Surtout ne pas choquer... Ne pas alimenter d'inutiles polémiques. De l'antisémitisme dans le crime sadique dont a été victime Ilan ? Mais non : la France n'est pas un pays antisémite, clame Hervé Cannet dans "La République du Centre-Ouest"... Par exemple... Et seulement à titre d'exemple... Car aujourd'hui, une partie de la presse s'est convertie à cette extrême prudence, théorisée hier par le ministre de l'Intérieur... "S'il y a de l'antisémitisme dans cette affaire, il s'agit d'un antisémitisme par amalgame". Surtout, ne pas mettre de l'huile sur le feu... Ne pas se laisser emporter par l'émotion, l'indignation, qui révèlent peut-être les angoisses d'une société française qui devrait sagement laisser l'affaire là où elle est aujourd'hui... Au rang du fait-divers... Ecrit Jean-Marie Gautier dans "Le Havre Presse". Bref, cachez cet antisémitisme que je ne saurais voir... Idée développée notamment, dans "L'Humanité", par l'historienne Esther Benbassa, qui déclare : "C'est trop facile de faire de cet acte un acte antisémite. Il ne faut pas que ce fait tragique soit instrumentalisé"... Esther Benbassa évoquant en l'occurrence le conflit israélo-palestinien. Alors faut-il voir dans cette façon de marcher sur les oeufs la crainte de jeter l'opprobe sur une communauté qu'il conviendrait, nous disent les belles âmes du politiquement correct, de ménager... après l'affaire des caricatures ? Serge Faubert s'interroge, dans "France Soir"... Et pose la question, que pose selon lui le meurtre d'Ilan : "Où commence l'antisémitisme ?". Réponse : les voyous étaient mus par le seul appât du gain, mais ils ont choisi leurs cibles en fonction d'un cliché qui a la peau dure : celui du Juif forcément fortuné. En résumé, et en une phrase : selon Serge Faubert, c'est l'argent qui intéressait les meurtriers, pas le Juif. "La dérive d'une bande", titre "Libération"... Une bande qui, effectivement, n'avait pas de théorie élaborée de l'antisémitisme... Mais l'antisémitisme se passe fort bien des vaticinations délirantes auxquelles il peut être lié, écrit Gérard Dupuy... Il est compatible avec le degré zéro de la pensée... Ce dont le procureur crédite effectivement les suspects... Et, du reste, rappelons que les juges d'instruction, eux, retiennent bel et bien le mobile antisémite. Côté enquête maintenant... "Le Figaro" nous explique comment les enquêteurs commencent à cerner les rôles au sein du gang, et les complicités dans la cité... Information développée également par "Le Parisien", sous le titre : "Les gens savaient"... Trop de témoins se sont tus, affirme le journal... "Un silence terrifiant régnait dans la cité de Bagneux", écrit Jean-Marc Ducos... "Personne n'a eu pitié", se lamente Yaël, l'une des deux soeurs de la victime, qui, pour la première fois, s'exprime... "Les voisins ou les parents ont forcément entendu parler d'enlèvement, mais personne n'a bougé", dit-elle... "Ce n'est pas humain", reprend sa soeur Anne-Laure... "Ceux qui se sont tus sont aussi responsables que ceux qui ont directement participé aux faits". Un désespoir illustré par le dessin publié dans "Le Parisien", qui évidemment n'a aucune vocation à faire sourire... On y voit deux policiers interroger deux jeunes de banlieue... "Y a-t-il de l'antisémitisme ici ?", demandent les agents... "Heu"... répond le premier jeune... "Si tu parles, t'es une balance", lui dit l'autre, menaçant. Restons avec "Le Parisien", qui révèle la première condamnation des Prudhommes concernant un "contrat nouvelle embauche"... Une PME a été condamnée pour rupture abusive. C'est l'histoire de Philippe, 51 ans, embauché en mai, d'abord en CDI... Mais un mois après, son employeur décide de renouveler sa période d'essai jusqu'au 6 août... Or, le même jour, il se voit proposer un autre contrat, cette fois en CNE. Et le 31 août, il est remercié purement et simplement, sans aucun motif, comme le prévoit le CNE. "J'ai servi de bouche-trou pendant les vacances", explique le salarié... Oui, confirment les Prudhommes : le CNE est destiné à favoriser de nouvelles embauches... Il ne doit pas être utilisé dans le seul but de précariser un salarié. Montant de la facture, pour l'entreprise : 17.500 euros de dommages et intérêts. Nicolas Sarkozy dans "Le Figaro"... En candidat à la Présidentielle, qu'il ne se cache pas d'être... Le ministre de l'Intérieur nous parle "école" aujourd'hui. "Mon projet contre l'échec scolaire"... "Il faut aider les individus plutôt que subventionner les ZEP", estime le président de l'UMP... Qui souhaite, par ailleurs, réorienter la médecine scolaire vers les enfants à problèmes, et qui propose de différencier les rémunérations des enseignants. En résumé : "celui qui fait