Un homme, une tourmente, un malaise et des questions... Comme celle-ci : "Villepin : comment s'en débarrasser ?". C'est "Le Nouvel Obs" qui pose et ose la question... Et qui affirme que les députés UMP sont exaspérés par le Premier ministre. "Ceux qu'on appelait naguère les 'godillots' éprouvent désormais l'envie irrépressible de lui botter les fesses", écrit "Le Nouvel Obs", qui, décidément, s'interroge : "Chirac pourra-t-il le maintenir encore longtemps à Matignon ?". On peut aussi, comme le fait "Libération", se demander pourquoi Jacques Chirac supporte Dominique de Villepin. Malgré l'échec, les faux-pas et le lâchage de la majorité, écrit "Libé", le Président s'acharne à soutenir celui qui est son plus proche collaborateur depuis 1995. Donc, pourquoi Chirac soutient encore Villepin ?... Parce qu'il déteste agir sous la pression, explique "Libé"... Parce qu'il qualifie de "jérémiades indignes" les propos des députés de l'UMP, qui demandent le départ du Premier ministre. Alors, pourquoi ? C'est tout simple, rappelle "Le Parisien" : parce qu'il n'a pas de solution de rechange. En réalité, à quelques mois de la fin de son mandat, le chef de l'Etat a peu de scénarios à proposer. Se séparer de Villepin ? Peut-être... Mais pour le remplacer par qui ? Personne, répond "Le Parisien" : le Président n'a pas d'autre joker, et malgré tout... Malgré tout... Dominique de Villepin est le seul en qui il a encore confiance. Le problème, relève "Le Nouvel Obs", c'est qu'en s'accrochant à Matignon comme une moule à un rocher... Pour reprendre une de ses saillies célèbres... Villepin prend le risque d'accumuler les avanies, car il y aura d'autres stations sur son Chemin de Croix, tant la majorité est déchaînée contre lui. "En attendant, et comme toujours lorsque la pression s'exerce sur lui, écrit Philippe Waucampt dans "Le Républicain Lorrain", Jacques Chirac fait la sourde oreille, en attendant que ça passe"... "Seulement, il faudra bien en finir, ajoute Claude Cabanes dans "L'Humanité"... En finir, c'est voter, et élire de nouveaux députés". "Non, objecte Jean Levallois dans "La Presse de la Manche" : une dissolution de l'Assemblée serait un coup de pied de l'âne, dérisoire et méprisant à l'égard de la majorité. En fait, explique notre confrère, les vacances parlementaires qui commencent à la fin du mois offrent un répit qui peut être propice à un changement de Premier ministre... Ce qui permettrait surtout au chef de l'Etat de se présenter dans une meilleure position pour son entretien télévisé du 14 juillet... Ainsi, les questions en rafales sur l'insupportable situation présente ne seraient-elles plus d'actualité". On en est donc là, en pleine politique-fiction, ou plus précisément, dans la plus grande expectative, parce que l'incident n'est pas clos. L'incident, c'est bien sûr celui de l'Assemblée nationale... La passe d'armes verbale entre le Premier ministre et François Hollande... "Non, affirme Jules Clauwaert dans "Nord Eclair", malgré les excuses du Premier ministre, l'opinion ne conclura pas que l'incident est clos". D'ailleurs, on peut s'interroger sur le bien-fondé de l'excuse... Pas sur le fond, mais sur la méthode... Car en politique, elle peut être dangereuse. Comme le rappelle Pierre Taribo dans "L'Est Républicain" : "La dernière fois qu'un homme politique a exprimé ses regrets après avoir méchamment dérapé, c'était Lionel Jospin qui, d'une certaine façon, reconnaissait déjà sa défaite... On sait que, par la suite, il s'est mis entre parenthèses de la vie publique... Un exemple sur lequel Dominique de Villepin devrait méditer", conclut Pierre Taribo. Pour l'instant, Dominique de Villepin subit, et demande à tout prix qu'on le lâche, estime Ali Magoudi, psychanaliste, qui s'est déjà penché sur le profil psy de François Mitterrand. Interviewé par "Libération", Ali Magoudi décode le sens du mot "lâcheté" employé par le Premier ministre à l'encontre de François Hollande... Et le psy nous dit tout simplement : "C'est celui qui dit qui l'est". Autrement dit, en bon Narcisse... Je cite le psy... C'est lui-même qu'il visait en parlant de "lâcheté". Ce que le Premier ministre voit dans le miroir, ce n'est pas François Hollande, ce n'est que lui... Ce n'est que l'expression d'une supplique, oui : qu'on le lâche ! Bon alors, on en sort comment, de ce genre de situation ? "On en sort quand le miroir se casse, répond Ali Magoudi... Tant que ce n'est pas fait, l'image de soi reste toujours aussi belle... Or, depuis quelque temps, on a l'impression qu'il cherche à tout prix à le briser, le miroir, atteignant ainsi une position masochiste... Et le miroir, finalement, ne sera brisé que le jour où le Président n'en aura plus besoin". Comme le disait Woody Allen : "L'éternité, c'est long... surtout vers la fin". Et Nicolas Sarkozy, dans tout ça ?... Il compte les points ? Il se prépare, répond "Le Figaro", avec une stratégie toute simple... Enfin, sur le papier... Une stratégie qui consiste à imposer l'idée que sa candidature est évidente. Il faudra bien pourtant qu'il se déclare candidat, officiellement... Eh bien, qu'à cela ne tienne, explique l'un de ses conseillers : il veillera à ce que cette déclaration de candidature ne