De l'oeuf et de la poule, qui était là le premier ?... Vous connaissez cette fausse question... Eh bien ce matin, elle se pose sur les sondages... Parce que "les sondages ne sont pas seulement une photographie de l'opinion... Ils jouent sur cette opinion"... C'est Jean-Marcel Bouguereau, dans La République des Pyrénées, qui s'interroge sur l'opinion qui fait les sondages, ou les sondages qui font l'opinion... L'oeuf et la poule donc... Et Bouguereau a compté... "Encore 10 semaines de campagne jusqu'au premier tour... Et avec un peu plus d'un sondage par jour, ça en fait entre 70 et 80... 80 sondages tous différents... et qui donc ne mesurent qu'une chose : la volatilité de l'électorat"... Ce qui est sûr, c'est que "la valse des sondages déboussole la campagne"... C'est le titre du Monde... et que ces sondages sont accusés de "parasiter la campagne"... Pour tenter d'y voir clair... Le Nouvel Observateur est allé cette semaine "dans les cuisines des sondeurs"... Avec ce constat... Tous les coups de théâtre restent possibles... D'abord parce que les sondages... on ne le répète jamais assez... sont un instantané... Ca marche pour le vote de dimanche prochain, mais pas pour celui dans 10 semaines... Et puis il ne faut jamais oublier que tant que ce personnage étrange qu'on nomme un électeur n'a pas déposé son bulletin dans l'urne, il peut toujours changer d'avis... Ben oui, ça sert à ça aussi, une campagne électorale... Alors dans les échos de campagne du Nouvel Obs... une rencontre avec Monsieur X... Monsieur X, il fait des sondages au téléphone pour un institut réputé... Alors il a l'habitude qu'on lui raccroche au nez... Ca arrive d'ailleurs de plus en plus souvent... Mais le problème aujourd'hui, raconte-t-il... c'est la nouvelle génération de sondés... Des gens qui acceptent de répondre... mais qui font des réponses incohérentes... Et quand on leur fait remarquer, explique Monsieur X... eh bien, ils ricanent avec insolence... "Oui, c'est vrai, je change d'avis toutes les deux minutes... On a le droit non ?... Les politiques sont bien payés pour ça !"... Ou bien encore... "Vous nous manipulez depuis des années... Alors nous aussi, on s'y met... Vous fabriquez des questions selon vos intérêts... Nous, on fait pareil avec les réponses"... Le Nouvel Obs qui dénonce trois idées fausses sur les sondages... "Non, la marge d'erreur n'est pas de 2%... Non, les sondages ne se plantent pas tout le temps... Et non, ils ne sont pas bidonnés"... Ce qui est vrai, en revanche, c'est que pour plein de raisons... la méfiance des électeurs... la dissimulation volontaire d'une opinion... la montée de l'abstentionnisme... eh bien, les données recueillies sont de moins en moins fiables... Et puis de toute façon... "à chaque sondage, qu'est-ce que nous pouvons entendre comme analyses savantes !... autant d'analyses qui seront oubliées lorsque tombera le verdict du 6 mai"... C'est Bernard Revel, dans L'Indépendant du Midi, qui remet les choses en place... "Ce qui importe par dessus tout, écrit-il, ce sont les millions d'électeurs qui observent, écoutent, réfléchissent, et savent qu'au moment voulu, ils auront le dernier mot"... Oui, "tout est loin d'être joué", confirme Hervé Chabaud dans L'Union... "surtout lorsqu'on sait que la mémoire d'une campagne, par les électeurs, ne dépasse pas 40 jours, et qu'il en reste 60"... Alors les électeurs, où en sont-ils ?... Eh bien d'abord... "la campagne les gagne"... C'est la Une de La Dépêche du Midi, ce matin... La Dépêche qui constate que "loin de bouder le débat, qui engage notre pays pour 5 ans, les électeurs se l'approprient par tous les moyens... L'interactivité dans la presse ou à la télévision s'est imposée... une évolution somme toute rassurante", selon le journal toulousain... "Le candidat descend dans l'arène... non pas pour y être dévoré, mais pour échanger sans tabous... Le débat perd peut-être en hauteur, mais il gagne en passions... Et du coup, les intentions de participation au premier tour sont supérieures de 10 points par rapport à la même époque de 2002"... Alors l'éditorialiste de La Dépêche du Midi s'enthousiaste... "Oui, la politique est de retour... Ils sont bien conscients que les marges de manoeuvre de celui ou celle qui présidera aux destinées de la France sont réduites... Aussi veulent-ils savoir comment il ou elle cultivera les sillons de l'économie et du social dans le champ du possible... Et finalement, peu leur chaut du déclin de la francophonie ou du recul de la France