le plus d'heures, et qui va au contact des élèves les plus difficiles, doit être mieux payé", estime Nicolas Sarkozy. Tout à l'heure, je vous parlais de l'éditorial de Serge Faubert, dans "France Soir"... Autour du drame de Bagneux... Il évoquait le cliché des Juifs forcément fortunés... Représentation qui appartient, selon lui, au florilège de la connerie nationale, au même titre que l'Asiatique fourbe et cruel, l'Arabe paresseux, ou le Noir qui a la danse dans le sang, sans oublier la pilosité portugaise, ou l'homosexualité anglaise. Il n'y a pas que du génie sous le béret. Et le Russe alors ?... Eh bien, le Russe, il se cherche. Là, je ne sais pas si nous sommes dans le cliché ou la tendance sociologique... Mais il se trouve que Vladimir Poutine a décrété deux jours fériés pour fêter la masculinité déclinante. Demain, en effet, c'est la Fête des Hommes, "qui ont bien besoin qu'on redore leur blason, tant ils passent toujours pour des ivrognes, affalés devant la télé, prêts à sauter sur toutes les femmes qui se présentent", note Artemi Troitski, l'ancien rédacteur en chef du "Playboy" russe... "L'alternative moderne étant l'homme d'affaires, obsédé par son travail et son club de fitness... Je ne sais pas ce qui est le pire", conclut Troitski. "Le trait marquant de l'homme russe, reprend l'ancien rédacteur en chef du magazine russe 'Maxim', c'est le côté bagarreur... En Russie, dit-il, les chances de recevoir un coup de poing dans la gueule ou une balle dans le ventre sont plus élevées que dans d'autres pays civilisés... Disons que l'écart entre la discussion et la bagarre physique est plus réduit qu'ailleurs". Alors, les autorités de Moscou tentent de faire changer les choses... D'où ces deux jours de Fête de l'Homme... L'homme russe en mal de reconnaissance... Peut-être de quoi alimenter quelques clichés. On en apprend de bien bonnes, ce matin, avec "Libération". "Le Gri-gri international", journal satirique panafricain, n'est jamais arrivé entre les mains des 577 députés auxquels il était adressé hier. Il se trouve que la questure de l'Assemblée a refusé de le distribuer, parce qu'elle a considéré que la caricature, en Une, représentait le Président de façon injurieuse. La caricature : c'est un Jacques Chirac représenté en short et chemise à fleurs, aux côtés d'un Sarkozy en forme de poupée vaudou transpercée d'aiguilles. Décidément, la caricature vit des jours difficiles en ce moment. Oui, c'est "Le Parisien" qui a enquête au standard "Info grippe aviaire"... 0825.302.302... 7.000 questions par jour... La moitié concerne la conduite à tenir avec les oiseaux, morts ou vifs... Un quart tourne autour des risques alimentaires... Et le dernier quart, des dangers encourus non pas par l'homme, mais par les chiens et les chats. Peit florilège... "Comment nettoyer la fiente de pigeons sur ma voiture ?"... "Est-ce que je peux continuer à manger de la mayonnaise ?"... "Mon chat peut-il contracter la grippe aviaire ?"... "Je me sens grippé après avoir touché un héron mort... Est-ce que c'est grave ?"... Ou encore : "Est-ce que je peux cuisiner les perdreaux que mon ami chasseur m'a offerts ?"... Quant au "Canard Enchaîné", autant vous dire qu'il n'a pas laissé passer l'occasion de nous faire rire... Ben oui... Quand on s'appelle "Le Canard", on mérite une certaine attitude, dès lors que l'on parle de la grippe aviaire... Ainsi, chaque numéro vendu en kiosque aujourd'hui est-il estampillé d'un visa sanitaire, sur lequel on peut lire : "Les services vétérinaires du journal certifient que les exemplaires du 'Canard' ont été dûment vaccinés, un par un, contre le virus de la grippe aviaire". Et c'est donc en volatile responsable que "Le Canard", lui aussi, a composé le 0825.302.302... Et a jeté son dévolu sur une pauvre conseillère, victime, vous allez le voir, de son immense sérieux. "Le Canard" : "Bonjour madame... Nous avons un canard chez nous... Que faut-il faire ?"... Réponse : "Le confiner". "C'est-à-dire ?"... "Eh bien, vous le mettez dans un local, mais surtout pas à l'extérieur"... "Oui, mais nous, nous le sortons tous les mercredi"... "Eh bien, si vous le sortez tous les mercredi, vous restez bien à côté, surtout !"... "Oui, mais c'est un canard enchaîné"... "Comment ça, enchaîné ?"... "Eh bien, c'est un canard qui est enchaîné"... "Oui, mais logiquement, il doit rester confiné"... "Bon... Et ça va durer jusqu'à quand ?"... "Jusqu'à nouvel ordre, monsieur". Voilà comment, après ces sages recommandations, "Le Canard" a décidé de sortir, comme d'habitude... On est passé tout près de la pire des punitions : un confiné de canard. Bonne journée !... A demain !...

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