8H30 la revue de presse, bonjour Hélène Jouan

10 ans après l’assassinat de Ian Halimi, 1 an après l’attentat de l’hyper cacher et quelques jours après l’agression antisémite d’un professeur juif à Marseille, retour sur la situation des juifs français…

« Vous connaissez l’histoire de la cuisson du homard, interpelle Philippe, vous le plongez vivant dans l’eau froide et augmentez la température, il se débattra mais finira par mourir ébouillanté. Pour nous, les juifs, à chaque agression c’est pareil, le niveau monte d’un cran…et pourtant on finit presque par s’habituer »…Reportage de Marion Mourgue dans le Figaro Magazine sur ces français juifs en plein doute, qui ont du mal à imaginer leur avenir en France…Un coup de fil de sa fille sur son portable, et le visage de Philippe se décompose. Rien de grave pour cette fois, elle vient de se chamailler avec son frère, mais le père a pourtant imaginé le pire, car l’angoisse se vit au quotidien désormais. Il y a ceux qui par prudence, demandent à leurs enfants d’ôter leur kippa à la sortie de la synagogue, tous ceux qui ont retiré leurs enfants de l’école publique, trop compliqué d’y être juifs aujourd’hui disent ils, ceux qui déménagent dans des quartiers jugés plus sûrs.. « peut on parler d’une Alya dans le 17ème arrondissement de paris ? » plaisante Ariel, « c’est surtout qu’ici on peut vivre notre judaisme tranquillement. » L’ex président du CRIf Richard Prasquier l’affirme, « aujourd’hui dans la république française, il y a des lieux où un juif court des risques si l’on découvre qu’il est juif ». Comment en est on arrivé là ? La mort de Ian Halimi, il y aura tout juste 10 ans en février, la tuerie de Merah en 2012 à toulouse, autant d’alertes qui n’ont pas été prises en compte estiment beaucoup.L’historien Georges Benssoussan fustige « un pays miné par le manque de courage des élites, conjugué au travail de sape opéré par les professionnels du déni, qui ont dévoyé l’anti racisme en idéologie…C’est pourquoi silencieusement, on est peut être en train d’assister au début de la fin d’une longue histoire » met il en garde. Dans l’Obs, Salomon et Victor Malka qui publient un livre sur le « grand désarroi », des juifs français, estiment qu’un tiers des juifs de France songent aujourd’hui à quitter notre pays, le leur, la France

Dans la presse ce matin Hélène on en a parlé, « des regrets, des regrets, des regrets »…

Chanson bien connue d’Alain Souchon, mais surtout ce matin, ces regrets au cœur du livre de Nicolas Sarkozy, « La France pour la Vie », bonnes feuilles publiées par le Figaro. « Impair que d’aller sur le Yacht de Bolloré, Bêtise que le « cass toi pauv con », erreur de n’être pas allé assez loin en terme de sécurité, de maitrise de l’immigration ou des 35H », tout le registre sémantique du mea culpa y passe…Et l’exercice est plutôt salué par ceux qui ont lu le livre ce matin. Le Figaro en reste carrément baba sous la plume de Charles Jaigu « Son livre surprend dit il, par l’ampleur de l’analyse de ses erreurs » Charles Jaigu qui a en comptabilisé 27, 27 aveux de fautes commises », « aucun de ses prédécesseurs n’avait encore proposé un tel exercice de pénitence » s’extasie t il.Bruno Jeudy pour Paris Match replace la sortie de ce livre dans son contexte, solder le passé avant une nouvelle candidature, mais lui aussi juge « le résultat authentique, parce que globalement assez sincère et plutôt courageux » pour un homme qui n’avait pas donné jusqu’à présent dans le registre de la repentance. Certes il lui a fallu 3 ans et 8 mois pour faire ce droit d’inventaire relève t il, mais mieux vaut tard que jamais…On verra maintenant dit il, si son livre, déjà tiré à 120 000 exemplaires, lui permet de renouer avec les Français, et accessoirement de recoller dans les sondages à son concurrent Alain Juppé

Dans la presse ce matin Hélène, les accusations britanniques contre Vladimir Poutine dans l’assassinat d’Alexandre Litvinenko

