Dans la presse ce matin : faire, défaire et refaire !

Défaire et refaire c'est toujours travailler. Le ministre de l'éducation nationale Vincent Peillon en fait lui même la démonstration : il vient de décider que l'évaluation des élèves de CM1/CM2 cette semaine, restera dans les tiroirs des écoles. Les résultats ne seront pas communiqués. Pourquoi ? C'est Francis Brochet dans le Progrès qui s'interroge: parait que cette évaluation voulue par le précédent ministre serait inutile et même néfaste, en encourageant la compétition des écoles.

Possible, mais tout de même conclut Brochet, faire plancher pendant une semaine plus d'un million et demi d'élèves et leurs enseignants pour ensuite se priver d'analyser les résultats, curieuse conception du travail !

Dans la Nouvelle République Denis Daumin se montre tout aussi sceptique: oui, oui bien sur, la république est une et indivisible et son école aussi. On peut écouter poliment le nouveau ministre sans être obligé de le croire, car la concurrence entre les établissements existe depuis des années lumières et tous les profs le savent. D'ailleurs leurs enfants sont rarement mal aiguillés, colonisant au contraire les circuits de l'excellence.

bref, sans débattre sur le fond, c’est la méthode qui semble choquer, ce jeu du défaire et refaire auquel pourtant il va falloir se faire.

Les exemples sont déjà nombreux. Dans les déclarations d'intention ou les gestes symboliques des ministres veulent afficher très vite la rupture.

Aaurélie Filippetti ici même hier, sur la réforme du CSA et le mode de nomination des PDG des chaines publiques. Et Christine Taubira sur la politique judiciaire de Nicolas Sarkozy.

Le Monde ne s'y est pas trompé en soulignant les deux premières visites de la Garde des Sceaux, l’une à la finale du challenge national de basket pénitentiaire à Bercy, l'autre à l'antenne des mineurs du palais de justice de paris: on ne peut être plus claire sur ses priorités !

Ce qu'Yves Thréard appelle en une du Figaro « la mission pédagogique de Christiane Taubira ». Pour marquer sa différence, écrit-il, rien de mieux que de s'attaquer à quelques symboles et peu importe l'efficacité des mesures adoptées ces dernières années, l'idéologie commande de les abroger, de faire autrement.

Sur les mineurs délinquants par exemple, c’est simple et le Figaro s'en émeut à la une : la Ministre de la Justice prévoit de supprimer le Tribunal correctionnel pour les récidivistes de 16 à 18 ans, autrement dit, c’est clair : elle veut moins de répression!

Faute grave, commente le député UMP Eric Ciotti qui dénonce ces vieilles lunes auxquelles les socialistes continuent de s’accrocher, notamment leur angélisme qui toujours a lésé les victimes.

On attend avec curiosité la réaction de Manuel Valls le ministre de l’intérieur qui de son coté raconte le Figaro toujours cherche à rassurer policiers et gendarmes et se pose en garant du bon sens.

En attendant conclut Jean-Marc Leclerc c'est bien la place Vendôme qui donne l'impression de prendre la main sur des sujets essentiels aux yeux des français.

Dans le même ordre d'idée, du coté de la Cnaf, la caisse nationale des allocations familiales, on attend que le gouvernement défasse la loi sur l'absentéisme scolaire: c’était une idée du député Ciotti cité plus haut : suspendre les allocs aux parents dont l'enfant fait trop souvent l'école buissonnière. On lira dans Le Parisien le bilan sur un peu plus d'un an : 472 familles sanctionnées, à rapprocher des 11 millions d'élèves scolarisés. Un vrai flop pour le parisien qui souligne les réticences affichées depuis le début par les milieux professionnels et associatifs. En rappelant que le PS s'était engagé à abroger ce texte.

Défaire c'est bien, refaire c'est mieux.

Et parfois le nouveau gouvernement n'a pas le choix. Voyez la loi sur le harcèlement sexuel, il va devoir refaire une loi de gauche, votée sous le gouvernement Jospin, défaite par le conseil constitutionnel. Et là titre Libé, astucieusement, c’est un peu les Sceaux, (les sceaux du Garde des sceaux) dans le vide.

Va falloir très rapidement combler le vide juridique laissé par cette décision surprise des sages, qui n'ont pas usurpé leur appellation d'ailleurs puisque comme le souligne François Sergent, du point de vue du droit les raisons qu'ils invoquent sont incontestables: l’article du code pénal définissant le harcèlement sexuel était trop flou et le fait est, là c'est un magistrat Denis Sala qui le dit : on ne peut pas accepter qu'en démocratie des gens soient incarcérés ou condamnés sur le fondement d'une loi trop imprécise et trop élastique. En fait dit-il on paie la rançon de toutes ces lois votées dans l'émotion après un fait divers, des lois dont l'application est souvent dérisoire par rapport aux débats passionnés qu'elles suscitent en somme conclut le magistrat c'est un message fort qui est envoyé aux parlementaires par le Conseil constitutionnel.

Faire et refaire d'accord mais prudemment...

De la même façon attention aux futures mesures contre les plans sociaux: là aussi tout reste à faire et c'est un casse tète prévient Le Parisien. Le ministre chargé du redressement productif Arnaud Montebourg l'a dit : « nous encaisserons des échecs mais il faut tout tenter ». Façon de répondre au Jospin des années 2000 qui disait : « l'Etat ne peut pas tout ». Tout ce dont est sur pour l'instant commente Le Parisien c'est qu'il y a bien une volonté politique de faire, reste à savoir comment car la concertation a ses limites. Des mesures fortes sont à l'étude mais elles seront difficiles à mettre en œuvre. Des ouvrières anciennes de chez Fralib le disent au journal : « on est plus confiantes qu'avec Sarkozy mais on n'attend pas de miracles »…

D'autant que rien n'est jamais définitivement acquis.

Ce que vient de vérifier à ses dépends Mark Zuckerberg, le patron fondateur de Face book. On lira dans Les Echos, Le Figaro pourquoi comment l'introduction de son titre en bourse tourne au fiasco. Vous imaginez : un géant comme Facebook qui fait douter les investisseurs, contesté dans sa solidité financière et contesté dans son principe.

C'est Laure Belot qui raconte dans le monde l'émergence d'une vague de nouveaux réseaux sociaux plus discrets, qui n'utiliseraient pas leurs données privées à des fins publicitaires. Leurs noms : Path, Pair, ou Kid folio réseau plus orienté vers l'univers des enfants.

Les français ne sont pas en reste : Famicity le pionnier a déjà 70000 membres. On peut citer aussi sénior évasion pour rompre la solitude des personnes âgées, ou encore Hoople qui sera lancé le mois prochain: un réseau qui se veut pratique car, c'est vrai explique son fondateur, on est tous super connectés mais il est toujours aussi difficile de récupérer les devoirs à faire pour les enfants. Bref des réseaux, conclut Le Monde, qui ne servent plus seulement à raconter sa journée mais à l'organiser. Des réseaux thématiques où surtout les usagers peuvent garder un minimum de contrôle, sans pour autant s'affranchir de Facebook, qui reste la plate forme centrale. Pas besoin de tuer le père.

On peut faire sans défaire...

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