C'est un sondage... 72% des Français pessimistes sur la situation économique... Un sondage BVA, que Les Echos publie ce matin... Mais au-delà des chiffres d'un sondage, les explications se retrouvent dans beaucoup de journaux ce matin... Dans Le Monde d'abord... "L'emploi progresse, mais les prix s'envolent"... Parce que, constate le journal, "les 300.000 créations d'emplois de 2007 n'atténuent pas le malaise social"... Et, en illustration, ce dessin de Plantu... Un ouvrier, salopette et casquette, brandit une pancarte : "A bas Sarkozy !"... Seconde vignette : le chef de l'Etat tape sur l'épaule du manifestant : "Vous avez vu : les emplois, ça va beaucoup mieux"... Et la conclusion : toujours le même ouvrier... brandissant sa pancarte : "A bas Sarkozy quand même !"... Il faut dire que les perspectives ne sont guère réjouissantes... Le Républicain Lorrain prévient ainsi : "Flambée des prix : ça va durer"... et explique : "Sur un an, l'inflation a progressé de 2,8%... Cette flambée jamais atteinte est due essentiellement au prix de l'énergie et de l'alimentation... deux secteurs où la valse des étiquettes n'est pas près de se calmer"... Et le malaise vient de là, pour Jérôme Arnoux dans L'Alsace... "On avait pris l'habitude de se ruiner pour rouler, pour se chauffer... Mais désormais, il faut aussi se ruiner pour se nourrir... Et du coup, constate l'éditorialiste, ce n'est plus travailler plus pour gagner plus, non... C'est travailler plus pour joindre les deux bouts"... Alors le pire n'est jamais sûr... Mais quand même, il y a des signes qui ne trompent pas... C'est, en gros, ce qu'écrit Jean-Marcel Bouguereau dans La République des Pyrénées... en constatant que l'or monte... Et ça, explique l'éditorialiste, eh bien c'est mauvais signe... "Quand l'or monte, c'est que les investisseurs craignent comme la peste l'inflation... Car l'inflation, eh bien c'est moins de pouvoir d'achat... donc moins de consommation... donc moins de croissance... Et le pire des scénarios se fait jour pour le commentateur : à savoir la stagflation"... Dans L'Est Républicain, Rémi Godeau propose deux manières d'interpréter la sinistrose ambiante... "Version politicienne : le Président de la République n'est pas parvenu à provoquer un réel choc de confiance... Version politique : l'Europe et la France s'enfoncent dans la croissance molle, faute d'avoir engagé des réformes structurelles d'ampleur"... L'éditorialiste va même plus loin... "Notre pays creuse sa propre tombe, à vouloir conserver en l'état son système social... un système construit à une époque où la croissance dépassait 3% et où le chômage n'existait pas... Nos dirigeants tentent de nous faire croire qu'il peut résister à la déprime économique... C'est une supercherie"... D'autres chiffres en Une... plus politiques... Et vous les trouvez en Une de vos journaux régionaux... "Municipales : 86 listes déposées dans le Loiret", pour La République du Centre... Corse Matin annonce "36 listes en course dans les principales cités de l'île"... Et Nice Matin remarque : "17 femmes têtes de liste dans les Alpes-Maritimes"... Alors, vous l'avez compris, c'est l'illustration locale de la clôture hier soir du dépôt des listes de candidats aux municipales... Le Parisien-Aujourd'hui en France choisit de faire dans l'anecdotique sur ce sujet... "Ces drôles de candidats"... Et le journal liste... Un jeune homme de 18 ans candidat à Bron, dans le Rhône... Une dame de 97 ans sur la liste du MoDem à La Garenne-Colombes... Et puis à Paris : un SDF tête de liste dans le 6ème arrondissement... et une transexuelle chez les Verts du 16ème... Vous lirez peut-être avec plus d'intérêt le dossier de La Croix... Et, entre autres, cette enquête : "Tout maire doit composer avec les lobbies et savoir leur résister"... Alors certes, le premier magistrat d'une ville n'est pas plus influençable qu'un député ou un ministre... Mais, explique un professeur de science politique... "Il est beaucoup plus accessible physiquement... Et les mécanismes de contre-pouvoir, au niveau d'un village ou d'une ville, sont moins présents"... Denis Peiron, le journaliste de La