Patrick Cohen : Dans la presse ce matin, la politique vue des tribunes populaires... Bruno Duvic : "On peut encore former une communauté, comme dans les tribunes du Stade Vélodrome". C'est Bernard Tapie qui le dit. Nanar, appelé à la rescousse par La Provence, pour analyser le succès du Front National, dimanche, aux cantonales. On y reviendra... La politique vue des tribunes ce matin, dans la presse... c'est d’abord un constat. Comme l'équipe de France de foot, Nicolas Sarkozy a fait rêver. Et le sentiment, justifié ou non, qu'il n'a pas tenu ses promesses explique sans doute une bonne part de l'abstention et de "l'effet Marine" aux cantonales. "Scrutin marqué par le rejet du pouvoir sarkoziste", écrit L'Humanité. Promesse N° 1 : travailler plus pour gagner plus... A la Une des Echos, ce matin : "Salaires : vers une nouvelle année de modération". Les négociations annuelles s'achèvent, les syndicats haussent le ton, mais les augmentations seront à nouveau très limitées. Dans Le Monde, parole à un ancien ouvrier du charbon, à Grande-Scynthe dans le Nord. Il a 65 ans : "Je suis dégoûté de tout ! En 2007, j'ai voté Sarko. J'ai cru au Père-Noël. Mais le pouvoir d'achat se casse la gueule, les retraites n'ont pas été augmentées. Ils veulent barrer la route au FN, mais pourquoi ? Pourquoi leur barrer la route ?". Promesse N° 2 : remettre de l'ordre dans les banlieues... Mardi dernier, à la Grande-Borne, à Grigny dans l'Essonne, un bus a été caillassé et des policiers pris à partie. Ce fait divers, et un autre le samedi d'avant, ont sans doute joué sur les résultats de dimanche, dans le canton de Grigny. Le candidat UMP a recueilli moins de 7% des voix. Dans les zones pavillonnaires, pas loin des cités, le FN a fait jusqu'à 23,6%. C'est là aussi que les dernières classes moyennes, encore présentes, ont subi une augmentation considérable des impôts locaux, précise Luc Bronner, toujours dans Le Monde. Des porte-monnaie maigrichons, un sentiment d'insécurité, des espoirs déçus, un malaise social... Voilà ce qui a été glissé dans les urnes, avant-hier, pour ceux qui sont allés voter. France populaire... Mediapart relève le succès du Front National dans les zones industrielles attaquées par la crise. France qui se lève tôt... Libération regarde du côté des artisans. Reportage de Fabrice Tassel au Salon de l'Habitat, à Chartres. Propos en vrac de patrons de PME déçus du sarkozisme : - Emmanuel, patron d'une boîte dans le bâtiment : "Le rapprochement banlieue-immigrés-sécurité, c'est le coeur du problème. Les faits divers à la télé ont un effet désastreux. Celui qui résoudra le problème des banlieues aura tout gagné". Et il ajoute : "La gauche reste associée à l'assistanat et au laxisme". Patrick Cohen : Heureusement donc, Nanar est là ! Bruno Duvic : Si c'était un ange avec de grandes ailes blanches, ça se saurait... mais Bernard Tapie a le sens de la formule. Voici ce qu'il dit à La Provence : "Voter FN, ça ne sert à rien. Le Front National trompe ses électeurs. D'abord, il ne gérera jamais un département, une région ou la France. Il n'est là que pour foutre le bordel ! Le FN est dans la position du guérisseur qui veut tuer le cancérologue". Alors que faire dimanche au second tour ? "Il faut arrêter avec cette connerie de front républicain, dit Bernard Tapie. Les électeurs font ce qu’ils veulent. Pas besoin de leur tenir la main. Mais l'UMP ne peut pas renvoyer le PS et le FN dos à dos... Et de la même manière, la gauche ne peut pas continuer à faire en permanence le procès du gouvernement quand il s'occupe de ceux qui en prennent plein la gueule ! On dirait qu'elle ne peut pas parler d'insécurité