En Une de vos journaux... des journaux de toute la presse européenne, pour être exact... vous retrouverez cette photo... En arrière-plan... une courbe qui chute... et devant... le visage hagard d'un courtier, d'un banquier... la tête entre les mains... les yeux fixes... Voici donc à quoi ressemble "le lundi noir" des marchés financiers... Ainsi donc, c'est "le krach", annonce en Une Libération... "Vent de panique sur les marchés, Paris perd 7%", rapporte La Tribune... Et ça, explique Les Echos, c'est "la plus forte baisse depuis le 11 septembre 2001"... Alors je vous le disais : le constat est le même dans toute la presse européenne... En Angleterre aussi, "les marchés ont connu la plus grande chute depuis le 11 Septembre", note le Daily Telegraph... "C'est la plus grosse baisse de son histoire pour la Bourse allemande", constate le Frankfurter Allgemeine Zeitung... "Les Bourses plongent, Bruxelles touchée", pour Le Soir, en Belgique... Et dans le Times, le milliardaire George Soros ne rassure personne : "La situation est plus sérieuse, plus grave qu'aucune autre crise financière depuis la fin de la Seconde Guerre mondiale"... Mais bon, très vite après le constat... une question... A qui la faute ?... "La récession américaine arrive en Europe", s'alarme le Corriere della Sera... Le Guardian tempère : "C'est la peur de la récession américaine"... Oui, c'est "la panique qui fait plonger les marchés mondiaux", analyse le Financial Times... Et la panique, elle se moque bien du réel... El Pais le dit : "Le lundi noir ne se justifie pas par les données économiques"... Et l'International Herald Tribune constate également que cette panique n'a pas lieu d'être... Mais comment lutter contre la peur qui s'étend ?... cette peur à l'origine de la panique... C'est "la peur du vide", explique Gaëtan de Capèle dans Le Figaro... "Au final, dans la crise qui dure depuis des mois, quelle sera la facture finale laissée aux banques ?... Nul ne le sait... Et face à de telles incertitudes, la chute des marchés exprime avant tout la peur du vide"... A qui la faute ?... "A un système détraqué", selon Libération... Et Libé passe en revue les responsables de cette crise... "les courtiers peu scrupuleux... une Banque Centrale Américaine pyromane... un FMI invisible... et puis des banquiers cupides"... Des banquiers cupides... Vous n'y croyez pas, à cette chose-là ?... Eh bien lisez Le Monde... Hugo Dixon revient sur "les bonus indécents des banquiers"... des bonus qu'ils se sont versés il y a quelques jours, à la fin de l'année 2007... au terme d'une année où, faut-il le rappeler, Wall Street a été sauvée en urgence par une intervention de la Banque Centrale Américaine... Pour le journaliste du Monde, ces bonus, cette année, ont quelque chose d'obscène... Les cinq plus grands établissements de la place boursière new-yorkaise ont payé à leurs employés 66 milliards de dollars... C'est 9% de plus qu'en 2006... Et le journaliste de conclure... "Le marxisme est une philosophie qui a fait faillite... Mais sa critique du capitalisme... les profits sont privatisés et les risques mutualisés... a toujours contenu une part de vérité"... Dans la presse économique, ce matin, d'autres critiques... Dans Les Echos, Jean-Marc Vittori dénonce la sophistication des marchés financiers, qui avait jeté un voile sur l'ampleur des risques... un voile qui commence à peine à se lever sur une crise qui pourrait être la plus grande depuis les années 30... Et dans La Tribune, François-Xavier Pietri s'en prend lui aussi à un système où le risque est tellement partagé que son contrôle en est devenu inexistant... "Qui peut aujourd'hui taper du poing sur la table ?... Manifestement, personne"... Et l'éditorialiste a la sensation de se répéter : "On en revient à ce qu'on écrivait dès le mois d'août : tant que les banques, qui ont la lourde responsabilité de financer l'économie, n'auront pas mis toutes leurs cartes sur la table, y compris les plus vérolées, la suspicion restera maîtresse du jeu"... En Suisse, l'éditorialiste du Courrier parle de "mondialisation sado-maso"... "une économie sans règles