Dans l'hebdomadaire le UN, qui décortique le mythe viril... Interrogation logique en cet automne où les porcs se balancent.

 "Délivrez nous du Mâle" provoque le UN. Le mâle prédateur... Celui que l'écrivain Albert Cohen ne comparait pas à un cochon, mais à un singe dont les valeurs babouines nous envahissaient...  c'était dans belle du seigneur... on lit cela dans le Un...

"Babouineries partout. Babouinerie et adoration animale de la force. Babouines, les foules passionnées de servitude, frémissantes foules en orgasme d'amour lorsque parait le dictateur au menton carré."

Ensuite vient la question... Pourquoi le petit garçon devient-il -parfois-  un babouin... qui pensera que le monde et les femmes appartiennent à sa violence? 

Le Un interroge l'histoire, la nature, la testostérone... Mais surtout nos banalités quotidiennes... 

Jusqu'aux réflexes de cour d'école et aux politiques urbaines les mieux intentionnées... 

Un article très fin, la fabrique du mâle... qui observe ceci...  Seuls les ballons en mousse sont autorisés dans les cours d'école où les autres jouets sont bannis... Le terrain de football, au milieu de la cour, "offre l'espace central aux garçons"... Et les équipements que l'on construit pour occuper les jeunes sont aussi des équipements pour petits hommes. Ateliers de rock, salles de hip hop,  ou skate parks... "On veut canaliser la violence des garçons dans des activités positives" dit Yves Raibaud, spécialiste de la géographie du genre...

Oui il y a une géographie du genre... et elle pointe ce que l'on ne voit pas... en 2014, la TVA baissait sur les billets des matches de football... Mais on la relevait de 20% pour les centres équestres... fréquentés par des filles à 90%...

Ainsi se conforte la virilité modélisée..  au risque de faire souffrir aussi les hommes... "L'idéal de virilité est anxyogène", dit la philosophe Olivia Gazalé... "Les garçons sont élevés dans le gout de la violence mais sans l'exutoire licite de la guerre et du duel"

Pauvre mâle. Sera-t-il nostalgique en lisant dans le New York Times qu'un bordel historique, Aux Belles Poules rue Blondel à Paris, ses peintures restaurées, sera bientôt loué pour des soirées tout à fait décentes... Se consolera-t-il en lisant, dans le parisien, que le parangon de la séduction est désormais le geek... Etude de Gleeden; site de rencontres extraconjugales, sur 6000 clientes... La moitié iraient plus volontiers vers un diplômé en informatique que vers un sportif, un artiste ou un manuel... Le babouin aurait une souris... Est-ce un progrès... 

Et c'est un maître de l'économie numérique que Vanity Fair met à l'honneur...

Xavier Niel, patron d'Iliad, copropriétaire du Monde et investisseur munificent de la Nouvelle économie... En tête du classement des 50 français les plus influents de Vanity fair.

C'est moins le portrait de Niel désormais en si haute bourgeoisie qui attire, dans ce classement... que les bonnes surprises. Tiens, une jeune française, Fidji Simo s'impose chez Facebook... Tiens une cinéaste, Denise Gamze Erguven, est coooptée à Hollywood... Mais on tique quand à la 3e place du podium, derrière Niel et Zidane, apparait Brigitte Macron... Ah bon, Brigitte, décrite par Karl Lagerfeld comme les plus belles jambes de Paris, ah bon Brigitte, que le New York Times intronise comme l'archétype de la Whip, « women hot intelligent and in their prime »... Femmes sexys et intelligentes et dans la fleur de l'âge... 

Et on se demande si Brigitte Macron qui fut une professeur de français enthousiasmante, mérite cette lumière qui naît de l'heureuse fortune de son époux...  Eternel féminin? 

Dans l'Equipe... on raconte joyeusement l'amitié de Julia Lang, Stéphanie Tuccito et Christelle Bertrand, qui ne sont pas des sportives mais... les compagnes des tennismen français et belge Pierre-Hugues Herbert, David Goffin, et Lucas Pouille, qui vont s'affronter pour la coupe davis... Drôle de dames, qui ne sont pas des potiches mais drole d'éternité encore...  

Comme un contrepoint... Lisez dans libération ou relisez dans l'Equipe magazine de samedi dernier... le portrait de Billie Jean king... elle fut une grande joueuse de tennis qui battit un vieux champion macho nommé Bobby Riggs dans un match symbolique, au siècle dernier. On en fait un film... Elle fit l'histoire, et influença un jeune garçon nommé barack Obama qui ne fut jamais un macho...

Une guerre du siècle dernier trouve son épilogue judiciaire...

Qui revient à la mémoire dans Libération, où l'on voit un homme qui fut viril et armé, Ratko Mladic, le chef militaire des serbes de Bosnie il y a 21 ans. Il connaitra son sort judiciaire au TPI aujourd'hui... On est guéri de nos futilités en relisant l'enfer que fut Srebrenica et en découvrant Ramiz Nukic, le ramasseur d'ossements, comme on l'appelle en Bosnie, qui exhume les restes des victimes du génocide pour leur rendre une mémoire... C'est dans Libération... 

Elles s'oublient vite, les guerres... 

Et comme en contrepoint, dans le Monde... Vous lirez un reportage splendide et insoutenable, sur Raqqa en syrie, libérée il il a un mois de l'Etat islamique... et qui remue ses ruines quand les caméras regardent ailleurs...

"Les grands axes de Rakka ont été déblayés. Les lames des bulldozers ont repoussé, contre les façades défoncées et les ossatures effondrées des immeubles, un hachis de ville ramassé en talus. Parpaings disjoints, carcasses brûlées de voitures familiales, écailles de ciment, tiges d'acier de longueurs diverses, rideaux de fer froissé. Et puis un cadavre recuit, puant, enveloppé dans une couverture noire de suie qui épouse les reliefs anguleux du squelette humain. Dans les déblais, un lapin en peluche au pelage souillé attire l'œil. Et encore, toujours, partout, cette même haleine cadavéreuse, le souffle silencieux, constant, d'une ville à terre."

Ce que font les babouins que l'on appelle des hommes.

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