Elle tweete pour dénoncer les narcotrafiquants, ils tweetent sa mort
Elle tweete pour dénoncer les narcotrafiquants, ils tweetent sa mort © Capture d'écran

Au menu ce matin : une journaliste citoyenne assassinée par des narcotrafiquants au Mexique, l'hommage quasi-unanime de la presse à Christophe de Margerie, et un Airbus belge pris en chasse par un Rafale au-dessus de Nantes.

Narcotrafic et réseaux sociaux

Direction la ville de Reynosa, au nord du Mexique. Ici la presse ne publie plus rien sur les cartels de la drogue : trop risqué, trop de pression. Alors pour s'informer, les habitants se tournent vers les réseaux sociaux, et notamment le compte d'une certaine "Felina". Plus de 100.000 abonnés sur Twitter, Catwoman en photo de profil. Cette journaliste citoyenne refuse la loi du silence. Ou plutôt refusait, puisqu'elle a été assassinée il y a quelques jours.

C'est le site américain The Daily Beast qui raconte l'histoire de Maria del Rosario, son vrai nom. cCette femme partageait chaque jour des photos de personnes disparues, elle alertait la population, dans des tweets très précis : "10 heures, des coups de feu entendus dans le quartier de Fuentes" ; "3 hommes armés aperçus dans un pickup Ford sur la 20e"... Sa façon à elle de résister à la dictature des narcotrafiquants, écrit The Daily Beast.

Alors forcément Maria était dans le collimateur des cartels. Il y a un an et demi, ces derniers promettaient 50.000 dollars à quiconque avait des informations sur cette mystérieuse "Felina". Son nom, son adresse... Premier avertissement le 8 octobre dernier, Maria reçoit ce tweet : "Nous sommes tout proches, fais bien attention à toi."

Pas de quoi la décourager. Maria continue de poster ses alertes, elle compte de plus en plus d'abonnés... Jusqu'à ce matin du 16 octobre. Tweet de Felina : "Mon vrai nom est Maria Del Rosario. Je suis médecin. Et aujourd'hui, je suis morte."

Tout le monde comprend alors que le compte Twitter de Maria a été hackée. Quelque minutes plus tard, terrible confirmation, deux photos sont publiées : la jeune femme a été enlevée puis tuée d'une balle dans la tête.

Depuis, les proches et les amis de Felina, tous menacés, ont changé de téléphone. Et sur les réseaux sociaux, les messages d'indignation et de soutien affluent : "Maria a donné sa vie pour notre sécurité" ; "Plus jamais ça". Des habitants de Reynosa se disent même prêts à reprendre le flambeau.

Le patron et l'ambassadeur

Hommages quasi-unanimes dans vos journaux après la mort de Christophe de Margerie, le patron de Total. "La France a perdu non seulement un capitaine d'industrie mais aussi un homme à l'influence considérable", écrit Dominique Greiner dans La Croix. "Il y a des entreprises qui sont un peu la France", renchérit Thierry Borsa dans le Parisien, et "Christophe de Margerie portait haut les couleurs" de notre pays.

"Phénomène rare, peut-être unique, analyse Laurent Joffrin dans Libé, la France, qui n'aime guère ses patrons, s'incline devant la mémoire" du PDG de Total.

Patron et ambassadeur, à "une époque où l'économie est la plus puissante des diplomaties", ajoute La Croix. "Christophe de Margerie s'estimait porteur d'une double mission : travailler à la fois pour Total et pour la France", explique Jean Claude Souléry dans la Dépêche du Midi. Quitte à assumer "des relations politiquement sensibles", du Gabon jusqu'en Birmanie". Quitte à défendre, bec et ongles, la Russie, visée par des sanctions de l'Union européenne, qu'il jugeait "sans issue".