Croix, liste donc les lobbies auxquels sont confrontés ces élus... En zone rurale : le lobby paysan, très présent... Il y a aussi celui des commerçants... Et des associations, souvent très présentes... Plus étonnant... Dans les villages, le lobby de telle ou telle grande famille... qui, le moment venu, n'hésite pas à vous rappeler que tous ses membres votent comme un seul homme... Et puis le maire doit résister aussi à ses anciens amis... C'est ce que confie un maire breton... "Ce poste d'élu, c'est idéal pour se fâcher avec ses vieux copains"... On continue cette réflexion sur les municipales, avec Philosophie Magazine... Le mensuel se penche sur "la démocratie du sommeil"... avec ce constat : "Nous votons où nous dormons"... Or, ce lieu de résidence n'est pas forcément le lieu de notre vie de citoyen... Thierry Paquot, philosophe de la ville, analyse que la France n'est plus rurale... Et que, du coup, on peut se poser la question : "Pourquoi élire seulement le maire de la commune dans laquelle je viens chaque soir me coucher, et non pas aussi celui de la ville où je travaille, où je me distrais, où j'apprends ?"... Ce serait peut-être le moyen de repolitiser la vie sociale... Et puis ce matin... On parle cinéma, bien sûr... Césars oblige... La cérémonie, c'est ce soir, vous le savez... La grande fête du cinéma français, comme on dit... Du coup, dans les journaux ce matin, eh bien vous lirez les pronostics... Et c'est assez simple... "La Môme est archi-favorite"... C'est la Une de France Soir... Et confirmation dans Le Figaro et Le Parisien-Aujourd'hui en France... puisque les deux journaux affirment en choeur voter pour "La Môme"... Mais bon... Que les paillettes et les strass ne nous empêchent pas de poser quelques questions... Cette semaine, il y a par exemple Télérama qui casse l'ambiance... "Faut-il fêter le cinéma français ?", s'interroge l'hebdomadaire... qui fait le bilan des dix années écoulées... et demande aux réalisateurs, acteurs, producteurs ou distributeurs en quoi le cinéma français a changé... Parmi les réponses, celle de Charles Berling... "Les films riches sont plus riches, et les films pauvres beaucoup plus pauvres"... Comme en écho, le regret de François Berléand... "Il n'y a plus de place pour les films intermédiaires, qui ont longtemps fait la force du cinéma français"... Il y a aussi Claude Miller... Le réalisateur joue les vieux schnock... C'est lui qui le dit... Il ne trouve rien de bien dans l'évolution du cinéma français ces dix dernières années... et condamne en vrac "la concentration industrielle... le mariage contre nature du cinéma et de la télé... et l'agonie de l'indépendance"... La distribution indépendante, justement... Elle se rebelle aujourd'hui... Et cette rebellion fait la Une de L'Humanité... "Rideaux baissés ce soir... Ecrans noirs, pour que vive le cinéma"... Et sous ce titre, L'Huma explique qu'à l'occasion de la Nuit des Césars, les salles indépendantes sonnent l'alarme... Plus de 200 salles suspendront leurs séances pour organiser des débats... histoire de défendre, une fois de plus, le principe fondateur de l'exception culturelle française... Et puis dans la presse ce matin, vous pourrez lire aussi... "Immigration choisie : le piège"... C'est la Une de Libération... qui explique que les employeurs des sans-papiers peuvent demander leur régularisation... Et le journal s'interroge : "Première percée ou illusion ?"... Dans Le Figaro... l'inquiétude des parents pour leurs enfants, face à Internet... Le journal rapporte que "les dangers du Net ne se limitent pas à la seule pédocriminalité... Les images pornographiques et les appels au suicide sont également préoccupants"... Et puis Le Parisien-Aujourd'hui en France nous rassure sur certaines traditions... "Chirac ira au Salon de l'Agriculture"... Le Salon ouvre demain Porte de Versailles, à Paris... L'ancien chef de l'Etat devrait s'y rendre mardi... Il faut dire que "Jacques Chirac et les paysans, c'est l'histoire d'une passion indéfectible", comme le dit Les Echos... qui titre : "Retour aux vaches"...

Mots-clés :
Ce contenu n'est pas ouvert aux commentaires.