Le spationaute, Thomas Pesquet ou le marin François Gabart, qui se partagent les unes de Match, du supplément des Echos et même de Libération... dont François Gabart est le rédacteur en chef.

 "Les étrangers nous prennent pour des fous mais ils sont admiratifs", dit-il... Il nous faut ces héros nous confirmer heureux, quand The Economist désigne la France "pays de l'année"... ou quand l'Usine nouvelle, méticuleusement, décrit une France où l'on crée à nouveau des usines, 104 cette année et une par une,  elles témoignent d'un espoir... 

Mais... s'il nous faut des héros, c'est Marianne qui domine le marché, avec un numéro spécial sur le Panache français, que le bon roi Henri IV inventa

Et c'est une narration pour enfants du temps jadis, on lira Marianne en culotte courte en croquant du chocolat sous le sapin de Noel et en rêvant à Surcouf, corsaire de l'empereur, qui avec une poignée de farouches arraisonnait des géants anglais...   

Il y a du monde dans Marianne, Cyrano, Valmy, Gavroche Belmondo,  Descartes et Debussy, et les footballeurs vaincus à Séville en 1982... 

Mais l'innocence n'est jamais totalement innocente, et singulièrement dans un journal patriote, Marianne qui veut éduquer. Le panache lisse l'idéologie ou la passe en contrebande. On trouve ainsi à quelques pages d’un article sur le réseau Janson, qui aidait les indépendantistes algériens, un éloge très bien écrit de ces soldats parachutés dans la cuvette de Dien Bien Phu en 1954... Dien Bien Phu, ce fut la défaite ultime du colonialisme français en Indochine, et cette bataille est mise sur le même plan que l'épopée du commando Kieffer qui débarquait en Normandie?  Une histoire de courage et de copains qu'on n'abandonne pas?

Mais le ton de l'article fait résonner une culture.  

Le « mal jaune», ils l'ont tous eu. Parachutistes, légionnaires, fantassins, ils l'ont tous ramené. Du moins pour ceux qui qui n'ont pas été tués dans une rizière ou affamés dans les camps viets. Cette fascination de l'Asie, des odeurs et de la mousson....

Et ainsi se chante la nostalgie coloniale, au premier degré, sous le panache... 

Et les femmes, il y en a quand même dans cette encyclopédie du panache? 

Il y en a... Mais quatre fois moins et d'une manière étrange...  Marianne célèbre Henriette Caillaux, épouse du ministre des finances Joseph Caillaux, entrée dans l'histoire pour avoir abattu le 16 mars 1914 le directeur du Figaro Gaston Calmette, qui menait campagne contre son mari... mais Henriette avait peur que le figaro révèle qu'elle avait été la maitresse de Caillaux avant de devenir sa légitime épouse... 

Est-ce du panache, ou la servitude mentale des femmes... On a aussi dans Marianne Olympes de Gouges féministe guillotinée sous la terreur, ou Louise Michel, l'institutrice la commune, mais elles illustrent moins le panache, cette fantaisie de garçons qui se battent en duel, que la dureté des longs combats...

Les femmes n'ont guère le temps de la gratuité...

On trouve des femmes dans cette urgence dans le Parisien aujourd'hui en France, qui titre sur la révolte des lycéennes. Ces  jeunes qui ont bloqué le lycée Camille Pissarro de Pontoise, pour protester contre le harcèlement sexuel  emmenés par une femme debout de 18 ans prénommée Shanley, et le visage, en piercing, de ces filles qui ne veulent plus qu'on les traite de putes...

C'est une longue marche que la dignité

M , le magazine du Monde revient sur cette année charnière, 2017, qui ne se résume pas à l'affaire Weinstein... C'est un bon dossier sur des décennies de combats que l'on n'entendait pas..... M raconte...le 22 mai 1980, quand Cécile Goldet, une parmi les 7 sénatrices de l'époque, avait décrit le quotidien des femmes agressées dans les transports en commun.  Elle disait ceci : "Ce qui est étrange d'ailleurs, c'est q e l'homme qui prend plaisir à mouler sa main sur l'arrondi d'une fesse croit souvent rendre hommage à cette forme agréable, pendant que sa voisine apeurée et honteuse tente en vain de lui échapper." Elle s'appelait Cécile Goldet, elle vit toujours, la peur et la honte ont-elles disparu ?

En France, on commente. 

Ailleurs la presse mène un combat, sans attendre que des femmes nous offrent leur courage... 

Aux Etats Unis, un site spécialisé dans la gastronomie, Eater, vient de faire tomber un chef vedette, Mario Batali, dénoncé par d'anciennes employées dont il agrippait la poitrine...

Et il y a trois jours, le New York times, vous pouvez aller regarder ce reportage superbe sur internet, racontait les décennies d'humiliation des ouvrières de Ford à Chicago, où elles cherchaient des bons salaires et une culture syndicale forte, et furent accueillies comme de la "viande fraiche"... 

Elles ont superbes en noir et blanc, on entend la voix Myoshi Morris qui dit, "j'ai couché avec lui parce que j'avais besoin de mon boulot...

Ford s'est excusé après l'article du New York Times...

Et quelques disputes dans la presse régionale

Qui chacune révèlent des fractures dans un pays qui va mieux, mais...

Sud Ouest raconte un village du Lot et Garonne, Miramont de Guyenne, où le maire voulait attribuer une rue à un notable nommé par le régime de Vichy... et ainsi le passé ne passe pas...

La Provence raconte les disputes des savonniers de Marseille, en quête d'une appellation d'origine contrôlée mais qui se divisent sur un point essentiel : le savons, né d'huiles essentielles doit il être pur de colorants et parfums... 

 Midi libre raconte la colère des professions médicales à Narbonne, qui n'auront plus le droit de stationner gratuitement... en ville, il faut bien dynamiser le commerce et que l'on circule...

Je lis aussi, dans le même journal... L'évêque de l'Aude, Mgr Planet, s'insurge contre la chasse aux déboutés du droit d’asile. 

Il dit aussi, Mgr Planet. « A ces migrants, à ceux qui les accueillent mais aussi à tous les hommes qui cherchent la paix, nous souhaitons un joyeux Noël ! ».

Du panache...

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