et d'immigration sans se sentir mal dans sa peau!". Front républicain ou pas, le débat est ouvert dans la presse... "PS ou FN : Fillon choisit, pas Sarkozy", titre Libération. Pour l'édito du Figaro, le front républicain est un piège tendu par la gauche, à la majorité. Patrick Cohen : Dans Le Figaro, récit de la guerre en Libye, deux jours après le début des bombardements... Bruno Duvic : Oui, c’est comme au stade ou presque… C'était hier donc, près d'Ajdabiya... Adrien Jaulmes raconte : "Assis dans le vent, au sommet de la dune, un groupe de volontaires de la révolution libyenne regarde les bombardements aériens. Des éclairs apparaissent dans les premières maisons d'Ajdabiya, des panaches de fumée s'élèvent, puis le grondement des explosions retentit. Les miliciens applaudissent... "Sarkozy good !"... avant de retourner à leurs voitures à quelques kilomètres au nord de la ville". Les bombes ont fait reculer les troupes de Kadhafi. Elles ont quitté Benghazi, et les rebelles pensaient que le plus dur était fait. Perdu ! Dans Libréation, Christophe Ayad poursuit le récit sur cette route, entre Benghazi et Ajdabiya, plus au sud. La troupe de rebelles approche d'Ajdabiya impatiente et joyeuse... (Autrement dit, elle pense reprendre la ville sans coup férir)... Mais, arrivée à moins de 5 km, elle est cueillie par des rafales de mitraillettes lourdes. Demi-tour dans la panique et à toute vitesse. Un mitrailleur juché sur un pick-up ne sait pas ce qu'il doit faire. D'une main, il tient son casque trop grand et risquant de s'envoler. De l'autre, la mitrailleuse, incapable de tirer". Voilà qui résume les questions autour de cette guerre où la France joue un rôle clé. Combien de temps la coalition tiendra-t-elle ? Des frappes aériennes sont-elles suffisantes ? Comme le titre La Croix, cela fait beaucoup de questions autour de cette intervention en Libye. Patrick Cohen : La politique vue des stades, suite et fin... Bruno Duvic : Quoi de plus politique qu'un stade ? C'est l'un des derniers lieux possibles de l'expression de l'identité nationale, peut-on lire dans l'excellent dossier du magazine "Respect-Mag", toujours en kiosque, et intitulé "Sport and the city". "Le sport, écrit Ousmane N'Daye dans l'édito, se situe au carrefour de questions capitales : appartenance, identité, condition sociale, religion, politique, économie ou culture". Identité... Dans "Têtu", ce mois-ci, vous trouverez un dossier sur l'homophobie dans le football... Petit à petit, les mentalités changent. Interview de la secrétaire d'Etat aux sports, Chantal Jouanno. Elle insiste sur la charte contre l'homophobie dans le sport que seules les fédérations de rugby à 13 et de cyclotourisme ont signé jusque-là. La fédération de football devrait suivre. Chantal Jouanno pose un principe : les fédérations qui ne signeront pas la charte ne recevront plus de subventions publiques. Le foot comme symbole... Franck Ribéry et Patrice Evra, les deux grévistes les plus célèbres du dernier Mondial, font leur retour en équipe de France cette semaine. Hier, Ribéry a présenté des excuses du bout des lèvres : "Je me suis perdu"... La citation est à la Une de L'Equipe ce matin. Commentaire de Grégory Schneider, après cette conférence de presse, dans Libération : "On a un peu pensé (toute proportion gardée) à ces films où un gars est accueilli à sa sortie de prison par une Limousine XXL : il monte à l’arrière, il y a des filles, de la coke par pleins saladiers, et du champagne millésimé. Il y a chez Ribéry, ce mélange très particulier de panache et d’inconscience qu’on n’arrivera jamais à démêler.

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