ni principes, qui vient d'enfanter son énième monstre, sous couvert de prospérité... Le village global comptera décidément de plus en plus de châteaux et de bidonvilles"... Mais pour autant, pas d'illusions... Gilles Dauxerre, dans La Provence, le sait bien : "Oui, on va dénoncer le système capitaliste qui marche sur la tête quand il s'éloigne des réalités... Et puis les Bourses remonteront, et on oubliera... jusqu'à la prochaine fois"... Et une fois qu'on a dit tout ça... Eh bien une fois qu'on a dit tout ça... la question, c'est de savoir si et comment ça va rejaillir sur notre vie quotidienne... Déjà, une chose est sûre : "La croissance française ne sera pas épargnée", prévient La Tribune... La Croix interroge un analyste... Pour lui, le risque est grand... "La crise pourrait toucher le pouvoir d'achat des Français... Et puis, dit-il encore, les banques vont exiger des taux d'intérêt plus élevés pour prêter de l'argent aux ménages, que ce soit pour des prêts immobiliers importants ou des prêts à la consommation plus modestes"... Même analyse pour L'Humanité... qui ajoute que si la récession se confirme, la pression sur les salaires va être encore plus forte... Et dans Le Monde, vous lirez que les consommateurs de toute la planète n'avaient vraiment pas besoin de ça... C'est la "Lettre d'Asie" de Sylvie Kauffmann... où le tofu manque à Djakarta... où il y a pénurie d'huile de palme chez son premier producteur mondial : la Malaisie... où, vu le prix du porc, des Chinois élèvent des cochons sur leur balcon... Et sinon, dans la presse... Deux autres grands titres, en fait... D'abord l'anniversaire de la mort du fondateur d'Emmaüs... "Ils relèvent le défi de l'abbé Pierre", titre La Croix... qui a interrogé "les principaux candidats aux élections municipales dans des villes de plus de 200.000 habitants", pour qu'ils "dévoilent leurs projets pour le logement social"... "Tu nous manques, l'abbé", regrette France Soir... "Un an après son décès, il est irremplaçable dans le coeur des Français", note le journal... Mais malgré tout, "les héritiers de l'abbé Pierre" existent... Paris-Normandie les a rencontrés... Et puis l'autre sujet qui fait couler beaucoup d'encre, c'est bien sûr le Plan banlieues de Fadela Amara... La secrétaire d'Etat à la Ville est ce matin sur France Inter, elle est aussi face aux lecteurs du Parisien-Aujourd'hui en France... Et le journal note : "Fait très rare, elle n'a pas demandé à relire le texte avant sa parution"... Et Fadela Amara a, semble-t-il, convaincu son auditoire... "Elle est géniale", s'enthousiasme Joséphine, 42 ans, auxiliaire de vie dans les Hauts-de-Seine... Sadio, une étudiante, explique qu'au départ elle n'est pas très fan de Fadela Amara, mais qu'elle a été surprise... Du coup, "j'ai envie de croire en son plan", dit-elle... Dans Libération, sur le même sujet... l'analyse "des messages des quartiers à Fadela Amara"... des messages déposés sur le blog "Pour ma Ville"... un blog ouvert en août dernier, et que la secrétaire d'Etat a demandé à Sébastian Roché, du CNRS, d'explorer... Alors on y retrouve des thèmes présents dans les discussions depuis les années 70 : le manque de transports en commun... l'absence d'un local pour les jeunes... et la pénurie de commerces... Il y a ainsi Frédérique, qui explique que "le problème des cités, c'est qu'on y reste entre soi... On ne sait pas qu'il y a un monde dehors, différent... où les gens se parlent courtoisement... où les enfants ne sont pas chopés à la sortie des classes... où il n'y a pas de caves où zonent les jeunes... Autrefois, continue cette blogueuse, la bourgeoisie et les couches populaires cohabitaient dans les centres-villes... C'est cette mixité qui nous manque aujourd'hui"... Marine aussi raconte... "Des bus ?... Dans ma cité, il y en a un par jour... En gros, si tu le loupes, tu ne bouges pas de la journée"... Alors on veut bien croire Le Figaro quand il juge qu'aujourd'hui, "c'est une journée cruciale pour l'une des figures de l'ouverture du gouvernement"... Oui, mais pas que pour elle...

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