Le revue de presse est présenté ce matin par Alain Le Gouguec Bonjour... "Monsieur le Président de la République, au nom du Congrès du Parlement, je vous souhaite la bienvenue. Vous avez la parole."... C'est par cette phrase très solennelle que le président de l'Assemblée Nationale Bernard Accoyer accueillera cet après-midi le chef de l'Etat devant le Congrès parlementaire (députés et sénateurs) réuni à Versailles. "Sarkozy s'invite au Congrès", "A Versailles, Sarkozy FAIT son Congrès", "Sarkoshow à Versailles"... Ces titres ornent les Unes de L'Est Républicain, Nice Matin et L'Union, L'Union, quotidien dans lequel Jean-Michel Roustand semble se demander s'il faut faire toute une histoire du discours de Nicolas Sarkozy devant les deux Chambres. A ses yeux (aux yeux de Jean-Michel Roustand), ce ne sera "qu'une intervention présidentielle de plus avec un public comme dans un banal meeting". "Historique" ? Il en doute, l'éditorialiste de L'Union. Dans Sud-Ouest, son confrère Bruno Dive voit bel et bien l'Histoire s'écrire, lui. Il nous prend à témoin : "C'est la place du Premier ministre que Nicolas Sarkozy va prendre cet après-midi, lui ôtant ainsi l'une de ses dernières prérogatives : celle d'intermédiaire entre le Président et le Parlement". Et ailleurs ?... Ailleurs en Europe, ça se passe comment ? ...Au Royaume-Uni, note André Schlecht dans L'Alsace, il y a le "Discours du Trône". Mais à Londres, la Reine ne fait que lire un texte écrit par le Premier ministre. Et voilà qu'apparaît dans la presse une nouvelle expression, que renforce l'image du décor versaillais : "Président-Soleil", comme on disait "Roi-Soleil" sous Louis XIV, monarque absolu entouré de courtisans. Dans La République du Centre, Jacques Camus précise, à propos de l'allocution du jour, que "ce sera le discours d'intronisation de... Nicolas II". "Nicolas II" : ce titre orne la Une du quotidien Libération. Un dessin de Willem représente le Président de la République avec sceptre et couronne devant un parterre d'oreilles (oui, d'oreilles !... Les visages ne sont pas dessinés)... Et en surtitre, cette phrase : "Le Président souhaite relancer son... septennat" (vous le saviez, vous, que Nicolas Sarkozy avait été élu pour sept ans ?). Dans vos journaux, ce matin, on s'emmêle un peu dans les chiffres. Ici, le mandat présidentiel passe de cinq à sept ans ; ailleurs, on dit que la prise de parole du chef de l'Etat devant le Congrès est une première depuis 1848, puis 1875 : quelques petites vérifications s'imposent. De quoi le chef de l'Etat parlera-t-il devant les députés et sénateurs réunis à Versailles ? Puisqu'on est dans les chiffres, dans les nombres, dans les dates et dans les âges, le gros titre du Parisien-Aujourd'hui en France ne vous échappera pas, je vous le lis : "La retraite à 60 ans, cette fois, c'est fini !". Le Président de la République devrait annoncer cet après-midi une réforme destinée à faire reculer l'âge de la retraite. Il devrait aussi évoquer une refonte de la Sécurité Sociale et la mort du département comme entité administrative. Dans Le Figaro, dans La Tribune, on vous annonce que le Président s'apprête à "dévoiler" ou "dessiner de nouveaux horizons pour préparer l'après-crise" (cette expression, "nouveaux horizons", sonne comme un slogan sorti de la cogitation de quelques joyeux communicants). Le leitmotiv de l'Elysée et du gouvernement, c'est la réduction des dépenses de l'Etat. Envoyé en éclaireur, hier, chez l'un de nos concurrents, le ministre du Budget Eric Woerth a bien vendu le concept en révélant que "le déficit public de la France atteindra cette année entre 7 et 7-et-demi pour cent du produit intérieur brut". Et il n'y aura pas de hausse d'impôt. La presse économique développe largement cette information. ...Réduire les déficits publics ? D'accord. Dans le quotidien Les Echos resurgit (assez discrètement quand même) la polémique qu'a fait naître le coût de la réunion aujourd'hui à Versailles des députés et des sénateurs venus écouter Nicolas Sarkozy : 400.000 €. Le précédent Congrès avait coûté un peu plus de 230.000 €, un peu plus de la moitié de ce qui sera dépensé cette année. C'est, paraît-il, le déjeuner prévu à l'Orangerie qui alourdira l'addition. Avec ça, souhaitons bon appétit à nos parlementaires. Dans l'opposition, les Verts, les communistes, ne participeront