La Russie, principale zone de production d'hydrocarbures d'ici à 2020 pour Total, rappelle Libération. 'Voilà pourquoi le PDG tenait à garder de bonnes relations avec Poutine'. Voilà pourquoi il prônait aussi la détente entre la Russie et l'Ukraine, pour éviter une nouvelle guerre froide. Selon Slate.fr, quand la crise a commencé, "Christophe de Margerie a été l'un des rares patrons français à prendre position dans le conflit". 24 avril dernier, il déclarait : "Je crois qu'on a le droit et le devoir, en tant qu'entreprises, d'intervenir dans le débat". Et lors de sa dernière intervention lundi soir en Russie, quelques heures avant sa mort, il avait demandé à Moscou de "corriger" son positionnement diplomatique.

Question justement, dans Courrier International : Vladimir Poutine voulait-il partager l'Ukraine dès 2008 ? C'est ce qu'affirme l'ancien ministre des Affaires étrangères polonais. Radoslav Sikorski vient d'accorder une interview au journal américain Politico. Et selon lui, en février 2008, le président russe a proposé au premier ministre polonais Donald Tusk de prendre part à la partition de l'Ukraine. "L'Ukraine est un pays artificiel", aurait dit Poutine. "Et Lviv est une ville polonaise, alors pourquoi ne pas résoudre cela ensemble ?" "Donald Tusk n'a pas répondu, car il savait qu'il était enregistré", raconte encore l'ancien chef de la diplomatie polonaise.

Parfum de guerre froide : Le Parisien et Libé reviennent, de leur côté, sur ces étranges manoeuvres au large de la Suède. 200 hommes, des bateaux furtifs, des dragueurs de mines, plusieurs hélicoptères... Tous à la recherche d'un sous-marin étranger, observé à trois reprises par des témoins. Mystère... Mais cet épisode rappelle les incursions de sous-marins soviétiques près des côtes suédoises pendant la guerre froide. Raison pour laquelle, écrit le Parisien, "les regards se sont immédiatement tournés vers la Russie". Moscou dément toute implication.

Et aussi...

Cette première médicale : un homme paralysé jusqu'à la taille remarche après une transplantation inédite de cellules nerveuses. Cela se passe en Pologne, mais c'est une équipe britannique qui est à l'origine de cet exploit, à etrouver dans le Figaro et la Voix du Nord. Darek Fidyka, le patient, parle d'une "renaissance".

Opéré il y a deux ans, cet ancien pompier peut désormais marcher à l'aide d'un déambulateur, il peut aussi conduire une voiture... Concrètement, les médecins ont transplanté des cellules nerveuses du nez sur la colonne vertébrale. Cellules qui auraient permis aux fibres nerveuses de se reconstituer. "Auraient", car il est difficile d'affirmer que cette greffe est bien à l'origine des progrès du patient. Les médecins restent prudents, cette découverte demande à être développée. Conclusion du Figaro : Darek Didyka est le héros d'une belle histoire, qui ne doit pas laisser croire que la paralysie appartient au passé.

À lire aussi : révélation dans le Canard enchaîné, combien de Thomas Thévenoud à l'Assemblée et au Sénat ? Réponse : une soixantaine, selon l'hebdomadaire satirique, qui cite plusieurs sources ministérielles. 60 parlementaires en délicatesse avec le fisc. Cela va du "petit différend au gros redressement", écrit le Canard. Aucun nom n'a flitré pour l'instant, mais la liste définitive sera connu d'ici à la fin de l'année.

Et puis, y a-t-il un pilote dans l'avion ? Histoire à peine croyable dans le quotidien Presse-Océan : les faits remontent au 28 juin dernier, un Airbus de la compagnie Brussel Airlines survolent Nantes. À son bord, une centaine de passagers et un pilote...endormi ! Les contrôleurs français mutliplient les appels. Pas de réponse, le copilote ne semble pas là non plus. Du coup, au bout de 10 minutes, un Rafale est envoyé, il prend en chasse l'avion belge et parvient enfin à entrer en communication avec l'appareil. Conclusion de l'enquête : le commandant de bord s'était "assoupi", et son copilote pensait que les appels concernait un autre avion ! La compagnie Brussel Airlines reconnaît, de son côté, qu'il y a eu "confusion".

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