Une petite brève et un dessin sur le site Rue89... La petite brève a été rédigée cette nuit, à 1h18... "Historique : le département de Nicolas Sarkozy bascule à gauche". Même les Hauts-de-Seine sont colorés de rose ce matin... Le dessin parle de La Réunion, une des régions qui permettent à la droite d'éviter la déroute complète. "Carla, trouve-moi un restaurant réunionnais, qu'on aille fêter ça !". Voilà, en synthèse, le ton de la presse ce matin, après les Régionales. Ce n'est pas un Grand Chelem de la gauche, mais c'est une sacrée défaite pour la droite. Marianne parle même de "pâtée électorale". "Le rejet" : c'est la Une de L'Humanité... En photo, Nicolas Sarkozy semble derrière une vitre : la vitre est criblée d'éclats comme si on y avait jeté un pavé. "Le sauveur suprême est un plombeur suprême", écrit Jean-François Kahn sur le site Internet de Marianne. Laurent Joffrin lui aussi se défoule et fait de l'anti-sarkozysme la clé de ces élections... "Le style Sarkozy, la politique Sarkozy, la stratégie Sarkozy : tout cela est mis en cause au sein même de la droite. Une trop grande proximité avec les forces d'argent, un maniement douteux de l'identité nationale, une concentration inédite du pouvoir : les trois piliers de l'action conduite depuis 2007 sont ébranlés". Réelle défaite : cette fois, les tenors de la droite l'ont reconnu hier soir à la télévision. Les journaux relèvent que la tendance à relativiser le résultat dimanche dernier a été rangée dans les cartons de l'Elysée. Il faut dire que dans Le Figaro, les chiffres sont sans appel : la majorité est à 20 points derrière l'alliance rose-verte-rouge. Avec près de 55% des voix au niveau national, la gauche retrouve son record historique obtenu aux Législatives après l'élection de François Mitterrand en 1981. (Nicolas Demorand : "Alors quelle peut être la réponse de l'Elysée ?") "Sarkozy est décidé à réagir", répond Le Figaro. Le premier acte, ce sera un remaniement dans les jours à venir. Car, comme le constate cruellement Le Parisien-Aujourd'hui, tous les ministres ont perdu : de Brice Hortefeux, à 30 points de la gauche dans le département du Puy-de-Dôme, jusqu'à Xavier Darcos, qui réalise la moitié du score de son adversaire socialiste en Gironde. Voilà le ministre du travail fragilisé : fragilisé au moment où il doit porter la réforme des retraites. Alors quel avenir pour les ministres battus ? Ce sera un remaniement technique, pas plus, croit savoir Le Figaro. Xavier Darcos resterait au gouvernement, mais à un autre poste. Une figure de l'ouverture faisait déjà ses cartons hier soir, selon le quotidien : c'est Fadela Amara. Sondage de l'institut CSA, dans Le Parisien, sur les enseignements du vote... "Les Français veulent que Sarkozy change de style" : un style plus présidentiel, des réformes moins au pas de charge. L'institut CSA teste la popularité (virtuelle, il faut bien le dire) des figures de la droite, dans l'optique de la Présidentielle 2012. "Quel candidat souhaiteriez-vous voir représenter l'UMP ?" : Dominique de Villepin arrive en tête avec 16% ; Nicolas Sarkozy est à 14 ; * François Fillon, à 13. "Les emmerdes, ça vole en escadrille", disait Jacques Chirac. Voilà qu'en plus, Dominique de Villepin revient de Chine, où il était ces derniers jours. Il lancera jeudi un "Mouvement au service des Français". (ND : "Défaite de la droite... Donc, en toute logique, victoire de la gauche")... Oui et non... D'abord, contrairement aux rugbymen français, le XV de la rose ne remporte pas son Grand Chelem en politique. La Une de Libération est très claire : le fond est entièrement rose. Alors, toute la Gaule est occupée ? Non, car un village résiste encore et toujours à l'envahisseur : c'est l'Alsace, qui apparaît comme une déchirure bleue dans le papier rose, en haut à droite de la première page de Libé. Il faut donc ajouter ce matin La Réunion et la Guyane. La plupart des éditos sont construits de la même manière quand ils dressent le bilan de ces élections : 1) défaite cinglante de la droite ; 2) victoire incontestable de la gauche, et singulièrement du PS de Martine Aubry, tout sourire à la Une du Parisien ; Mais 3), il y a toujours un "mais" : "la gauche sera-t-elle à la hauteur des attentes populaires ?", écrit par exemple Patrick Apel-Muller dans L'Humanité."Tout reste à construire : les luttes, les projets pour véritablement transformer la société. Ce scrutin clôt une campagne, mais il peut être un début". Projets à construire, mais aussi spectre de la division à terrasser. Car "la gauche confirme", mais "Royal triomphe", titre La Charente Libre. 