soit pas mise en scène, ou le moins possible. Il fera comme Mitterrand, en 88... Vous vous souvenez certainement de cette façon qu'il a eue de répondre à la question de savoir s'il serait candidat une deuxième fois... C'était au journal de 20 heures : il avait répondu "Oui, bien sûr". C'est ce qu'on appelle une "candidature naturelle", précise "Le Figaro". Et puisque nous sommes en pleine Coupe du Monde de football, "Le Parisien", lui, s'amuse au petit jeu de la feuille de match entre Nicolas Sarkozy et Ségolène Royal, avec le fameux schéma de la composition des équipes. Ce qui est intéressant, c'est l'analogie avec les postes occupés. Ainsi, en tant qu'avant-centre, donc l'homme le plus offensif, celui qui doit marquer les buts... Chez Sarkozy, c'est Brice Hortefeux... Et chez Ségolène Royal, c'est Julien Dray. Amusant également de voir que François Hollande se retrouve gardien de but... Il serait donc l'ultime rempart défensif. Petit jeu qui ne devrait pas déplaire à Daniel Cohn-Bendit, qui est fan de foot, et qui se retrouve milieu de terrain numéro 8 chez Ségolène Royal... Laquelle porte bien sûr le numéro 10, celui du meneur de jeu, de la star, comme Zidane et Platini... Numéro 10 porté également par celui du camp d'en face : Nicolas Sarkozy. Royal-Sarkozy, c'est un peu comme Brésil-Allemagne... La chronique d'une finale annoncée. Au fait, Ségolène Royal a-t-elle des idées en économie ?... A-t-elle un programme ? Interpellé par sa façon de piétiner allègrement le bénitier idéologique socialiste, dont l'eau n'a pas été changée depuis 30 ans, "Capital" s'intéresse donc à la candidate pas encore candidate officielle, avec pas mal de bienveillance, puisque le mensuel économique constate qu'elle a une opinion sur tout, mais n'entre dans le détail sur rien... Normal, affirme "Capital" : l'heure n'est pas encore à l'étalage des programmes... Les Français voulaient d'abord du changement... Avec Ségolène, ils sont servis, parce qu'elle apporte un peu de fraîcheur au débat. "Capital" qui s'intéresse aussi à ce qui peut être, d'une certaine façon, "la vie après la vie"... Un "ailleurs" lucratif, qui porte un nom : conférencier. Arrondir ses fins de mois en discourant pour les entreprises... C'est possible, explique le mensuel, à condition d'être un intello, une star du sport ou un ex-chef d'Etat... Le must étant d'avoir été un aventurier. Prenez Neil Armstrong, le premier homme qui a posé le pied sur la Lune... Ca fait 37 ans qu'il raconte son exploit, dans des conventions d'assureurs ou des séminaires de forces de vente, sans jamais se lasser. On le comprend : tout le monde n'est pas allé sur la Lune... Mais bien plus prosaïquement, il repart de chaque conférence avec un chèque de 75.000 euros. Cela dit, dans un genre moins aventurier, Valéry Giscard d'Estaing a tout à fait les pieds sur terre, puisqu'il facture 80.000 euros sa prestation... Moins que Bill Clinton toutefois, qui, lui, émarge à 200.000 la conférence. Les sportifs, également, sont souvent demandés, à 17.500 euros la prestation, pour coacher des cadres commerciaux... Les intellos font recette aussi, et empochent la recette... La parole de Bernard-Henri Lévy coûterait par exemple 30.000 euros, selon les estimations de "Capital". Voilà... On va terminer avec tout autre chose... J'ai dans les mains un certain objet du désir... Un hors-série du "Point" intitulé "Les textes fondamentaux de l'érotisme"... En partenariat avec France Inter. C'est que la littérature érotique est intéressante... Parce qu'en même temps qu'elle exprime l'art d'aimer et de jouir, explique "Le Point", elle dit la diversité de l'homme à travers ses tentations, ses pulsions et ses plaisirs... En cela, oui, elle est fondamentale. Et puis, ce numéro spécial, c'est aussi l'occasion faire quelques découvertes, comme celle-ci par exemple, sur l'islam qui, loin de condamner la sensualité, a au contraire abordé les questions sexuelles sans tabous. Ainsi, les imams rédigeaient-ils des codes de pratique amoureuse, et les poètes chantaient librement les plaisirs de la chair, vus comme une bénédiction. L'érotisme était même élevé au rang de discipline de l'esprit. Dans les religions asiatiques, il est confirmé que l'union sexuelle réconcilie le corps et l'esprit, comme nous l'enseignent le tantrisme tibétain ou le taoisme chinois, par exemple. Et en France ?... Après un 19ème siècle frileux, les Années Folles voient fleurir les livres érotiques, avant que la censure ne fasse son retour dans l'après-guerre... Mais arrivent ensuite les grands succès des années 50 et 60, qui ouvrent la voie à une nouvelle liberté amoureuse, indissociable du féminisme, relève "Le Point" dans son numéro spécial, qui se termine par le constat d'aujourd'hui : "Fini la censure !... Surmédiatisée, la pornographie est partout... Le voyeurisme sexuel est même revendiqué par les femmes, au nom de leur liberté... D'où la question : quel est l'avenir de l'érotisme, à l'ère du sexe intégral ?" Question de sens, finalement... Inquiétude légitime ou non... Il reste un principe, comme un salut... Si la pornographie fait vendre, l'érotisme, lui, se vit. Bonne journée. A demain.

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