Zeev Sternhell secoua la France "comme un prunier fasciste" dit Mediapart, admiratif de cet historien pour qui le fascisme était né en France; ses thèses furent un scandale (Le Monde, Libération, le Figaro). Un boa constrictor femelle s'est échappée à Antibes, elle est inoffensive et ne mange que des rats, Nice-Matin

On parle de licenciements...

Des licenciements impressionnants, un tiers des effectifs d'une grande marque mondiale... Mais des licenciements étranges, car la compagnie qui licencie s'appelle Oxfam, une organisation non gouvernementale écologiste et progressiste, qui dénonce sans faiblir les abus du capitalisme mais qui dans la difficulté, fait partir 1500 salariés, et l'Opinion ce matin exécute Oxfam, « une supercherie » proclame le journal libéral, qui observe qu'Oxfam utilise les mêmes astuces de vocabulaire que "les affreuses multinationales broyeuses de travailleurs": "Oxfam accélère les changements stratégiques de ses opérations globales", ce genre -là, et l’Opinion se demande si Oxfam est bien placée pour donner des leçons de morale.

Cette charge ne vient pas au hasard ce lundi quand Oxfam publie un rapport sur les dividendes que versent les entreprises françaises du CAC 40 à leurs actionnaires, ils auraient augmenté de 70% entre 2009 et 2018... L’Humanité titre sur le « Grand festin » des actionnaires, mais l'Opinion conteste un rapport biaisé, « caricatural, » digne d'une ONG aux indignations sélectives, qui fustige plus facilement l’Occident que la Chine, et qui traine sa part de casseroles, ...  

Et ainsi entre le communiste l'Huma et le libéral l'Opinion, on contemple deux faces de la vérité...  Ce que dit Oxfam dans l'Huma, ce que fait Oxfam dans l'Opinion. Je lis dans l'Humanité une bonne interview de l'ancienne ministre verte Cécile Duflot, président de Oxfam france, qui fustige la vision à court terme des entreprises, qui distribuent des dividendes au lieu d'investir dans la transition écologiste... Mais dans l'Opinion, Cécile Duflot est épinglée pour un tweet lénifiant sur le dégraissage de son organisation, "on organise le départ progressif des équipes », et pour un autre tweet enthousiaste "ca va etre génial on a hâte",  qui salue une campagne de recrutement d'Oxfam France: recrutement de jeunes bénévoles..."On n'ose imaginer la volée de bois vert que recevrait d'Oxfam une entreprise débarquant le tiers de ses effectifs et recrutant massivement des stagiaires dans la foulée..." L'Opinion a la conclusion cruelle.

Pendant, ce temps, dans le Courrier Picard, un homme prend notre avenir au sérieux. il s'appelle Jean-Luc Verdière, pompier à la retraite de 59 ans, et l'un des membres de la Convention citoyenne pour le climat, et Verdière nous adjure, nous media d'être aussi sérieux que lui: "Il ne faut surtout pas s’arrêter au buzz ! Nous rendons un rapport de 600 pages, toutes ne feront pas le buzz !"... En clair, il n'y a pas que la baisse du temps de travail -proposition retoquée finalement- ou les 110 à l'heures sur l'autoroute qui méritent attention... 

Les Echos dissèquent l'enjeu du référendum, que les citoyens de la Commission veulent réserver à l'introduction de l'environnement dans la Constitution. Dans le Monde des élus de la majorité emmenés par Pascal Canfin, président de la commission environnement du Parlement européen, s'engagent à être au rendez-vous de la convention, et au-delà. Le débat n'est pas médiocre.

On parle d'une autre dispute...

Dont le sujet était essentiel, il s'agissait de la France et de son passé peut-être trouble. La dispute opposa de grands historiens il y a près de quarante ans, elle fut initiée par un homme qui est mort hier, que célèbrent Libération; Mediapart et le Monde, et que réfute le Figaro: il s'appelait Zeev Sternhell, il était historien et aimait deux pays, le sien, israel dont il avait été soldat, « patriote archisioniste », mais dont il ne ménageait pas le nationalisme, et le nôtre, la France, où il avait vécu, jeune juif rescapé de la Shoah. 

Sternhell avait l'amour rugueux: il affirmait que l'idéologie fasciste s'était forgée en France à la fin du XIXe siècle et au début du XXe, née à la faveur d'une crise de civilisation, une révolution intellectuelle et industrielle, qui par contrecoup avait rapproché des nationalistes et des syndicalistes révolutionnaires hostiles à la modernité, aux Lumières et à la démocratie... Le fascisme italien et le nazisme n'avaient été que les sucCesseurs, paroxistiques, de ce bouillonnement français...

Cette thèse éclata en 1983 dans un livre qui fit scandale, "Ni droite ni gauche, l'idéologie fasciste en france"... Des grands historiens, René Rémond, Serge Berstein, s'unirent contre Sternehhll qui écorchait notre innocence et nos arrangements... Il y eut un drame, le grand philosophe Raymond Aron mourut d'une crise cardiaque après être allé soutenir au tribunal, contre Sternhell, un de ses amis, autrefois compromis avec le nazisme... Il y eut des disputes de fond dont vous pouvez imaginer la profondeur en lisant sur le site de l'Obs un excellent débat, remis en ligne, entre Serge Berstein et Sternhell...

Tout ceci donc se raconte dans nos journaux, le Monde, le Figaro, Mediapart qui raconte avec gourmandise la guerre de Sternhell contre la vieille histoire, et titre ainsi, "il secoua la france comme un prunier fasciste", c'est rude mais beau et c'est un plaisir de relire ces moments où dans l'histoire, on parlait de nous.

Et on parle d'animaux pour finir...

Des « chardonnerets élégants », que des braconniers trafiquent, car on goûte à l’étranger leur beauté et leur chant, et la justice hausse le ton à l'instar de la Dépêche qui nous dit ces merveilles menacées...

Un boa constrictor que son propriétaire a perdu, c'est a Antibes, c'est dans Nice-Matin, la coquine (c’est une femelle de trois ans et d'un mètre cinquante) s'est faufilée via des travaux, son propriétaire a passé une annonce sur Facebook et a subi la colère du peuple internaute affolé; il jure pourtant que son animal est sans danger, il n'a jamais attaqué son chat, il mange juste un rat de 200 grammes toutes les trois semaines, la pauvrette a peur, elle doit être lovée dans un coin.

A propos de rats, je lis que désormais à Paris, on les élimine à la neige carbonique, qui les asphyxient dans leurs galeries. C'est dans le Figaro, avec photo. si le coeur vous en dit.

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