forment Elton John et son compagnon David Furnish... Symbole de cette liberté accordée à tous les homosexuels outre-Manche... Illustration de cette "brit attitude"... Sorte de pudding de traditions et de transgressions... De liberté et de conformité... En la matière, Elton John et son pays fusionnent... Ils sont les deux visages d'une modernité à laquelle la France ne s'est toujours pas convertie. Tant mieux, semble dire "Le Figaro", puisqu'il titre, à propos d'Elton John et de son compagnon : "Les mariés étaient en noir"... Tant pis, estime au contraire Jean-Christophe Giesbert dans "La Dépêche du Midi"... La France est toujours sous le joug de la morale judéo-chrétienne, pour qui l'homosexualité relève d'une anomalie de la nature... Oui, ajoute Bernard Revel dans "L'Indépendant du Midi", la France regarde les pays voisins autoriser, les uns après les autres, les unions homosexuelles, sans oser suivre le mouvement... Mais tôt ou tard, elle sera bien obligée d'y venir. Oui, TSS comme "Tout Sauf Sarkozy"... "Le Figaro" consacre une page, aujourd'hui, à la défense du président de l'UMP... Ce qui, mécaniquement, est une attaque contre ce que le journal appelle "la frange du monde du spectacle qui ne cesse de prendre violemment à partie le ministre de l'Intérieur. Yannick Noah et son "S'il passe, je me casse"... Mais aussi Jamel Debbouze, Luc Besson, Joey Starr... Ils ont dit ce qu'ils pensaient de Nicolas Sarkozy... "Ils se comportent comme les stalino-trotskistes de jadis", estime le politologue Pierre-André Taguieff, qui s'exprime dans les colonnes du "Figaro"... Ce que l'éditorialiste Alexis Brézet traduit de cette façon : "Ce n'est plus une mode, c'est une épidémie"... "Impossible d'allumer une télévision ou un poste de radio, se lamente notre confrère, sans tomber sur un chanteur engagé, un comédien citoyen, un sportif concerné, un animateur impertinent, qui ne crie haro sur le ministre de l'Intérieur, et ne jure, la main sur le coeur, qu'il est prêt à tout pour lui barrer la route de l'Elysée... Pour les figurants du petit théâtre parisien, Nicolas Sarkozy est devenu le méchant emblématique... Celui qu'il est de bon ton d'injurier, entre une chansonnette et la promo d'un DVD", poursuit notre confrère. Mais vous allez voir ce que vous allez voir, poursuit "Le Figaro"... Une partie du show-biz prépare la réplique... D'abord, les amis historiques que sont Christian Clavier, Jean Reno et Didier Barbelivien... Et puis les nouveaux venus, parmi lesquels Monica Belluci, Jean-Marie Bigard, Alain Delon et Gérard Depardieu... Car il n'est pas question, pour Nicolas Sarkozy, qui se considère comme l'un d'entre eux, de tirer un trait sur le show-biz, nous explique "Le Figaro"... Et il paraît qu'on n'a pas tout vu... Une liste de vedettes se constitue actuellement... Des stars qui, le jour J, feront leur outing en faveur du patron de l'UMP. En attendant, on bombe le torse, chez les amis de Nicolas Sarkozy... Et on ose même cette comparaison : "En 2004, tout Hollywood s'était déchaîné contre Bush... On connaît le résultat". On va terminer comme on a commencé... Par un petit bout de bêtisier... C'est dans "Gala"... Car il se trouve que le magazine de l'actualité des gens célèbres, comme il se définit, publie une double page sur l'interrogatoire subi par le prince Charles... "Cuisiné par Scotland Yard", nous dit "Gala", qui s'en émeut... Et qui révèle qu'à la question du policier : "Sir, avez-vous, oui ou non, comploté pour tuer votre femme ?", le prince a farouchement nié. Ben oui... Vous imaginez la réponse à la question : "Avez-vous fait tuer votre femme ?"... "Oui, bien sûr... "Fallait bien que je me marie tranquillement avec Camilla". Bonne journée... A demain...

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