Dans la presse ce matin : le bonheur est dans le pré

Et une histoire de magot pour commencer avant de parler d'austérité à la grecque.

C'est un immense champ. A droite, des tiges de maïs, au milieu des jardins, à gauche des herbes et des arbres.

Une vingtaine d'hectares : à ceci près, qu'il est en Suisse, dans la grande banlieue de Genève où les terrains valent de l'or.

Autre particularité, oui il est en Suisse, mais pour des raisons historiques, il appartient à une commune française, en Savoie de l'autre côté de la frontière.

La commune s'appelle Ambilly, 6.000 habitants. A l'heure où les fins de mois sont difficiles pour tout le monde, le maire a décidé d'en vendre une partie et d'en louer une autre.

Comme le titre Libération, qui raconte cette histoire ce matin c'est « Jackpottville ». L'opération devrait rapporter 110 millions d'Euros. C'est 20 ans de budget qui tombent tout d'un coup dans les caisses du maire Guillaume Mathelier.

A Libératio n, il fait ce matin une promesse solennelle. Les impôts ne devraient pas augmenter dans sa ville dans les temps à venir

Autre paysage de campagne, celui-ci est en Grèce

Au fond, les monts enneigés du Péloponnèse sous le soleil. Devant les yeux, des champs d'oliviers et des panneaux photovoltaïques. Vous êtes dans la propriété de Lefteris Xanthakis. C'est ancien salarié d'IBM, ex habitant d'Athènes s'est reconverti à la campagne dans l'huile d'olive et l'énergie solaire il y a quelques années.

A côté des Grecs qui fuient leur pays, il y a ceux qui cherchent une meilleure vie dans les champs. Dans Le Figaro ce matin, Renaud Girard évalue à 30.000 ces citadins partis s'installer à la campagne l'an dernier. On croise les sœurs Vlachou qui élèvent des escargots ou encore les frères Syropoulos, vieille famille bourgeoise d'Athènes reconvertie dans la feta et le mousseux.

Pour une partie d'entre eux, les aides européennes ont facilité la reconversion. Le bonheur est dans le pré : est-il dans le prêt ? Ce plan européen record pour sauver la Grèce, comme le Titre le Monde.

Record, confirme Jean Quatremer dans Libération . 130 milliards de prêts publics, 100 milliards d'annulation de dette par le secteur privé.

Est-ce que cela permettra à la Grèce de sortir de l'ornière ? Même pas sûr si l'on en croit le dossier des Echos . Pour le quotidien économique, les Européens s'offrent un répit seulement sur le front grec.

Si la promesse d'effacement de dette a bien été arrachée au secteur privé, pas sûr que les différents créanciers acceptent finalement de passer l'éponge. Le plan s'accompagne de nouvelles mesures de rigueur, un diplomate ne cache pas ses doutes sur la capacité des dirigeants grecs à adopter de telles mesures. Alors qu'on se dirige vers des élections anticipées dans le pays, le paysage politique est complètement explosé et l'explosion sociale menace elle aussi.

« Le défaut de paiement n'est dans l'intérêt de personne » dit un conseiller de la BNP qui représentait les créanciers privés dans les négociations.

C'est nettement mieux que rien, donc.

L'Humanité est d'un autre avis. Pour le journal, ce plan d'aide, c'est l'art d'accélérer au fond de l'impasse.

Quelle politique européenne mener en temps de crise ? Les députés français avaient une bonne occasion d'en débattre hier à l'assemblée…

… avec le vote sur le mécanisme européen de stabilité, le nouveau matelas financier que s'est constitué l'union européenne.

Fallait-il voter pour ce mécanisme qui place la solidarité au cœur de la gestion de crise de l'Europe ? Ou lui dire Non, parce qu'il est lié au pacte de discipline budgétaire, l'austérité ?

Hier soir à l'assemblée, les socialiste ont choisi de ne pas choisir : abstention lors de ce vote important.

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Libération est fort déçu. L'éditorial est intitulé « Autruche ». « Si elle arrivait au pouvoir, la gauche devra savoir ce qu'elle veut. » Libé reprend les propos de Jean Luc Mélenchon -ses amis ont voté Non - : "Puisque Hollande dit vouloir renégocier le traité, pour préparer le rapport de force, il faut résister tout de suite. Il est impossible de se cacher aux toilettes ou ailleurs sur une question qui engage l'avenir du pays". François Hollande dont les bonnes feuilles du livre de campagne sont à lire dans Le Nouvel Observateur , on vous en parlait dans le journal de 8h.

L'actualité de la campagne électorale, c'est aussi Jean Louis Borloo qui assure dans La Voix du Nord qu'il n'a jamais été candidat à la succession d'Antoine Frérot à la tête de Veolia. Il ne veut pas abandonner la politique et il annonce dores et déjà à La Voix du Nord qu'il sera candidat aux législatives dans la région de Valenciennes.

Quoi d'autre dans la presse ?

Le bonheur est dans le pré, sauf quand le pré est à côté d'une centrale nucléaire qui menace de partir en toupie.

Le Nouvel Observateur publie des extraits d'un livre de reportages de l'écrivain américain William Vollmann, qui est allé dans la zone interdite autour de Fukushima, 15 jours après le séisme.

On y croise un ouvrier qui s'incline profondément devant lui parce qu'il lui offre un respirateur ; un couple qui a eu l'autorisation d'inspecter sa maison et s'enfuis en courant après avoir jeté un œil.

On y ressent, l'inquiétude d'un monde sous la menace nucléaire. Voici les dernières lignes des extraits de l’Obs. Vollmann est sur l’autoroute dans un taxi, équipé d’un dosimètre : « alors que nous descendions le flanc de la montagne, un cours d’eau brun scintilla de blanc sous le soleil, et à ce moment le dosimètre passa à 2.8 millirems. Je ne dis rien. Jetant un coup d’œil dans le rétroviseur, je vis dans le regard du chauffeur une peur triste et déconcertée. »

A demain !

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