Aain Corbin, le plus doux des historiens, se raconte dans Marianne, lui qui raconte nos sentiments. Les attentions amicales du Président pour Philippe de Villiers et son Puy-du-Fou, le Monde. Lénine est passé par Chamonix, le Dauphiné libéré. Nous manquons à nos chiens depuis le déconfinement, le Journal du Centre.

On parle de mots d'amour...

Que tous les jours Axelle murmure à ses plantes dans son rez-de-jardin: "Allez, poussez ! Maman a besoin de vous !"»  Dit-elle à ses amours qu’elle dissimule aux yeux du monde sous une tente dressée à l’intérieur d’un cabanon posé sur sa terrasse, car son amour est illégal, ce sont des pieds de cannabis qu’aAxelle fait pousser sous ses lampes de 600 watts. Cela se passe à Montpellier qui me dit Libération serait une terre promise du cannabis maison, et tout le monde ne cache pas ses amours, car le climat est propice, le cannabis embaume sur des balcons au centre-ville et à Castelnau le lez, Marc 55 ans fait pousser six plants dans un coin du jardin, l’odeur n’est pas discrète mais côté jardinage, c’est sympa….»

Et pourtant, dit la loi, planter du cannabis est passible de 20 ans de prison et 7 millions 500 000 euros d’amende mais en vrai les gendarmes traquent les grandes fermes-usines qui alimentent les gros trafics, et Axelle qui est smicarde dans la grande distribution, peut profiter de ses plantes: ce qu’elle ne fume pas elle-même, elle le revend à des amis de longue date, une très bonne récolte lui rapporte entre 600 et 800 euros, elle récolte quatre fois par ans…

Et voilà donc  dans Libé le libertaire un petit bonheur à la marge qui raconte notre société…

Je me demandé ce qu’en ferait le plus humain de nos historiens, s’il travaillait au présent, mais Alain Corbin, 84 ans, qui s’est confiné avec ses petits enfants et qui a lu du Jules verne, nous chérit au passé. Allez quand même prendre un morceau de week-end dans Marianne, ce gosse de Normandie qui a transformé l’histoire en la racontant à notre hauteur, à travers nos  sentiments qui nous unissent aux cloches de nos églises et tant de  petits décors essentiels, il sait tant de choses sur nous, le confinement lui a rappelé un chef d’oeuvre littéraire du XVIe siècle, l’Heptaméron, de Marguerite de Navarre: Des gens sont bloqués par une inondation, qui les empêche de traverser un fleuve, voilà le pitch… 

Et bien justement. des bateaux rendent ce matin des journaux heureux. On exulte dans Nice-Matin au départ des navettes qui relient à nouveau cannes aux iles de Lérins, « c’est un tel soulagement, vous n’imaginez pas mon bonheur »,  la Provence chante à l’unisson la Méditerranée retrouvée, on bronze même, à la Grande Motte, dans 250 enclos de plage délimités par des cordes, photo de Une de Midi Libre, et partout dans la presse la sève monte: Sud Ouest célèbre les cols du Soulor et de l’Aubisque rendus à notre joie, on m’avertit quand même dans le Dauphiné libéré avant d’aller me promener en Montagne, je suis moins en forme après deux mois de confinement!

A peine puis-je m’ébrouer, la limite se dresse.
 

Le même Dauphiné me dit que les gendarmes ont évacué trop de monde la plage d’Albigny au bord du lac d’Annecy,  et en Bretagne à Arzon  dit le Télégramme,Monsieur le maire Roland Tabard patrouille ses belles plages pour être sur qu’on y reste dynamique, le château de sable oui, la bronzette non… 

Il faudra  que les historiens plus tard racontent ce choc de la loi prudente et du bonheur impatient sous la chaleur. L’édito de Ouest france pose la seule question, et s’il faisait trop beau… Mais il ne s'agit pas ici de parler de nos plages mais de sècheresse, nous risquons la pénurie d’eau, la terre a déjà soif à l’est de la France lis-je carte à l’appui dans le Progrès et les DNA

On parle du Puy-du-Fou…

Le parc d’attraction médiéval vendéen, qui pour son fondateur Philippe de Villiers incarne les "Gaulois réfractaires" et qui va rouvrir en juin,  comme d’autres lieux de loisirs, mais les autres lieux de loisir n’ont pas été prévenus par un SMS personnel du chef de l’Etat: le Monde revient sur cette amitié entre le nationaliste de Villiers et le libéral Macron, qui a poussé le sujet des parcs au conseil de défense, on n’allait pas laisser tomber le Puy du fou. Privilège?

En Pologne, c’est aussi dans le Monde, l’homme fort du pays Jaroslav Kaczinski est allé sur la tombe de son frère jumeau, mort président de la république dans un accident d’avion… Mais cette visite au cimetière a eu lieu quand tout le reste du pays était confiné, un auteur populaire en fait une chanson, « Ta peine, vaut mieux que la mienne », et la chanson plébiscitée par les auditeurs a été censurée sur une radio publique, la Pologne est entrée en scandale.

C’est de la politique. Larajasse dans le Beaujolais en a assez, dit le Progrès, un groupe d’identitaires s’est installé dans un ancien restaurant au centre-ville, des antifascistes du coup viennent taguer les murs, ça fait mauvais genre.

J’imagine l’étonnement de Lénine qui aurait eu 150 ans le 10 avril, dont l’Humanité revendique l’héritage et dont le Dauphiné libéré me livre une aventure inédite. -Lénine, alors en exil a Genève aurait visité en 1903 Jules Payot, un grand bourgeois progressiste de Chamonix, philosophe de la laïcité. De cette visite, l’écrivain François Garde a tiré un livre qui sort du confinement…

Et on parle enfin de malades…

Qui nous feraient honte de nos disputes ces malades du Covid qui n’arrivent pas  guérir et que raconte le Parisien… On doit alors lire avec attention dans le Monde un reportage sur l’institut Pasteur, et aussi c’est de l’histoire encore, comment les virus voyagent depuis toujours au rythme des hommes… Nous pouvons parler de ce qui est important , les dossiers sur le travail de l’Obs du Point et du Un, sont excellents, nous pouvons aussi céder au vertige devant l’avenir qu'on nous prépare. Je lis dans Usbek et Rica que des scientifiques américains ont réussi à fabriquer des embryons de souris possédant 4% de cellules humaines, pour en faire des réservoir à greffes. Pauvres bêtes.

Je lis dans le Journal du centre que nos chiens sont tristes et nerveux et aboient, ils s’étaient habitués à nous avoir à eux pendant le confinement. Il faut leur parler gentiment, comme s’ils étaient du cannabis. 

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