(Patrick Cohen) Dans la presse ce matin : « Notre pays »

(Bruno Duvic) « Notre pays », c'est le titre dépouillé choisi cette semaine par La Vie . Sur la couverture, deux jeunes gens se serrent dans les bras. On ne voit pas leur visage, juste la kipa du garçon et les mèches brunes de la jeune fille.

L'hebdomadaire ajoute 3 mots en surtitre : la peur, la communion, la politique.

Ce matin, à la lecture de la presse, un autre mot surgit dans beaucoup de titres : la traque.

Notre pays, en photo ce matin dans les journaux, ce sont les policiers du raid et leur tenue de Robocop, des photos aériennes du quartier la côte Pavée à Toulouse ("La France a les yeux rivés sur ma rue", dit un riverain dans La Provence ), c'est une serviette pour masquer le visage du frère de Mohammed Merah, arrêté hier. "Exclusif", précise la Dépêche duMidi , qui met cette image en première page.

Et puis un visage découvert, en manchette du Parisien-Aujourd’hui en France et du Figaro . Elle est extraite d'un document diffusé hier au 20 heures de France 2. Capture d'écran faute de capture, tout court.

C'est le tueur lui-même. Visage juvénile, cheveux très courts et grand sourire à la Une.

"Mohammed Merah, 23 ans, terroriste islamiste" titre Le Figaro , sur fond noir.

Le voilà donc, ce type taciturne, comme écrit Libération . Ce Toulousain qui a des racines en Algérie, ce délinquant passé par l'Afghanistan et qui se revendique d'Al Qaida.

La question qui traverse la presse ce matin, c'est de savoir si ce parcours a vraiment un sens politique.

La réponse est Oui, selon l'édito du Figaro , signé Paul Henri du Limbert.

"Les 7 morts de Toulouse et Montauban viennent rappeler que le mal qui ronge la République n'est pas un fantasme. Ils jettent une lumière crue et terriblement inquiétante sur ce communautarisme que la gauche encense. La gauche a toujours eu du mal avec cette réalité là. Elle est allée sans cesse à rebours de sa propre culture en autorisant les entorses, petites puis très grandes, aux valeurs essentielles de la République. Martine Aubry n'a-t-elle pas poussé la fascination pour le communautarisme jusqu'à décider des horaires réservés aux femmes dans les piscines de Lille ?"

D'autres images marquantes ce matin dans la presse, ce sont celle des hommages aux 3 soldats tués par Mohammed Merah, hier à Montauban. C'est Nicolas Sarkozy qui a prononcé leur éloge funèbre. Et dans Libération , Nicolas Demorand s'appuie sur ce discours pour répondre en quelque sorte à l'édito du Figaro.

"Les mots de Nicolas Sarkozy furent dignes, émouvants. En retraçant leur vie trop brève, le Président esquissa en creux le portrait de ce qu'est aujourd'hui la République : une terre où vivent, pour le meilleur et pour le pire, Français de souche et Français de branche (...). En théorie égaux en dignité en droit et en devoir. Défendant leur pays s'ils sont soldats. Recouverts, hier, par un même linceul : le drapeau tricolore (...). Pourquoi attendre que retentisse la sonnerie aux morts pour décrire positivement la sublime complexité de ce que nous sommes tous, nous Français"

Le creuset ou la poudrière ? Le djihadisme français est pourtant en déclin, titre Libération. La trajectoire de Mohammed Merah fait figure d'exception. Mais il suffit d'un loup solitaire. Le Monde interroge le spécialiste du djihadisme Jean Pierre Filiu. "Al Qaeda va s'efforcer de tirer le plus grand profit de l'affaire de Toulouse-Montauban. Pour cette organisation, très affaiblie, les possibilités de récupération médiatique et politique sont en effet optimales, quels que soient les liens réels entre l'auteur et le réseau (...) Il s'agit pour les organisations terroristes de prendre en otage les musulmanes et les musulmans (...) de les retrancher de la communauté nationale. »

On l'a compris : la campagne électorale a pris un autre visage cette semaine

Les compteurs à zéro, avantage Sarkozy, titre slate.fr . C'est l'édito de Jean-Marie Colombani.

Dans le sondage CSA pour 20 minutes , réalisé lundi et mardi, donc qui ne tient que partiellement compte des événements de ces derniers jours : il gagne 2 points à 30% d'intentions de vote au premier tour. François Hollande reste à 28 et largement en tête au second tour.

Au premier tour, l'autre phénomène marquant c'est Jean-Luc Mélenchon. 13% d'intentions de vote, égalité avec François Bayrou, sur les talons de Marine Le Pen 13,5%

Il reste un mois avant le premier tour. « Ce ne devait être qu'une ligne droite, écrit Didier Pobel sur son blog. Après les événements de Toulouse, le mois qui commence est voué à épouser les arrête d'une ligne brisée. »

A propos de politique, il y a ce titre sur le site internet du Ravi , le mensuel satirique de Provence Alpes Côte d'Azur : "Troubles de l'élection et urnes molles". Est-ce la faute au soleil, à la mer, au chômage ou aux affaires ? En tout cas la région Paca est l'une des championnes de l'abstentionnisme. Certes la participation a été bonne à la présidentielle 2007 mais, cette année, selon Le Ravi , alors qu'un électeur potentiel sur 10 ne s'est pas inscrit sur les listes, à Marseille, ce serait un électeur sur 5 !

Quoi d'autre dans la presse provençale ?

D'abord, une curiosité, relevée dans Marseille l’hebdo . Les données climatiques de la ville de Marseille ne sont plus relevées depuis le début de l'année. Le premier janvier, la station météo installée sur l'hippodrome Borely a été démontée. Les responsables du terrain ne souhaitaient pas renouveler la concession. Météo France cherche un autre lieu où installer ses grenouilles mais les terrains coûtent de plus en plus cher. Inflation due notamment à la multiplication des antennes de téléphonie mobile. Donc, quand tout à l'heure Jacques Kessler nous donneront la température du jour à Marseille, en réalité ce sera celle de Marignane devenue la station météo de référence pour la ville.

Quel avenir pour la desserte de la Corse et plus précisément la liaison maritime SNCM entre Marseille et la Corse ?

Le dossier est sur la table de l'assemblée de Corse aujourd'hui

et à la Une de La Marseillaise .

Parmi les questions : une compagnie régionale va-t-elle voir le jour. "Le choix est politique" selon La Marseillaise .

Avant de rentrer au vestiaire, Bruno, un mot de football

Oui, avec d'abord cette tribune de Frédéric Thiriez, le président de la ligue professionnelle dans Le Figaro : "Non, les footballeurs (de notre championnat) ne sont pas trop payés !". L'avocat Thiriez va contre ce qu'il appelle la pensée unique. On fait de nos footeux des boucs émissaires.

Des boucs et parfois des chèvres... Les grands clubs ne brillent pas cette année en coupe de France.

Après l'OM battu par Quevilly mardi, Montpellier s'est incliné à Ajaccio hier. "C'est historique !", titre Corse Matin qui place cette information devant la traque de Mohamed Mehra à sa Une.

Pour l'OM, la défaite face au petit club normand vient après 5 revers d'affilée en championnat. Dans son billet de La Provence , Eric Puech botte le cul d'un peu tout le monde du côté de la Commanderie et du boulevard Michelet.

"Mais où est donc passé la force de caractère de l'OM ? (...) Disparu, envolé, évaporé (...) Le pire serait aujourd'hui de se résigner (...) De trahir la passion et l'engagement de tous ces supporters parfois désenchantés mais toujours fidèles. Alors messieurs, un peu d'orgueil"

A demain !

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