Ce qui démontre la permanence d'un vieux style français, l'interpellation...

"Monsieur le président de la République, chaque jour, vous humiliez la France en humiliant les exilés"  dit l'écrivain Yann Moix dans Libération, qui tourne en ce moment un documentaire sur le sort des migrants de Calais.

J’affirme, M. le Président, que vous laissez perpétrer à Calais des actes criminels envers les exilés. Je l’ai vu et je l’ai filmé. J’affirme, M. le Président, que des fonctionnaires de la République française frappent, gazent, caillassent, briment, humilient. Je l’ai vu et je l’ai filmé.

Il y a du style chez Moix, mais ce n'est pas le premier texte ces jours-ci qui  interpelle le chef de l'Etat sur les migrants...

C'est un enjeu... car pour d'autres commentateurs, Emmanuel Macron n'est pas le responsable. Ainsi le Parisien aujourd'hui en France publie un dessin faussement anodin. On y voit Emmanuel Macron et Edouard Philippe se réjouir des futures créations d'emploi, et Gérard Collomb, chafouin, corrige, "est-ce que c'est une bonne idée avec tous ces migrants qui vont venir chez nous..." 

Non, ce n'est pas Collomb, c'est Macron, dit Moix... Et il s'en prend à lui sur ce qu'il a de plus cher, son langage.  "Votre verbe est creux, comme votre parole est fausse et votre discours, double."  

Une charge qui n'est pas anodine envers un président qui aime les mots.  Tiens, on lit dans les journaux que nos voisins anglais ont été absolument enthusiastic après l'interview donné par le Président à la BBC...

Et Yann Moix n'est pas le seul à attaquer la parole présidentielle

Dans Mediapart... Un philosophe et professeur de rhétorique à l'université du Cap Pierre Joseph Salazar, fait du Président le bénéficiaire d'une triste époque.

L’appauvrissement général de la langue française est tel et qu’Emmanuel Macron passe pour un phénix. Macron reflète et renvoie leur vocabulaire à toutes les grenouilles qui demandent un roi.

Nous voilà bien. Salazar réfléchit sur l'usage des symboles, ou sur le personnage d'Emmanuel Macron, simple PDG, le CEO de l'entreprise France...

Mais son refus le porte plus loin... 

 Avec sa voix légèrement féminine de sensitive male, son strabisme imperceptible, son léger zézaiement et sa façon de ne plus prononcer les o, nous avons un président qui saura faire preuve de  brutalité.  

Et l'attaque du philosophe porte non plus sur les mots mais sur l'essence même de l'homme Macron... 

Et cette envie de déviriliser l'adversaire jette une ombre... Ou nous rappellent ce que furent, et restent les pamphlets... 

On s’interroge aussi sur cette identification des élites au seul Macron, quand Buzzfeed et Médiapart, encore, révèlent l’implication de hauts fonctionnaires ou de cadres dirigeants du CAC 40 aux cotés de Marine Le Pen dans la campagne présidentielle l’an dernier…

Il y a également de l'optimisme dans les journaux

Le Parisien, annonce avis de beau temps sur l'emploi,  célèbre Colas filiale de Bouygues qui va recruter plus de 3200 personnes cette année. La Voix du Nord publie un cahier emploi avec la région haut de France et vante les métiers de la sécurité... Dans Ouest France, on nous raconte le canton de Pipriac qui s'est proclamé "territoire zéro chômeur",  et une entreprise "à but d’emploi et non lucrative" qui s'appelle Tezea,  va chercher les chômeurs et les remet à la tâche, plus de 50 ! 

Voilà Nicolas une impression de regain, et au sommet de l’impression, Emmanuel Macron reçoit le patronat mondial à  Versailles... 

"Macron invite 140 patrons étrangers à choisir la France" titre les échos. C'est un sommet de l'attractivité, dit Le Figaro... il s'appelle "choose France" choisissez la France... On a de bonnes nouvelles du business, Facebook investit chez nous dans l'intelligence artificielle, le Figaro, Toyota met 400 millions d'euros dans son usine d'Onnaing. Macron y sera? 

On est loin des agressions d'un écrivain ou d'un philosophe mais tout se tient, si le Figaro nous le dit, les patrons français se macronisent.

Mais L'opinion, taquine. "Macron n'a pas inventé sa doctrine mais s'inspire du fameux rapport Attali sur la croissance" vieux de dix ans et dont il était le jeune rapporteur...  Il pratique désormais le copié collé...

Les Echos décrivent les affres de General Electric et au passage un plan social chez Alstom racheté par le géant américain défaillant. Emmanuel Macron avait été un acteur de ce rachat...  

Il est des ombres et des doutes...

Les prisons, toujours, qui font la une de la Croix, et puis une misère stagnante... 

Je découvre dans Midi Libre qu'à Narbonne, une association, Narbonne solidaire, a distribué 9 000 repas l'an dernier... Et dans ce même département de l'Aude, 36.8% des gens renoncent à se soigner. Voilà l'envers d'un décor, sans pamphlet.

Et une photo pour finir

Qui à la Une de l'équipe exalte la force de l'Olympique Lyonnais qui hier renversait le Paris Saint Germain... C'est le dos tatoué d'un lion du buteur néerlandais Memphis Depay... Et la force de cette photo contraste avec la douceur des mots d'un homme puissant...  qui fut lui aussi immense buteur et à partir d'aujourd'hui président du Liberia, Geoges Weah dont la journaliste Frédérique Galametz se souvient de mots ténus au temps de sa gloire. "Tu sais, au Liberia, avec un dollars ou deux, tu achètes un sac de riz et tu nourris toute ta famille, le riz c'est important"...

Le riz. Qu'en aurait il fait, Bocuse qui nous a quitté. On peut le raconter ce poète roboratif, et même lui reprocher, comme l'humanité, d'avoir fait basculer la cuisine dans le business... On peut aussi regarder cette photo dans le progrès. Elle date du 24 décembre 1986... On voit un fil qui traverse le Rhône, une maison posée à ce fil, et une moto d'équilibriste; cette année-là, le funambule Henry avaient installé sa maison au-dessus du fleuve, et invitait des personnalités à le rejoindre. Bocuse s'était installé sur un trapèze suspendu à la moto, au-dessus du vide... Il est en haut. 

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