Avant la manifestation de demain à Paris, les journaux reviennent encore ce matin sur les rassemblements violents du week end avec toujours cette même question : de qui les émeutiers ont-ils la haine ?

La haine du juif, c'est certain, mais aussi un désir d'en découdre à tout prix, par plaisir. "Quand une station de tramway, des cabines téléphoniques et une agence de Pôle-Emploi sont pris pour cible, quel rapport avec Israël " s'interroge un membre du CRIF dans Le Figaro. "Tu leur montres une carte, ils ne savent même pas où est la Palestine " lance à la journaliste Anne Jouan un grand black venu discuter hier avec une femme voilée et une autre juive sur la Place de France à Sarcelles, ensemble comme ils l'ont toujours fait avant.

Pourtant, "ces hordes acharnées vont bientôt faire passer la France, hélas, pour le pays le plus antisémite du monde occidental " analyse Paul-Henri du Limbert dans l'édito du Figaro, reprenant ce terme "hordes acharnées" utilisé par le Président de l'Assemblée Nationale Claude Bartolone, "il est loin le temps où Jean-Pierre Chevènement ", ancien ministre de l'intérieur, "voulait inculquer aux sauvageons un bien précieux, l'amour de la France. Trois décennies couteuses de politique de la ville ont produit le contraire de l'effet souhaité. Il est vital de trouver autre chose, et vite " conclut l'éditorialiste.

Le Monde suggère tout de même de partager les responsabilités de ce weekend end de violences. Laurent Borredon estime que le Préfet de Police de Paris Bernard Boucault doit en prendre sa part. "C'est le principe fondamental de l'ordre public dans une démocratie : encadrer la liberté de manifester pour permettre la liberté d'expression. Le gouvernement a exacerbé les tensions qu'il croyait pouvoir glisser sous le tapis et il a fait preuve de naïveté en croyant que le simple fait d'interdire une manifestation à laquelle des milliers d'internautes s'étaient déjà inscrits pouvait suffire. " Et Le Monde raconte que ça a chauffé pour son matricule samedi dernier, comme le 14 mai 2013, après ce qui devait être la fête du PSG Champion de France, et qui avait très vite dégénéré en bataille rangée au Trocadéro et sur les Champs. "Ça ne peut pas se reproduire" avait à l'époque prévenu le Ministre de l'intérieur Manuel Valls à ce même préfet de police. Et bien non. "A 66 ans, Bernard Boucault répète sans fin les mêmes erreurs " constate Laurent Borredon. Ce à quoi le cabinet du Préfet répond dans les colonnes du Parisien ce matin que "la gestion technique de la manif de samedi a atteint ses objectifs : il n'y a pas eu d'affrontements entre communautés religieuses, il n'y a pas eu de blessés et toutes les synagogues ont pu rester ouvertes. "

Comme quoi : tout est relatif dans la vie. Y compris le terrorisme...

C'est en tout cas ce que veulent démontrer les 10 de Tarnac aujourd'hui dans Libé, les 10 mis en examen de cette affaire qui traine en justice depuis 6 ans. Ils signent une tribune pour se moquer de la lutte antiterroriste en France. "Le terroriste n'est pas quelque chose qui existe à l'état naturel mais que l'on produit bel et bien par tout un luxe de discours, de procédures et de mises en scène, par tout un appareil policier et judiciaire dont les résultats sont mesurés, comptabilisés et récompensés. " Et tout cela pour quoi ? "Tout cela pour que la France conserve sa place de leader européen en matière de lutte antiterroriste, c'est grotesque mais ça marche " en concluent Julien Coupat et ses amis. Les 10 de Tarnac attendent dans les jours qui viennent la décision de leur renvoi devant un tribunal correctionnel, "comme si de rien n'était " écrivent-ils, "entre le 14 juillet et le 15 août et ce, dans l'idée certainement de nous condamner un 31 décembre. On ne juge pas un ennemi, on le combat " proclament les mis en examen de Tarnac, "se défausser sur la justice est une lâcheté, ce sont les dernières illusions de la démocratie qui s'en vont, tant pis pour elle. "

On connaissait l'enfouissement des déchets radioactifs, voici la congélation !