61% des voix : elle est la présidente socialiste la mieux vue, derrière Martin Malvy. "Ségolène présidente !", criaient ses partisans hier, dans les salons de Blossac, à Poitiers, où avait lieu la soirée électorale de la Zapatera. Le reporter du Parisien était là. Elle s'est exprimée quelques minutes après 20 heures, grillant la politesse à Martine Aubry. Ségolène Royal est invitée, comme les autres présidents de région, pour une photo demain, au siège national du PS. Son équipe fait savoir au Parisien qu'elle n'ira sûrement pas. Et il y a très peu de chance de la voir samedi pour le Conseil national du parti. En clair, comme l'écrit Eric Hacquemand, "le PS n'en a pas fini avec elle". Et puis le dernier écueil à éviter, pour la gauche, c'est celui de la division entre ses différentes composantes : PS, écolos et Front de Gauche. (ND : "Et du côté des écolos, une initiative de Daniel Cohn-Bendit ce matin")... 22 mars... En 1968, c'était l'Appel de Nanterre. En 2010, c'est l'appel de Dany Cohn-Bendit, dans Libération, pour changer de politique. En résumé, il faut dépasser les partis. Il appelle les hommes de tous bords à rejoindre une "Coopérative politique". Les collectifs "Europe Ecologie 22 Mars" seraient constitués sur une base régionale : ce serait des agoras de l'écologie politique, pour structurer le mouvement. Tout cela a un petit parfum "démocratie participative" à la Ségolène Royal. Dany Cohn-Bendit trouve les mots pour vendre sa coopérative : "La démocratie exige une organisation qui respecte la biodiversité, une organisation pollinisatrice qui butine les idées. Il faut passer au logiciel libre". Encore quelques mots sur ces élections... D'abord l'abstention : près de la moitié des électeurs ne sont encore pas allés voter hier. Pour l'institut de sondage CSA, dans Le Parisien, le mécontentement est le moteur de l'abstention, et les sympathisants de droite sont plus nombreux à avoir choisi la canne à pêche pour dire leur colère. Pour beaucoup d'éditorialistes, la reconquête des abstentionnistes, c'est l'une des clés de la prochaine Présidentielle. Enfin, le vote Front National... Pour la première fois, partout où il était présent, le FN a progressé d'un tour à l'autre. Pour Jean-François Kahn, dans Marianne, "il a réussi à arracher à la gauche un électorat populaire devenu viscéralement anti-sarkozyste mais qui ne veut pas voter PS pour autant. Et vu les mesures de rigueur qu'on pourra difficilement éviter compte tenu de la situation réelle du pays, l'extrême-droite, dirigée non plus par un Jean-Marie Le Pen caricatural mais par sa fille Marine, plus moderne, ne peut que progresser". Cette montée de l'extrême-droite et du populisme inquiète à Bruxelles. Les élections vues d'Europe : c'est un éclairage de La Croix. Propos du commissaire français Michel Barnier : "Voir resurgir des comportements de repli identitaire, voire nationalistes, c'est toute notre maison commune, cet espace de paix et de prospérité que nous construisons depuis 50 ans, qui serait fragilisé". (ND : "Quoi d'autre dans la presse, ce matin, Bruno ?") Après les deux tours politiques, y aura-t-il un troisième tour social, demain, dans la rue ? De nombreuses grèves sont attendues demain, nous rappelle Le Parisien : journée d'action autour de l'emploi, du pouvoir d'achat et des retraites. Mais pour le quotidien, ce sera une journée de grève en ordre dispersé. Dans le même Parisien, les chiffres de l'adoption en chute libre : baisse de 24% en trois ans. Les associations sont inquiètes, d'autant que la suppression des adoptions individuelles est dans l'air : elles représentent 40% des enfants étrangers accueillis en France. La secrétaire d'Etat à la Famille Nadine Morano assure qu'il n'est pas question de les supprimer. Et puis quelques embruns, pour prendre l'air du grand large... Dans L'Equipe, Franck Cammas et tous ses compagnons de bord racontent leur tour du monde à la voile en moins de 50 jours. "Les plus beaux moments, dit par exemple Lionel Lemonchois, c'est souvent en fin de nuit : le jour sort, tu commences à voir le bateau, puis c'est la mer qui apparaît. 48 heures avant le Cap-Horn, ça a été magique : ciel bleu, 7 à 8 mètres de creux, des vagues incroyables, des surfs grandioses". Le trimaran Groupama-III a franchi la ligne en mer dans la nuit de samedi à dimanche. Avant d'accoster, l'équipage s'est offert un dernier moment ensemble : un balthazar, pour fêter leur record du tour du monde. L'équipe technique est venue livrer les victuailles en Zodiac : langoustines, huîtres, sushi, pain, beurre et salade... Et là-dessus, qu'est-ce qu'on boit ? Le problème, c'est que dans le bazar en soute, on avait perdu le tire-bouchon. Un équipier a fini par remettre la main dessus. On a bu un coup, et on a fait du ménage... Bonne journée...

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