en Afrique"... C'est vrai que la politique internationale n'a pas l'air de faire recette dans la campagne... L'édition française de Foreign Policy en fait le constat... Et du coup, ressuscite Talleyrand... Alors d'accord, concède le bimestriel... "Talleyrand est un personnage ambigu, qui a des détracteurs... Mais "le prince des diplomates" reste dans l'imaginaire des Français le plus brillant de nos ministres des Affaires étrangères"... Bien sûr, la situation de la France en 2007 n'est pas celle de 1814... Mais ressusciter Talleyrand, c'est retrouver une intelligence et une finesse que louèrent même ses ennemis les plus farouches... Le premier conseil de ce Talleyrand ressuscité... "Lorsque l'on discute du rôle de la France dans le monde, il ne faut pas laisser la question aux mains des autres, mais s'en saisir fermement... imposer sa présence et son ambition"... "Il convient de se retrancher derrière des principes... C'est comme cela que l'on acquiert de la légitimité... Le droit de conquête, aujourd'hui, est passé du champ militaire à celui de l'économie... Et l'Europe, par exemple, devrait faire preuve de plus de conviction pour s'opposer au chantage russe sur le gaz"... Dernier conseil du "prince des diplomates"... "Ne pas oublier d'accorder de l'importance aux symboles... C'est ça que l'opinion garde en mémoire... Sans compter que les princes et les souverains y sont aussi sensibles"... Alors puisque le Zambèze intéresse a priori moins que la Corrèze... Retour dans l'Hexagone... Le Parisien-Aujourd'hui en France inaugure ce matin un feuilleton hebdomadaire... "De Dunkerque à Perpignan : la campagne vue par les Français"... A 10 semaines de l'élection, 10 épisodes... Et le premier, ce matin, s'arrête dans le Pas-de-Calais... Rencontre avec Franck... patron du Syndicat des dockers à Dunkerque... Il suit attentivement la campagne... "Nous, les dockers, sommes communistes de tradition, explique-t-il... Mais nous ne sommes arrivés à rien"... Pas très loin, à Grande-Synthe... les journalistes du Parisien ont croisé Geoffroy et Natacha... 26 ans tous les deux... 2 enfants... Lui est soudeur, elle mère au foyer... Dans leur HLM de Graveline, la vie chère est au premier rang de leurs préoccupations... Natacha ne sait pas pour qui elle ira voter... Mais ce qu'elle sait en revanche, c'est que "avant, avec 200 francs, on faisait beaucoup de choses... Aujourd'hui, avec 30 euros, on ne va pas loin"... A l'autre bout du département... à Waziers, pas très loin de Douai... Françoise, 40 ans, n'a jamais vu Paris, ni même Lille... Son quotidien de famille monoparentale ne lui permet pas de voyager... A Waziers, le taux de chômage est de 22,30%... Françoise ne fait pas partie des plus malheureux.... Elle est auxiliaire de vie auprès de deux personnes âgées... 10 heures par semaine... 300 euros par mois... La campagne électorale lui passe un peu au-dessus de la tête... Quand on lui demande son avis sur l'une des propositions de Nicolas Sarkozy : "travailler plus pour gagner plus", elle s'énerve... "Mais moi, j'aimerais bien travailler 35 heures !"... Le travail qui ne paie plus... Le déclassement salarial devenu massif... Les 7 millions de personnes qui vivent en France avec moins de 774 euros par mois... C'est l'un des thèmes du hors-série de Télérama consacré à l'égalité... Deuxième volet de la trilogie, en fait, de Télérama... après le hors-série "Liberté" le mois dernier, c'est donc "Egalité" qui vient de paraître... Avec cette question en Une... "Quelle égalité voulons-nous ?"... Egalité entre les races, entre les sexes, entre l'élite et le peuple... A quel monde plus juste rêvons-nous ?... Quelles différences voulons-nous pourtant voir reconnues ?... Des historiens, des philosophes, des sociologues, des scientifiques tendent de répondre à ces questions... Des personnes engagées également... Henri Leclerc par exemple, l'ancien président de la Ligue des droits de l'homme... Lui, il fustige l'expression "égalité des chances"... Il explique qu'elle installe l'idée que la société ne peut être vécue que sur un mode concurrentiel, où chacun tente de l'emporter sur son voisin... Cette égalité des chances, "ce n'est pas mon idée de l'égalité", dit-il... L'égalité, c'est, des trois mots de la devise française, celui que les Français trouvent aujourd'hui le plus menacé, rappelle Télérama... Et pourtant... là, c'est Tocqueville qui le disait... "l'égalité, c'est une passion française"...

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