Pour tenter d'éviter la contamination de l'Océan Pacifique au large de Fukushima, 3 ans après le séisme et le tsunami qui ont dévasté la centrale, Tepco prépare donc la congélation du sous-sol sur un périmètre d'un kilomètre et demi, mesure transitoire en attendant le démantèlement du site qui prendra une quarantaine d'années. Arnaud Vaulérin raconte dans Libération le quotidien de ces ouvriers plongés dans ce chantier "post apocalyptique ." Des foreuses percent des trous de 33 mètres de profondeur pour y installer des refroidisseurs. Les ouvriers sont exposés à des risques de contamination élevés, emmaillotés dans les combinaisons protectrices alors qu'il fait jusqu'à 45° dehors. Mais dans un an donc, il y aura ce mur de glace imperméable, promet-on. En tout cas en théorie, car dans la pratique, les courants d'eau souterrains pourraient bien empêcher la glace de se former. Mais le doute n'est toujours pas admis là-bas : "je crois que les choses sont sous contrôle " trompette le patron de Fukushima dans ce long article qui nous laisse imaginer l'inverse bien sûr.

Retour en France, La Croix nous emmène dans la salle à manger de la famille Gouyou.

La nappe à carreau, la bouteille de soda, le verre de vin. Et au fond de la pièce, le chœur, l'autel, de magnifiques vitraux. Bienvenue chez les Gouyou, Chapelle des Ursulines à l'Aire-sur-l'Adour dans les Landes, un édifice de 600 m² acheté 100 000 euros il y a 3 ans. A l'époque, c'était un squat, la nef était devenue une piste de roller, Gérard et Sophie ont donc sauvé la chapelle de la démolition, et aujourd'hui, elle accueille les pèlerins de Compostelle et quelques concerts, les Gouyou ont gardé un tiers de la surface pour eux. Ce sont ainsi 20 des 40 000 églises qui sont vendues chaque année en France, mais la désaffection croissante des fidèles va certainement accélérer le mouvement, prévient La Croix.

Un nouveau venu dans les kiosques sur le marché déjà très convoité de l'actu des stars...

Avec à la une : "Alain Delon et Dalida, une passion secrète", "De Funès et Bourvil, le duo magique du cinéma", et "le jour où Cloclo a failli mourir dans un guet apen". Non, tout va bien, je vous confirme que nous sommes bien le 22 juillet 2014. Ce nouveau venu de la presse people s'appelle RETRO, l'actu des stars d'hier et d'aujourd'hui, mais surtout d'hier hein ! Avec des dossiers en noir-et-blanc, le groupe Bauer Media France mise sur "la nostalgie qui s'est développée avec la crise " constate Les Échos, le petit côté "c'était mieux avant." Ce premier numéro de Retro est un ballon d'essai, prévient le patron de Bauer, car les Échos constatent que la presse people est en perte de vitesse. Closer et Voici ont perdu 12 et 13% en un an, certainement à cause des sites internet.

De la nostalgie également dans L'Opinion qui revisite l'histoire de France...

"Le jour où BFMTV a empêché le départ du Général de Gaulle pour Baden Baden. " Béatrice Houchard s'amuse à réécrire ce fameux 29 mai 1968 avec les codes de 2014. Ce matin-là donc, De Gaulle prévient Pompidou qu'il est un peu fatigué, qu'il part se reposer à Colombey. "Vous êtes l'avenir, je vous embrasse". A 11h15, la DS quitte l'Elysée par le portail arrière, mais il y a la moto de BFM TV et un certain Léon Zitrone qui la prend en chasse. Dans une brasserie près de l'Assemblée, Pasqua et Sanguinetti suivent la scène en direct donc, ils ont compris que le Général prenaient la fuite. Ils battent le rappel des militants, griffonnent des banderoles et partent à Villacoublay. Sur le tarmac, Zitrone implore : "Ne partez pas mon Général, ne partez pas". De Gaulle se tourne vers Yvonne et lui glisse finalement "je crois que ce n'est pas encore pour cette fois."

Ah, la DS, Léon Zitrone, une droite unie autour de son chef de file... Ça, c'était il y a 45 ans.

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