La revue de presse par Laetitia Gayet.

En ces temps de colère contre la loi travail matinés d'incertitude autour de la manifestation de demain à Paris. Y'aura, y'aura pas. Il en est qui aujourd'hui, payent. Ce sont les militants du Parti Socialiste.

LIBERATION a fait son tour de France du PS. Au total, 120 permanences de députés ou siège de fédérations ont été dégradés, vandalisés ou ont été la cible d'opposants à la loi El-Khomri. Tibaud, permanent du PS dans son local à Grenoble. "On n'est pas près de le rouvrir. Regardez. Là, c'est notre frigo qui a pris les balles. Je n'aurais jamais pensé vivre ça." Une salariée rue de Solférino à Paris : "Le jour du 49.3, des groupes de gens se sont massés devant les grilles pour nous insulter." Mathieu secrétaire de la section du Havre : "Le 12 mai, jour de mobilisation, le mobilier de la permanence d'une députée a été retourné, cassé. Ils ont tenté de mettre le feu. Désormais, les jours de mobilisation, les locaux sont vides. Les assistants parlementaire qui y travaillent, ont la trouille au ventre."

Par ici l'addition. Une photo prise le 3 juin, devant la Compagnie industrielle maritime où mes salariés ont fait grève pendant 18 jours, résume le tout. Sur fond noir, ces mots : "Enculés de socialistes"

Pourtant, à l'intérieur même du PS, les mots ne sont pas tendres pour l'exécutif.

Sans surprise, réunions de militants à lire toujours dans LIBE. Entre compassion et lassitude. Certains l'affirment.

"Ne comptez pas sur moi pour voter Hollande au premier tour en 2017." D'autres dénoncent le silence assourdissant de Jean-Christophe Cambadélis.

Mais le premier secrétaire du Parti Socialiste parle ce matin.

Dans LES DERNIERES NOUVELLES D'ALSACE. Mi-juillet, nous serons sortis dit-il, de ce semestre calamiteux. L'opinion sera moins dans le jugement. Plus l'on s'approchera de la présidentielle, plus le regard sur François Hollande va changer.

En attendant, on continue d'attaquer. François Fillon dans LE FIGARO : "Depuis 4 ans, on a un président de la République. Mais pas de chef à la tête de l'Etat."

Voilà qui nous amène à la journée d'action de demain contre la loi travail.

François Fillon dénonce l'absence d'autorité vis à vis de la manifestation à Paris. D'une décision claire. Car ce matin, où en est-on ? Manif ou pas à Paris ? Pas de décision officielle à cette heure. Même si le site du PARISIEN continuait d'affirmer hier soir, que la préfecture de police de Paris devrait donner son accord à une vraie manifestation.

L'interdiction, même si la tentation est là, on sent bien que le gouvernement n'ose pas franchir le cap écrit Richard Treibel des DNA. Cela reviendrait pour lui, à couper les très minces filins qui le relient encore à la gauche.

LE CANARD ENCHAÎNE assure lui, qu'à la CGT, on a déjà anticipé une tactique si l'interdiction est prononcée. Il n'y aura pas de grand rassemblement, mais une quantité de petits attroupements bloquants, organisé sur le principe des flashmobs.

Cette idée de mobilisation éclair, montre que le manifestant d'aujourd'hui a changé, mais pas les policiers.

C'est l'analyse du sociologue Fabien Jobard dans MEDIAPART. Après les évènements de 68, on avait instauré une présence policière dissuasive et un dialogue permanent avec les organisateurs de manifestation. Et la France à ce titre, a longtemps fait figure de modèle en matière de maintien de l'ordre. Mais la conception des foules a changé.

Elle n'est plus une. Elle est formée de plusieurs groupes. Alors que la police est nécessairement virile et chevaleresque, faite de force et de bravoure. C’est une police-forteresse, une police du dernier rempart.

Si la police cède, la société s'écroule. Il y a une forme d'hégémonie culturelle du type : aucune autre police est possible, aucune autre n'est imaginable.

