C’est une image à nous couper le souffle,à voir en ligne et dans les pages du Dauphiné Libéré. Il est près de midi hier quand un incendie se déclare à l'Arlequin, un quartier de Grenoble.

D'une barre d'immeuble, une fumée noire se dégage et les flammes commencent à menacer. À la fenêtre d'un appartement, deux enfants sont réfugiés et arrive un réflexe de leur part, une prise de risque, qui pourrait nous paraître inconsidérée. Filmée par une habitante d'un balcon voisin, la scène est donc saisissante : l'un après l'autre, pour échapper au brasier, les deux enfants de 3 et 10 ans sautent du troisième étage. Les voisins crient puis applaudissent, ils sont sains et saufs. 

Car dix mètres plus bas, les bras étaient assez nombreux pour les rattraper. La chute est amortie, les sauveteurs valeureux... Quelques-uns sont blessés, des fractures, mais les pompiers sont arrivés. Bravo à eux : c'est la vie, c'est un fait divers, lot quotidien de nos journaux et qui - pour une fois - se termine bien.

Mais la presse régionale s'interroge aussi ce matin sur ce dramatique accident sur l'A7 qui a coûté la vie a cinq enfants. “L'émotion et des questions” nous dit le Progrès qui nous apprend que cette famille décimée n'était partie que pour un après-midi. Le même Progrès tout comme Le Figaro nous parle enfin d'Axelle, une aide soignante de 23 ans tuée à Lyon, renversée par une voiture après une altercation et traînée sur plusieurs centaines de mètres. Le conducteur est mis en examen, il a dormi en prison. Ces deux affaires, dans cette même région, suscitent beaucoup d'émotion. 

26 minutes fatales 

Une autre affaire, qui est entre les mains de la justice et qui a suscité au début de l'année, là aussi, toutes les passions et beaucoup de tensions. L'affaire Cédric Chouviat, et 26 minutes fatales qui font la "une" ce matin : les derniers instants d'un homme, livreur de 46 ans, mort le 3 janvier lors de son interpellation quai Branly à Paris, décryptés par Médiapart et Libération qui ont consulté les derniers éléments de la police des police sur l'arrestation de Cédric Chouviat.  

Libération, c'est très clair et visuel, dresse une infographie précise, reconstitution minutieuse en une frise, sur quatre pages ou en ligne. Elle commence le 3 janvier à 9h54, se termine à 10h20 et se base sur cinq sources vidéos ; une caméra de surveillance, les séquences filmées par deux témoins, par une policière aussi et la dernière par Cédric Chouviat lui-même.

Tout cela témoigne d'un contrôle routier très tendu et d'une interpellation brutale : 10h06 les choses s'enveniment, 10h08 l'interpellation, le plaquage au sol, clé d'étranglement (Cédric Chouviat étouffe et le dit) ; 10h11 l'appel aux pompiers... et ainsi de suite jusqu'au massage cardiaque. Mais surtout, des policiers ont menti, couverts par leur hiérarchie, affirment Médiapart et Libération. Un collègue de la BAC, le conjoint de la policière impliquée, s'occupe du premier compte rendu de l'intervention alors qu'il n'y a pas participé : ce résumé est partiel, partial, et mensonger.

"Le recours à la force n'était ni justifié ni proportionné", souligne l'avocat de la famille Chouviat, Arié Alimi, qui salue aussi "pour la première fois, une enquête modèle de l'IGPN".

À propos de police, le préfet de Paris, Didier Lallement reçoit le soutien de son ministre Gérald Darmanin. Les journaux en ligne rapportent ses propos ce matin : "Il n'y a aucune difficulté avec lui et un changement n'a jamais été envisagé". Démenti d'une info qu'on lit pourtant ce matin dans les pages du Canard Enchaîné. Mais s'il n'est pas remercié, le préfet Lallement n'est pas apprécié, nous dit Le Point, le premier ministre Jean Castex, l'a dans le collimateur.

En parlant de changements...

Il y a bien une liste qu'on attend, celle des secrétaires d'état, alors que le nouveau gouvernement est en place depuis 15 jours déjà : c'est pour bientôt nous dit-on. 

Mais l'autre remaniement dont la presse se fait l'écho ce matin se passe à matignon et à l'élysée. Le Parisien, le Monde ou le Figaro nous racontent ce grand ménage au sommet de l'état. Les conseillers s'en vont, les bureaux se vident… Départ de Joseph Zimet, conseiller en communication d'Emmanuel Macron, arrivé il y a moins d'un an. Le président perd aussi un proche, très proche, Philippe Grangeon, homme de l'ombre depuis 2017. Rien de politique, dit-il, il fait valoir son droit à la retraite et prendra le large début septembre. C'est comme ça c'est la vie !

"Un docteur de l'âme"

Tout autre chose : la Croix ce matin nous raconte les aumôniers et leur statut hors norme dans nos prisons. Ils sont juifs, musulmans, protestants ou cathos et le quotidien s'est invité à la prison de Meaux. D'ordinaire, ils ont les clés des cellules mais en ce moment, Covid oblige, c'est un peu différent et les rencontres sont moins amicales. Mais pour Christophe, détenu plusieurs fois, l'aumônier reste "un docteur de l'âme". 

Les conversations restent confidentielles, les lettres ne sont pas lues, c'est le secret confessionnel, qui parfois délie les langues. Quand ils le jugent nécessaire les aumôniers font passer des messages, quand un détenu est menacé ou qu'une demande se fait attendre. Mais pour le reste, répète la directrice adjointe de la prison, nous n'avons pas à en connaître. 

Petits et grands écrans 

Le grand écran du cinéma, nos journaux (Libé, La Croix, Télérama, etc.) s'emballent pour le film Madré en ce jour de sorties ciné. Un film âpre et bouleversant qui raconte la vie d'une mère qui perd son enfant,  d'une femme qui s'accroche à la vie.

Quant au petit écran, de nos tablettes ou nos télés, Télérama cette semaine s'intéresse à un sentiment bien connu des amateurs de série, quand intervient au bout de plusieurs saisons, la mort, la disparition d'un personnage. Personnage qu'on fréquente tant, qu'il en devient un ami.

De l'autre côté de la caméra, comment les acteurs les actrices et les scénaristes le vivent ?  C'est souvent un déchirement pour eux aussi, comme pour Jean Pierre Darroussin, Henri Duflot dans le Bureau des légendes, raconte le coup de fil d'Eric Rochant le scénariste: "Sur le coup je l'ai bien pris mais quand j'ai raccroché, c'était une partie de moi qui mourrait." Il souligne la différence entre le cinéma et les séries, où la distance est plus dure à prendre et où le personnage prend à la gorge comme au théâtre quand on l'incarne longtemps. 

Le Bureau des légendes, sans Henri Duflot, est-ce vraiment le Bureau des légendes ? Mais un personnage qui s'efface, c'est aussi un procédé scénaristique et une intrigue relancée. Dans les séries, des visages disparaissent, c'est comme ça c'est la vie. 

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