Avec ce rapport d’un juge britannique qui concluait hier « au crime d’état » en mettant directement en cause le président russe…Bernard Guetta en parlait il y a quelques instants. 2 point de vue intéressants ce matin, car pas forcément en phase. Alexandra Schwartzbrod dans Libération estime que c’est le moment de faire pression sur Vladimir Poutine. Parce que « tout a changé en Russie explique t elle, certes le pays est redevenu incontournable au niveau géopolitique, mais Poutine est aujorud’hui en situation de grande faiblesse en matière économique, la population russe souffre et pourrait se retourner contre son héros »

Mais tonalité plus sceptique dans un article du site Gazeta Russie, à retrouver dans Courrier International, où un chroniqueur explique pourquoi les russes continuent d’approuver avec enthousiasme la politique étrangère du Kremlin, qui lui vaut pourtant tant de privations. « La première grande crainte nationale explique t il, est la peur que la Russie devienne un pays ordinaire, elle veut être une grande puissance. 2ème terreur nationale, celle du changement. Nous craignons dit il, de remplacer nos dirigeants, et ce indépendamment du degré de cruauté ou d’inepties de leurs actes » Etre un pays ordinaire, avec un bon système d’éducation, des routes, des hôpitaux de qualité, tout cela nous ennuie. Il faut donc supporter l’arbitraire du pouvoir, l’inconfort du quotidien au nom de nouvelles réalisations mythiques censées révéler au monde notre grandeur ; nous avons coutume de juger nos dirigeants à l’aune de leur capacité à montrer les dents » Un article écrit avant la nouvelle accusation formelle portée hier donc contre le Tsar du kremlin, mais qui laisse mal augurer d’un retournement de la population russe à l’égard de Poutine.

Pendant ce temps là à Davos, la crise des réfugiés au cœur des débats du Forum économique. Les Echos nous racontent comment au discours inquiétant prononcé par Manuel Valls sur l’état de l’Union, « l’europe a-t-il déclaré a oublié que l’histoire peut être tragique, l’europe peut se disloquer », tous les européens en chœur, sauf les britanniques ont répondu « Solidarité ». « Solidarité » mais sans solution, et cette crise continue de fracturer le continent, et les pays eux-mêmes. Très beau reportage photos, signé Franck Zeller à regarder sur le site de l’afp, rubrique making-of, sur l’histoire de deux Allemagne. Ces deux visages de l’Allemagne aujourd’hui: Refugees welcome, dit un manifestant sur un premier cliché, Refugees stop, dit un autre lors d’une manifestation de l’extrême droite à Cologne. Le photographe qui raconte comment les turbulences de ces derniers mois aura engendré dans le pays, le meilleur comme le pire, qui craint que les incidents de Cologne ne soient un point d’inflexion, et qui conclut : « Je me demande si l’Allemagne, qui a surmonté la honte de la Shoah pour renaître en tant que démocratie libérale exemplaire, trouvera la force nécessaire pour résister, garder espoir et rester accueillante ». Dans le Figaro, on apprend que 2 lander ont emboité le pas au Danemark, en demandant à leur tour aux demandeurs d’asile qui arrivent, de donner leur argent liquide en échange d’une aide

On termine par la rubrique people

Obsèques Nationales à Montréal aujourd’hui de René Angelil, mari et imprésario de Céline Dion… ainsi en a décidé le premier ministre du Québec Philippe Couillard…et le journal La presse, presse québécoise se fait l’écho de l’émoi qu’un tel honneur a suscité chez ses internautes. Funérailles nationales, non, mais quoi encore, et d’abord qui va payer ? se sont insurgés ses lecteurs. Le journal qui prend la défense du grand homme, « Le québec n’a pas engendré d’autres imprésarios aussi connus que lui, c’était un grand ambassadeur de la culture québécoise » défend la journaliste

Voilà, si je vous en parle, c’est juste pour vous signaler que nous ne sommes pas le seul pays à nous perdre parfois dans des polémiques, essentielles…

L'équipe

Mots-clés :
Ce contenu n'est pas ouvert aux commentaires.