Le Brexit saisit une chorégraphe, Libération, Liverpool le conjure, le Figaro, l'humour l'adoucit, le Monde. Un écrivain écossais dit les pauvres de Glasgow dans Télérama, et Marianne raconte les HLM de la City. Dans l'Equipe le Mai 68 sorbonnard de Jean-Michel Aulas qui baptisait son équipe de handball "Cohn-Bendit"!

Vous nous parlez de deux tableaux ce matin...

Deux tableaux de corps brisés pour la foi, le "Martyre de Saint-Sebastien", et la "Peinture du Pardon", qui seraient du plus tourmenté des maitres du baroque, le Caravage,  qui en Italie, entre 16e et 17e siècle tirait la grâce de la boue, prenait une prostituée pour modèle de la Vierge et aurait inspiré Martin Scorcese lis-je dans la Provence et mieux encore, je lis dans le journal le bonheur d'une famille, les Morand Valton, de Cavaillon, lui ophtalmo, elle ORL, ils vivent dans une demeure médiévale dont ils ont fait un musée de curiosité, on y trouve des bronzes gaulois et des sesterces romaines, mais aussi, achetés il y a 27 ans chez un antiquaire d'Avignon, ces deux tableaux attribués à un maitre flamand. Oui mais, après des années d'enquête, après avoir dépouillé 20.000 lettres anciennes en latin, en grec, en arabe, les Morand affirment que les tableaux sont du Caravage, ils avaient été peints par le peintre voyou et meurtrier pour acheter l'indulgence d'un Pape, ils  avaient disparu, les revoilà donc à Cavaillon toute fière et dont le maire Gérard Daudet hier citait Proust, "la vie est semée de ces miracles que peuvent toujours espérer les personnes qui aiment"

Belle idée ce matin où l'on parle beaucoup d'art et de dessin, ils sont beaux ensemble, Calder et Picasso dans la Croix. Dans Mars Actu qui est aussi de Marseille, je vois des jeunes gens de dignes bas-fonds, qui aiment aussi et essaient de s'en sortir, dans un emploi, dans le rap, leurs profs leurs conseillent de ne pas dire qu'ils sont de Felix Pyat. Cela calme.

On parle du Brexit dans les journaux... 

Et l'art, cette espérance, est l'otage de la politique. Dans Libération, une chorégraphe, Oona Doherty, d'Irlande du Nord, elle vient à Champigny, Vitry, Paris, elle illustre dans ses ballets la misère sociale, mais en en esthète, elle ne votait pas, le Brexit la rattrape qui va la couper de nous, elle dit que les écoles de danses ferment en Irlande.

La décomposition du Brexit nous enserre. Quand l'Europe et nos journaux s'agacent, telle l'Opinion, des postures et faiblesses de Theresa May, le Figaro me raconte Liverpool dévastée que l'Europe a relancé, et on veut croire sur la Mersey que l'on peut encore empêcher la catastrophe. Une pétition pour bloquer le Brexit a dépassé les 2 millions de signatures, je lis cela sur le site de Euronews... L'Angleterre est un chaos que l'humour traditionnel, le Monde le raconte, adoucit et exacerbe. Une pièce de 50 pence commémorative de la sortie de l’UE est annoncée ? Dans une parodie de journal télévisé, sur la BBC, on entend ceci: « Des experts ont annoncé que la nouvelle pièce de 50 pence pouvait être aiguisée et lancée contre les rats qui essayeraient de voler votre dernière pomme de terre après la sortie de l’UE ».

Ces gens ont cette poésie. Dans Télérama, je lis ceci, venu de Glasgow. "L'Europe, dans mes yeux d'enfants, c'étaient des  gens qui nous envoyaient des boites de conserve, du ragout de viande avec les étoiles dorées sur fond bleu en décor sur l'étiquette, dans le quartier, beaucoup avaient honte de recevoir cette aide alimentaire mais moi  j'adorais cette boite de viande". Parole de Darren Mc Garvey, écrivain de la pauvreté la plus crue, son livre "Fauchés, vivre et mourir pauvre", s'est vendu a plus de 100.000 exemplaires, Mc Garvey est le premier témoin d'une série dans Télérama sur les voix de l'europe, et notre guide dans le Glasgow pauvre, où les gens ont voté pour le Brexit parce que le langage du camp européen leur était inconnu... Dans Marianne, vous lisez un reportage sur l'envers de la City, non pas la City des banquiers, non la vraie City, qui depuis Guillaume le conquérant est une municipalité autonome au coeur de Londres où à l'ombre de la finance, dans trois ensembles HLM, vivent des anglais ordinaires et pauvres souvent, citoyens de la City mais sans pouvoir sur leur vie puisque les banques votent aussi... L'Angleterre de classes sociales exacerbées, qui nous quitte, qui a vécu à côté de nous, l'avons nous vue?

En comparaison du Brexit, le dynamisme d'une américaine laisse rêveur, le Monde sur son site et dans son magasine raconte la tornade AOC, Alexandria Occasion Cortez, 29 ans, représentante venue du Bronx et tornade au parti démocrate, femme et portoricaine au pays des mecs blancs qui gèrent le monde, socialiste et écolo, attirant la lumière et les réseaux sociaux, et qui se bat. Nous nous sentons, voyez-vous rouillés. L'envie, me dit la croix, toujours en quête des péchés capitaux, est un sentiment destructeur, je m'empêche. 

Et on finit par la crise française...

Le Monde revient, c'est atterrant, sur Alexandre Benalla qui festoyait avec le commandant Prouteau, jadis chef des gendarmes de l'Elysée qui sous Mitterrand écoutaient des journalistes, mais que l'Elysée du président Macron avait recruté pour réorganiser la sécurité du château. Où est la réalité politique, dans la une des Echos où le Président mobilise l'Europe contre la puissance commerciale chinoise, ou dans cette affaire qui n'en finit pas... Le Parisien donne l'impression d'un pays partant à vau l'eau, qui comme l'Opinion ouvre par la guerre entre l'exécutif et le sSénat et se poursuit par les militaires qui vont assurer le front sécuritaire... L'H+umanité se fait un film et titre sur les "bruits de bottes", sommes-nous réels?

Il y a pourtant dans la presse de simples histoires. L'Union et l'Ardennais proclament, si on se parlait, et s'ouvrent à leurs lecteurs. Le Parisien encore me raconte Adel qui samedi sur les Champs Elysées a sauvé un policier lynché, en se couchant sur lui. Il vient d'Algérie, l'immigration a du bon. je lis dans Sud Ouest qu'un jeune charentais est devenu jockey, au Qatar, quelle aventure. 

Dans l'Equipe, un monsieur pas encore vieux me regarde. Jean-Michel Aulas, patron de l'Olympique lyonnais, qui nous dit sa jeunesse aventureuse, il était fils d'un militant marxiste et lui même avant d'être un entrepreneur fut militant, il dormait à la Sorbonne occupée dans les bras des statues dit-il, en 68, et redescendu chez lui, dans l'Ain, pour un tournoi de hand, avait convaincu ses copains d'appeler leur équipe Cohn-Bendit...  La révolution souriait alors.

En Ariège me dit le magazine des Echos, un département divin et pyrénéen, 31 habitants au kilomètre carré,  refuse la start-up Nation et le développement économique, au nom du bien vivre et de l'air pur. rêvons. 

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