L'homme qui sauva Niki Lauda est dans l'Equipe. En Chine, quand on appelle un mauvais citoyen endetté, on est accueilli par un message nous invitant à le remettre dans le droit chemin, (Le Figaro). L'empire du casual et des leggings au boulot, en Californie (Les Echos). L'oppressante "culture générale" (Le Monde).

Le journal L'indépendant raconte le calvaire d'une femme battue
Le journal L'indépendant raconte le calvaire d'une femme battue © Getty / Kittisak Jirasittichai / EyeEm

On parle d'une femme qui a peur 

Que l'Indépendant appelle Marie, belle quinquagénaire qui vit recroquevillée dans la peur de la mort depuis l'été dernier, et dont voici l'histoire... elle commence par la rencontre d'un homme et une histoire d'amour, appelons-le Michel, il est tendre, aux petits soins, attentionné, passionné, possessif, jaloux, il la veut pour lui seul, elle veut le quitter. 

Le 3 juillet 2018 « Michel m'a attrapée par les cheveux, il m'a donné des coups de poing au visage et sur les côtes, et m'a frappée avec une serviette mouillée » et il lui a dit « Je vais te faire vivre un enfer, tu ne sais pas qui je suis»... 

Marie porte plainte, elle découvre que 19 ans plus tôt, en juin 1999, Michel avait été trouvé près du corps de son épouse, torturée et assassinée, avec une lettre dans laquelle il écrivait avoir agi par vengeance: il s'en était sorti dans un non-lieu thérapeutique, jugé irresponsable...  

Et son histoire ne s'arrête pas là. Le 3 septembre dernier, Michel a été jugé, condamné à douze mois de prison dont six avec sursis, il a fait appel et il est donc libre de la suivre en voiture, et en janvier dernier, libre d'aller nager comme elle à la piscine du Canet, où, dit Marie, il a essayé de la noyer. 

C'est raconté dans l'Indépendant qui s'engage ce matin contre les violences faites aux femmes, non ce n'est pas un sujet rebattu. 

Dans Libération -que vous lirez sur Internet, comme toute la presse nationale, en raison d'une grève des messageries- on apprend qu'en Espagne, Vox, la formation d'extrême droite qui monte, ne veut plus qu'on défende les femmes battues, car "on ne parle que des femmes tuées, mais pas des violences entre pères et fils, entre homosexuels, entre tantes et nièces"... 

Et le Parti populaire, de droite classique et dépassée, est sous cette influence. Entre un fait divers et la politique, on peut trouver un lien...  

Ils ne sont pas gratuits, nos fait-divers qui disent nos gouffres. Dans le Parisien, on lit -c'est insoutenable- le compte rendu du procès d'un homme qui a tué sa fille de trois ans pour faire du mal à son ancienne compagne. Il demande pardon, elle a refait sa vie, elle a un petit garçon, elle aide les enfants en difficulté. « Je veux leur apporter ce que je n'ai pas pu apporter à Léa »... Léa dont on voit la photo, on ne sort pas indemne de la lecture des journaux. 

Les journaux nous parlent aussi de sauvetage...   

Et nous nous y réchauffons. Dans l'Equipe, Arturo Merzario raconte comment il mit sa Formule Un en travers de la piste pour bloquer la course le jour où Niki Lauda brûlait dans sa voiture, il sortit Niki de sa Ferrari et le rendit à la vie dans un massage cardiaque et la respiration artificielle, et pourtant il ne l'aimait pas, "c'était un con" dit-il qui ne pensait qu'à lui... 

Ils devinrent amis plus tard, et il pleure. Lauda est bien beau, avant les crevasses, à la une du journal. 

Dans le Parisien, un policier raconte comment il a apaisé cet homme en dépression qui avait grimpé sur la tour Eiffel. Dans la Voix du Nord, je lis l'histoire d'un pêcheur qui s'est jeté à l'eau pour sauver un chevreuil qui se noyait. Nous sommes cela aussi.   

Le Figaro me raconte une femme sauvée. Awa est ivoirienne, elle a cru au mirage du voyage vers l'Europe et s'est retrouvée dans l'enfer libyen avant d'être rapatriée chez elle, à Abidjan où elle a retrouvé son atelier de couture. Elle est une preuve pour le Figaro en campagne contre l'immigration, ce "poison" pour l'Europe. Pourtant, je le lis dans les Echos, la crise migratoire est passée, les flux d'entrée en Europe sont retombés au niveau de 2015, mais il reste le traumatisme. A Malte dit la Croix, deux militaires sont accusés d'avoir tué un ouvrier ivoirien.   

On dispute aussi du destin de l'Europe, en crise politique, et deux thèses s'affrontent. Dans Libération, on propose à l'Union européenne le modèle suisse, une fédération apaisée, mariant les différences sous une présidence modeste et tournante, qui lisse les conflits. Mais dans le Un, l'ancien premier ministre italien Enrico Letta veut au contraire du leadership fort, et face aux "brutes" que sont Trump et la Chine, il faut  nommer à la tête de l'Europe Mme Merkel, qui leur fera peur... Aimerait-elle, Muti, ce compliment...  

Et on parle d'une peur venue de Chine...   

Ce curieux pays d'espérance, où je lis dans l'Yonne républicaine, notre belle AJ Auxerre forme de jeunes footballeurs, mais aussi de contrôle social où la technologie discipline le mauvais citoyen et je lis sur le site du Figaro que  dans certaines régions si vous appelez sur son portable un  «Laolai», une personne qui ne rembourse pas ses crédits, vous êtes accueilli par ce message : 

« La personne que vous êtes en train d'appeler a été placée sur une liste noire par le tribunal du comté. Veuillez s'il vous plaît exhorter cette personne à remplir ses obligations légales. Les employés du tribunal apprécient votre soutien. »  

Qu'elle parait légère, comparée à la Chine, cette Californie où me disent les Echos, on s'habille "casual", décontracté, plus seulement le friday, et dans les espaces de co working de la technologie, ce sont des dizaines de jeunes gens en leggings et basket qui carburent au milieu des tables de ping-pong et des chiens haletants, certains n'ont pas de chaussettes. Mais le contrôle n'est pas loin, même subtil, car dans cette Californie où  les ventes de costumes s'effondrent, il devient suspect de trop bien s'habiller, car qui s'habille formellement est peut-être en train de passer à la concurrence...  

Chez nous en douce France, c'est un autre contrôle social qui s'exerce, qu'on appelle la culture générale, cette manière de savoir les choses, et cette culture générale, le Monde le raconte dans une enquête forte et fine, devient à l'université "une montagne infranchissable" pour des jeunes gens venus des campagnes ou de l'immigration, et cela nous touche ici, car dans les évidences de la culture générale, nous jouons un rôle: il serait de bon tonde mépriser le 20 heures de TF1, chaîne trop populaire, mais les cultivés ont grandi en écoutant France inter ? 

Nous sommes à la fois émus de transmettre, et embarrassés de ceci : jamais en travaillant nous ne penserions intimider quiconque.

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