pas à la fête. Ils ont décidé de boycotter ce qu'ils qualifient de Congrès "mascarade". Tout comme le numéro 1 du MoDem François Bayrou, les élus socialistes assisteront à l'intervention du chef de l'Etat mais bouderont le débat qui suivra. Dans Ouest-France, Michel Urvoy juge sévèrement cette stratégie de la "chaise vide". Pour lui, "l'opinion ne comprendra pas ce refus de s'exprimer quand (l'opposition) se plaint, par ailleurs, d'être brimée à l'Assemblée". Ce point de vue, l'éditorialiste de Ouest-France le partage avec ses homologues du Journal de la Haute-Marne et de Libération. Dans Libé, Laurent Joffrin note que "Ecouter le Président mais refuser de lui répondre", ça fait une "drôle d'opposition". Joffrin ajoute que l'on "eût aimé, au contraire, qu'un fier orateur vienne porter au chef de l'Etat la contradiction avec talent et conviction". Constat : "Le PS ne l'a pas voulu", à moins, souligne encore le directeur de Libération, que les socialistes aient "préféré se taire parce qu'ils ne pouvaient s'accorder sur le nom d'un porte-parole". Dans ce même journal (Libération), vous apprendrez à la lecture d'un petit encadré situé en bas de page 12 que "Nicolas Sarkozy consacrera une partie de son discours à la burqa et au niqab", vêtement que l'on désigne en d'autres termes sous l'expression "voile intégral". L'autre gros titre du jour, dans la presse française, c'est l'Iran... ...Et cette question, dans les pages Monde du quotidien Le Parisien-Aujourd'hui en France : "Combien de morts en Iran ?". En Une du Figaro, vous lirez que "les affrontements de samedi auraient fait treize morts" mais qu'une ambassade occidentale à Téhéran évoque une centaine de victimes. ...Des victimes, à en croire la presse du jour, il devrait aussi y en avoir au sommet de l'Etat iranien, gagné par la division, comme l'écrit La Tribune. Libération s'attarde aussi sur "la guerre sourde des religieux". Rafsandjani-Khamenei : "les deux hauts dignitaires s'affrontent. Depuis le début des événements il y a une semaine, l'ancien Président Ali Akbar Hachémi Rafsandjani est silencieux. Mais, dans la coulisse, il est à la manoeuvre. De ce fait sans doute, on a interpellé il y a deux jours sa fille, et son fils, sur le point d'être capturé, aurait réussi à prendre la fuite". Selon La Croix, "l'étau se resserre" ; le pouvoir est "déterminé à étouffer la protestation". Dans Le Télégramme, le régime iranien "désigne ses ennemis". Pour Ouest-France, "l'Iran durcit le ton" face à l'Occident. Et dans L'Alsace, "Téhéran accuse l'Europe d'attiser la crise". L'envoyé spécial du Figaro Georges Malbrunot décrit ce qu'il appelle "les armes redoutables de la répression". Il décrit la violence des Bassidji, les miliciens islamiques, qui sèment parfois la terreur dans les manifestations en utilisant des machettes. Il revient aussi sur les pressions qui redoublent contre la presse étrangère. Je vous lis la fin de son article : "Samedi, deux policiers se sont déplacés à notre hôtel, porteurs du message suivant : 'Votre visa expire ce soir à minuit. N'essayez pas de prolonger votre séjour, vous serez dans l'illégalité. Personne ne pourra alors garantir votre sécurité'". Georges Malbrunot finit par ces mots : "Tous les journalistes étrangers ou presque devaient quitter Téhéran ce week-end. Hier soir, un journaliste canadien de Newsweek a été arrêté". Dans L'Humanité enfin, on s'intéresse à Mir-Hossein Moussavi, leader de la contestation, un homme qui se définit lui-même comme un "réformateur attaché aux principes"... Quels principes ? ...L'Huma répond partiellement à cette question en quelques mots : "Personne ne sait vraiment jusqu'où il peut et surtout jusqu'où il veut aller". Encore un mot, Alain ? J'aurais aimé vous parler de ce qui se passe à l'Olympique de Marseille. J'ai cherché à comprendre et j'ai fait chou blanc. Je me contente donc de vous citer quels titres qui ne vous permettront pas d'y voir plus clair. - A la Une de La Provence : "Bernès récusé, Dassier réfléchit". - Dans Le Parisien-Aujourd'hui en France : "L'OM et Dassier enfin d'accord ?". - Dans L'Equipe : "Toujours le grand bazar". -... Et dans Libération : "Mais qu'est-ce qu'ils footent (F-O-O-T-E-N-T) qu'est-ce qu'ils footent à l'OM ?". Sur ce flou phocéen, je vous souhaite une bonne journée.

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