Dans L'HUMA, ceux qui ont vécu les violences policières lors des manifestations témoignent. Le journal engagé affirme que les forces de sécurité n'ont pas assuré la sécurité des manifestants.

Et c'est là que Michel Houellebecq propose d'élever le débat.

L'écrivain est ce matin, le rédacteur en chef des INROCKS.

Il avoue n'avoir rien fait ces 20 dernières années à part bouquiner. Et dans une interview croisée avec Emmanuel Macron, le ministre de l'Economie... Interview croisée, parce qu'on se demande parfois qui interroge l'autre. Michel Houellebecq est pour la démocratie participative, le référendum populaire. Il n'y a pas d'organisation humaine sans reconnaissance d'une forme d'autorité répond Macron.

Le rôle d'un politique n'est pas de promettre aux gens le bonheur. Mais de leur donner un cadre pour s'émanciper.

L'entretien est parfois perché entre définition du capitalisme, du libéralisme, du monothéisme. On parle d'esprit français très célinien. Et puis vers la fin, il y a ceci. Michel Houellebecq : "Je suis assez prétentieux sur le plan littéraire." Réponse d'Emmanuel Macron : "Les Français sont très prétentieux sur le plan politique. Ils veulent que leur pays soit une grande puissance. Mais sans qu'on les bouscule dans leur quotidien." Houellebecq : "J'ai l'impression d'être transgressif sans le vouloir." Macron : "J'ai le même problème."

Quoi d'autre dans la presse ?

Les Français de moins en moins favorables aux aides sociales. Note de la Fondation Jean-Jaurès à lire dans LA CROIX.

Le retour de la taxe soda dans LE PARISIEN-AUJOURD'HUI EN FRANCE. Un rapport parlementaire propose d'augmenter les taxes des boissons sucrées pour financer la baisse des produits alimentaires de grande consommation.

Le procès aujourd'hui, de l'application de transports entre particuliers Heetch. Un procès sur le modèle d'Uberpop. Philosophe, une utilisatrice de Heetch assure au MONDE que même si Heetch disparaît, il y a une telle demande, qu'un autre site prendra le relais. Ce qui fait dire à Virginie Calmels adjointe au maire de Bordeaux Alain Juppé dans LES ECHOS : "J'ai pleinement conscience des problèmes qu'induisent ces inonvations. Mais la facilité serait d'interdire. Alors qu'il faudrait plutôt accompagner."

Et puis les phrases du jour qui font sourire ou navrent au choix. Le sourire c'est pour George Clooney dans VANITY FAIR. A propos de sa femme Amal Alamuddin : elle est attentionnée, brillante, drôle. Je me contente d'être mignon à ses côtés.

Dans L'EQUIPE, toujours très instructif, les j'aime-j'aime pas de footeux. Laurent Koscielny, le défenseur des bleus aime ses enfants et la Corrèze. Il n'aime pas les abats... et... lire...

Pour terminer, une projection à J-1 du référendum en Grande-Bretagne.

Loin des débats d'hier à Londres, THE INDEPENDANT choisi d'anticiper le résultat. Alors voilà, c'est le camp du Brexit qui l'emporte. Projetons-nous maintenant, 100 jours après le scrutin. Voilà ce à quoi ressemblerait la Grande Bretagne. Exit David Cameron, c'est Boris Johnson le nouveau premier ministre. A la radio en ce jeudi 6 octobre 2016, voici les titres de la BBC Four. Les valeurs des fonds de pensions britanniques ont chuté. On va annoncer des nouvelles coupes budgétaires. Les spécialistent prédisent une récession durable et profonde. L'Ecosse annonce un nouveau référendum sur l'indépendance. Et puis vient l'interview de Boris Johnson. Le journaliste de la BBC Four demande :"Nous payons quand même un lourd tribu à notre sortie de l'Union Européenne ? Oui mais les gens ont voté pour reprendre le contrôle non ? Et puis, la récession sera courte.

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