Patrick Cohen : A la Une ce matin, la Baby-Connection de Marseille... Bruno Duvic : Vendredi soir, dans le quartier du Clos de la Rose, un gamin de 11 ans a été grièvement blessé de trois balles par un commando de cinq tueurs qui a délibérément arrosé l'entrée du bâtiment où habite sa tante. La vie du garçonnet n'est pas en danger. Contrairement à certaines informations diffusées dans un premier temps, rien n'indique qu'il faisait le guet pour un trafiquant de drogue. Un autre ado âgé de 16 ans, connu lui pour sa participation à des trafics de drogue a été tué par le même commando. Les cinq ont pris la fuite, peut-être sont-ils à peine plus âgés que leurs victimes. Car, oui, comme le titre "Rue89" ce matin, après la French-Connection, une Baby-Connection se livre à ce qui a toutes les apparences d'une guerre des gangs dans la ville. Des ados équipés de gilets pare-balles, d'armes de guerre et de grenades offensives comme les militaires en Afghanistan, des soldats de la drogue qui se servent de kalachs comme de rasoirs jetables, des gamins qui font des affaires en famille. A la cité des Carmes récemment, les policiers ont démantelé une filière dirigée par le père et gérée par les enfants. 26 règlements de compte depuis janvier 2009. Des kalachs et du cash : beaucoup d'argent. Dans La Provence, un ancien caïd des cités raconte tout. Il s'appelle Karim, il a 45 ans. C'est toujours étrange de voir un ancien trafiquant jouer les vieux sages, mais enfin, il raconte à quel point la guerre de la drogue s'est développée. Il y a quelques années, à Marseille, on ne trouvait du chiite que dans le quartier de Saint-Gabriel. Aujourd'hui, il y a des réseaux dans toutes les cités et même plusieurs par cité. Evidemment, ça rapporte. Jusqu'à 20.000 euros par jour. C'est pour cela qu'ils se font la guerre. Le pire, c'est qu'on met des enfants de 12 ans au milieu, les fameux guetteurs qui gagnent le double de leurs pères sans rien faire. Et des kalachs, il y en a partout, il y a de vraies armureries dans les cités. Dans Le Parisien, des policiers reconnaissent une forme d'impuissance. Il ne s'agit pas d'un banditisme structuré, il n'y a pas forcément de logique dans ce que font les bandes. On a souvent à faire à des gamins mineurs, rien ne permet de les classer au grand banditisme, ils sont comme des milliers d'autres jeunes délinquants, mais eux ont accès à des armes lourdes. Et puis, dans tous les homicides actuels, il est très difficile d'obtenir des témoignages. Dans les cités, les gens se taisent. Le Figaro raconte la journée de Brice Hortefeux, hier à Marseille. Le ministre de l'Intérieur a dévoilé toute une batterie de mesures. A ses côtés, le procureur de la République a demandé l'aide des habitants par le biais du témoignage sous X. Au-delà des opérations de police, parmi les questions posées, il y a bien sûr celle de l'absence de perspective dans les cités. Sur "Mediapart.fr", Louise Fessard raconte un vendredi soir à Marseille. Le soir de l'agression dans le quartier du Clos des Roses, elle était dans une des cités de Marseille pour assister à un spectacle de théâtre. L'histoire d'une jeune algérienne tout juste arrivée du bled pour épouser un glandu de banlieue. Ca se passait dans un centre socio culturel dans des conditions pas très reluisantes. L'auteur de la pièce doit s'en contenter. A partir du moment où on veut parler d'immigration, dit-il, à Paris, on nous ouvre les théâtres, pas à Marseille. Patrick Cohen : Un nouveau cambriolage de journalistes... Bruno Duvic : Dans la nuit de samedi à dimanche, une vingtaine d'ordinateurs ont été volés à la Rédaction de "Rue89", troisième cambriolage depuis mai 2007. Pierre Haski, co-fondateur de "Rue89", écrit qu'on ne sait rien des mobiles pour le moment. Même si les ordinateurs de plusieurs reporters enquêtant sur l'affaire Bettencourt et sur la surveillance des journalistes ont été volés, rien ne permet d'établir un lien formel. En tout cas, les affaires continuent... Affaire Karachi à la Une de Libération. Dans son édito, Laurent Joffrin fait le point sur les dernières avancées. Pour la première fois, l'existence de rétrocommissions est établie. Libé publie un nouveau témoignage sur ce point. Mais Joffrin ajoute : "Aucune preuve ne vient étayer l'implication de Nicolas Sarkozy. L'enquête doit se développer à son rythme. Brûler les étapes, c'est l'affaiblir". "Mediapart.fr" apporte quand même deux nouvelles pierres à l'édifice : deux documents dans lesquels le nom de Nicolas Sarkozy est cité. Selon l'un de ces documents, il aurait validé la création de "Heine", la société écran par laquelle ont transité les commissions suspectes. Patrick Cohen : Autre affaire qui fait beaucoup parler dans la presse : Benoît 16 et le préservatif... Bruno Duvic : C'est la Une de La Croix. Dans l'éditorial, Guillaume Goubert mesure et relativise l'importance des propos du pape. Il sera donc le premier à avoir utilisé le mot "préservatif", Jean-Paul 2 ne l'avait jamais fait. Le premier ayant affirmé que son usage peut constituer, dans certains cas, un premier pas sur le chemin d'une sexualité plus humaine. Mais ce n'est pas une révolution doctrinale. Le pape dénonce aussi la banalisation de la sexualité que peut représenter le préservatif. Dernière précision de Guillaume Goubert dans l'édito de La Croix : "Ces propos donnent le poids de la parole pontificale à une position formulée depuis longtemps par de nombreux acteurs de l'Eglise. Le pape a donc validé une démarche de terrain". Patrick Cohen : Et pour finir, une interview de Jean-Louis Aubert dans Le Parisien... Bruno Duvic : Parfois, les vedettes prennent la parole pour tenir des propos qui vont au-delà de la promotion pour dire des choses qui nous concernent tous. C'est le cas de l'ancien leader de "Téléphone" ce matin. Son nouvel album sort lundi prochain. Il l'a écrit alors qu'il accompagnait son père, victime d'un cancer, sur le chemin de la mort. Et dans cette interview, Jean-Louis Aubert raconte ce lien père-fils, somme de moments de complicité et de frustration. Quand j'étais ado, nos rapports étaient compliqués. Il était sous-préfet, ses amis le culpabilisaient dans les dîners : "Moi, mon fils fait HEC, et le tiens ?"... "Le mien, il joue de la guitare électrique". Mais une fois que je me suis vraiment lancé dans la musique, on avait une connivence assez forte. Il y a trois ans, alors qu'il était hospitalisé à Cannes, il est sorti pour me voir en concert acoustique. Lorsque j'ai chanté sa chanson préférée, j'ai lancé : "C'est pour toi, papa". Les spectateurs l'ont porté au-dessus de la foule, jusqu'à la scène. A 91 ans quand même ! La dernière chose qu'il a faite avant de fermer les yeux, c'est un tour de magie avec ses pouces qu'il réalisait quand j'étais petit. Mais la vie continue... Dans cette interview, Jean-Louis Aubert parle de la pochette de son nouveau disque. C'est son fils qui l'a réalisée.

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