Le Monde en reportage dans l'Alabama où un entrepôt géant Amazon vote pour créer un syndicat. Le Progrès raconte des CRS qui ont sauvé un homme effondré dans le métro. On a retrouvé la guitare disparue de Manitas de Plata, Midi Libre. Dans le Figaro, Philippe Druillet se souvient de Salammbô et dessine Dante,

On parle d'un vagabond...  

Que le Parisien rebaptise Félix, un SDF parisien auquel la Justice a donné raison contre un grand journal... Il est Félix cet homme au bonnet bleu sur la tête, photographié il y a trois ans avec trois hommes et son chien, sur un quai du métro parisien, la photo était parue dans Paris-Match en janvier 2018 et illustrait la montée d'une drogue, le crack, dans le Nord de Paris, on y voyait les vagabonds allumer une pipe de drogue, leurs images n'étaient pas floutés... Drogué, Félix l'est, il le reconnait, oui accro au crack, mais pour être drogué et vagabond on en est pas moins homme, on a une famille, on a une dignité et des droits.   "Chacun dispose, quelque soit sa notoriété sa fortune ses fonctions présentes ou a venir, du droit au respect de sa vie privée et jouit sur son image d'un droit exclusif", a rappelé le tribunal de Nanterre qui a condamné Paris Match; Vincent a obtenu  10.000 euros en réparation, et puis 30.000 en plus, parce que le journal n'avait pas retiré immédiatement la photo de son site... L'affaire n'est pas toute neuve, mais c'est aujourd'hui que le Parisien après le Canard enchainé la rapporte, et la rapportant donne vie à ceux qu'on ne voit guère... Ce sont d'autres camarades de galères qui avaient dit à Félix qu'il était dans le journal, oui on lit dans la rue, on y cultive aussi des valeurs de partage, Félix a déjà dépensé les premiers 10.000 euros de sa dignité en aidant des potes...   

Elle vient bien, l'histoire de Félix, ce jour où commence à Paris le procès IKEA, ce géant de l'ameublement qui faisait fi de la vie privée et faisait des fiches, à partir de fiches polices judiciaires, sur des employés malcommodes, des syndicalistes...  C'est dans le Monde, l'Humanité, le Parisien encore,  le Télégramme rappelle que d'autres entreprises ont aimé espionner leurs salariés...  Les sites Le Media et Street Press, insistent sur les liens intimes entre Ikea et la police, avant même la transmission de fichiers...

Mais ce n'est pas seulement cela, la police. 

Le Progrès ce matin nous raconte comment le 8 décembre dernier, jour de manifestation à Lyon, une équipe de CRS a délaissé le maintien de l'ordre pour sauver la vie d'un homme qui s'était effondré dans le métro, victime d'un arrêt cardiaque, les policiers ont utilisé 8 fois leur défibrillateur, ils ont posé une canule à l'homme, puis ont sécurisé et assisté le Samu dans une opération à cœur ouvert dans le métro. Dans le Parisien, ce mois-ci,  on apprenait comment trois policiers avaient empêché un homme de sauter de son balcon à Bussy Saint-Georges, comment cinq agents avaient plongé  dans le lac de Viry-Châtillon pour ramener une femme suicidaire, et comment un policier même pas en service, avait  plongé dans la Seine à Villeneuve-Saint-Georges pour sortir d'une eau à 4 degrés une femme qui demandait qu'on la laisse mourir, ce sont des histoires de simples flics,  glanées dans les journaux. 

On parle aussi d'un vote...  

Qui peut changer la face de l'Amérique, dit le Monde en reportage dans l'Alabama, où s'achève dans une semaine un vote par correspondance qui déterminera si les employés d'un entrepôt géant, 5000 salariés, pourront créer leur syndicat...  C'est une histoire classique... Des employés qui s'organisent  en face d'un patron omnipotent, mais le patron ici ne nomme Amazon, qui redessine toute la carte du capitalisme...  Les enjeux sont colossaux. On lit comment d'une petite injustice naissent les grands combats, quand l'employé Darryl Richardson jusque-là heureux d'être payé par Amazon 15 dollars de l’heure, le double du salaire minimum local, a été déçu de voir supprimée la prime Covid de 2 dollars,  de son mécontentement est née la bataille... Vous lirez comment Amazon a instillé le doute et aussi la peur chez des salariés, et si Jeff Bezos décidait de fermer l'entrepôt en cas de défaite... Vous lirez l'affrontement de deux cultures, celles d'un individualisme farouche , "dans le Sud on n'a pas besoin de syndicat, on peut aller voir notre supérieur", et celle d'une tradition ouvrière organisée, l'Alabama fut un pays de luttes...   

Bien loin de l'Amérique, ou tout près, on lit dans la Croix comment le Maroc lutte contre le travail des enfants... 

On lit sur les sites du Figaro et de Sud-Ouest, notamment, avec l'AFP, la colère de chauffeurs Uber déconnectés brutalement de l'application. Nous apprenons sur le site de la Voix du Nord que les livreurs de Uber Eats sont en grève aujourd'hui et demain dans le Boulonnais ce lundi demain, ils se retrouvent ce matin près du Mc Donald's d'Outreau, Uber recrute trop de livreurs, on ne peut plus gagner sa vie... Curieusement le Progrès, édition du Jura s'inquiète, quand donc Uber Eats va t-il venir a Lons-le-Saulnier? Le restaurant chez Georges, des burgers maison place de la Liberté, a déjà la tablette, mais Uber Eats ne trouve pas de livreurs indépendants... Sourions-nous?  

Dans le cahier éco du Figaro, qui lui aussi raconte la bataille Amazon en Alabama, l'excellente chronique de Jean-Pierre Robin taquine notre propension à taquiner les géants d'internet comme responsables de tous nos maux, on dit "les Gafa paieront" comme on disait après la Grande guerre "l'Allemagne paiera", au nom de slogan les armées françaises et belges envahirent la Ruhr en 1923, cela finit mal, on n'imagine pas la troupe investir un entrepôt Amazon?   

Et on parle enfin de bureau...  

Bureau sublime de Louis XV finement restauré à Versailles raconté par le Figaro, savez-vous que c'est Louis XIV l'arrière-grand-père du bien aimé, qui inventa le bureau de travail? Bureau au soleil des Canaries de ces cadres qui sont allés fuir la Covid pour télétravailler au paradis, ce serait une économie du savoir, dit Libération, vouée à remplacer le tourisme...

Dans Midi Libre, je lis qu'une sublime guitare décorée par Salvador Dali et Bernard Buffet, a été retrouvée, elle était l'instrument de la légende gitane Manitas de Plata, elle avait disparu il y a des décennies on l'a vu furtivement en février sur un site d'estimation d'objets d'art, tient-on alors le voleur... 

Le Figaro autre beauté, nous offre une interview du géant de la BD Philippe Druillet, qui nous parle de Flaubert dont il illustra, sous substance, jadis le Salammbô, qui s'attaque à l'enfer de Dante, il dit cet artiste ses lectures sa collection de Jules Verne en éditions Hetzel d'origine et des phrases qui ne le quittent pas. "C'était à Megara, faubourg de Carthage, dans les jardins d'Hamilcar"...  Il est parfois dans les journaux une phrase qui vous hante. L'indépendant raconte la mort d'une femme après l'incendie de son appartement, son ex-conjoint a été arrêté, le journal interroge les voisins du couple et une jeune femme dit: "'D'elle je ne connaissais que les cris".

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