8H30, l’heure de la revue de presse, bonjour hélène jouan

On commence par la question des réfugiés, au cœur de toutes les démagogies

« En France ? Des émeutes qui n’en finissent plus, la charia qui s’est imposée et des patrouilles qui surveillent son application ». Ce n’est pas du Houellebecq, mais des arguments électoraux actuellement en cours en Pologne, où se tiennent dimanche des élections législatives. « Inexistante dans le débat politique polonais ces 20 dernières années », nous raconte Libération, « la question de l’immigration s’est invitée dans la campagne, dans le sillage de l’afflux de migrants en Europe », la Pologne s’est engagée à accueillir 10 000 réfugiés. C’est le parti conservateur Droit et Justice, emmené par l’ex premier ministre Kaczinsky qui en a fait son thème de campagne, quitte à raconter tout et n’importe quoi, sur la France donc, et sur les risques que feraient courir ces nouveaux arrivants à la Pologne. Alors, tous les Polonais ne pensent pas comme l’ancien premier ministre, mais les partisans d’une Pologne plus ouverte et tolérante sont inquiets « le discours de haine se répand partout chez nous, note une militante, dans les manifestations où des gens appellent même à tuer les musulmans à la frontière, dans les journaux, partout ». Et la journaliste de relever qu’un seul quotidien polonais Gazeta Wyborcza, a expliqué à ses lecteurs que les propos de Kascinsky sur la charia en France étaient mensongers, la télé jouant plutôt le jeu de l’amalgame. Aujourd’hui c’est ce parti conservateur qui est donné favori du scrutin de dimanche

En France Hélène, reportages ce matin dans la presse sur ces migrants justement, qui sont sur le sol français

« A Calais, tout le monde souffre » titre la Croix… Tout le monde souffre, dans ce bidonville au bord de la rupture raconte le journaliste Pascal Charrier, bidonville qui accueille désormais 6000 migrants. « Les températures baissent, les flaques deviennent des mares, les latrines ne sont pas assez nombreuses, les ordures s’accumulent et les barbelés poussent plus vite que les arbres pour multiplier les systèmes anti intrusion… malgré ces barbelés, Ali, un syrien arrivé dans la jungle il y a un mois, ne désarme pas… Il a déjà échoué une fois à passer en Angleterre, mais il recommencera…ou il attendra « j’ai juste à attendre un million d’années, dit il en souriant, avec la dérive des continents, je finirai par passer en Angleterre »

Tout le monde souffre à Calais, tous ceux aussi qui doivent faire face à ces tentatives parfois désespérées de passer la manche. Les chauffeurs, les policiers, les marins, les cheminots. Entre le mardi et le jeudi, quand le trafic portuaire est à son apogée, 300 à 400 migrants se lancent régulièrement à l’assaut du terminal « c’est surréaliste, je ne peux pas m’empêcher de penser à une attaque de diligence » confie un marin…les plus téméraires tentent leur chance à la nage, parfois avec des bébés dans les bras, dans l’espoir de s’accrocher aux ferrys en partance, quitte à prendre le risque d’être déchiquetés par les hélices. Cet officier raconte être tenaillé tous les jours par l’angoisse « je l’avoue à contrecoeur mais j’en viens à déshumaniser les migrants, sinon c’est trop dur d’appliquer les consignes » confie t il

« Tout le monde souffre à Calais », mais dans la presse, tout le monde cogne ce matin aussi

Ca cogne sur Moirans…hier, c’est la droite qui s’est chargée de dénoncer le laxisme du gouvernement après les violentes émeutes de mardi soir. Ce matin, ce sont les éditorialistes qui enfoncent le clou. « La mise à sac de la ville donne l’impression d’un pays à l’abandon » fustige Yves Thréard dans son édito du Figaro, « les images de Moirans ne peuvent que faire le miel de l’extrême droite, mécaniquement » s’inquiète Patrice Chabanet dans le Journal de la Haute Marne . Il appelle à ce que les émeutiers soient traduits en justice , « faute de quoi dit il, s’épaissira dans notre pays le sentiment que l’impunité sourit à la voyoucratie ». Alors, que fait la justice ? la défense du procureur est à retrouver dans Aujourd’hui en France/le parisien. « Les interpellations ne sont pas décidées en fonction d’une volonté politique. Toute précipitation, toutes pressions excessives peuvent nuire aux résultats d’une enquête. » se défend t il, le procureur qui demande du temps, pour identifier les émeutiers. Du temps…en attendant, ceux qui avaient provoqué le blocage de l’A1 en août dernier, n’ont toujours pas été interpellés

Ca va peut-être cogner de nouveau à Air France, métaphoriquement parlant cette fois, avec un comité d’entreprise sous haute tension aujourd’hui. Le Point met en ligne un article, pas franchement de nature à calmer les esprits, qui dévoile dit il, les vraies conditions de travail des pilotes…http://www.lepoint.fr/economie/exclusif-les-vraies-conditions-de-travail-des-pilotes-d-air-france où l’on apprend que la réalité des salaires des pilotes d’air France est assez différente de celle récemment publiée. Les pilotes français gagnent 30% de plus que leurs homologues de la Lufthansa ou de British Airways, mais volent 30% d’heures en moins…

Enfin ça va peut-être aussi saigner dans le rugby français avec un Conseil extraordinaire de la fédération convoqué aujourd’hui . « Réunion d’inquisiteurs » nous raconte l’Equipe, à la recherche d’un responsable de l’état déliquescent du rugby tricolore. C’est l’échec d’un système, des joueurs pas dispos pour l’équipe de France, et qui arriveraient épuisés par leurs matchs en Top 14, échec aussi des hommes. Le quotidien sportif nous explique que Serge Blanco est au centre de toutes les critiques, et que Bernard Laporte a déjà sorti l’artillerie lourde, « assumer c’est démissionner » a-t-il lancé à l’adresse des actuels dirigeants de la fédé. La Croix pointe elle le sujet qui fâche tout le monde : celui des contrats fédéraux. Les internationaux seraient employés à temps plein par l’équipe de France, mais payés par leurs clubs. Le président de la ligue qui fédère les clubs professionnels s’étrangle. Debriefing d’un échec qui pourrait donc bien ressembler aujourd’hui à une mêlée

Question bagarre Hélène, il s’y connait, on termine avec le plus guerrier des Gaulois, Astérix !

« Astérix, le papyrus de César » 36ème album, il sort aujourd’hui. Et c’est le plus gros tirage de l’édition français cette année, 4,2 millions d’exemplaires mis dans les bacs en France et à l’étranger nous dit le Figaro. Un opus qui plonge dans la modernité, avec une histoire d’édition, un scribe nommé Bigdatha, un activiste gaulois avatar de Julian Assange

et…Bonus Promulus ! Il est inspiré physiquement de Jacques Séguéla, mais « il rappelle aussi tous ces conseillers de l’ombre raconte les scénaristes et dessinateurs Yves ferri et didier Conrad, comme Guaino ou Buisson ». Buisson dans Astérix, manquait plus que ça…en attendant le publicitaire Jacques Séguéla se dit dans le Parisien, « gonflé d’orgueil » de se retrouver ainsi dans la Panthéon de la bande dessinée.

On termine par quelqu’un qui est tout sauf un bagarreur...Philippe Lançon qui fait ses adieux à sa chambre dans Charlie Hebdo, chambre d’hôpital qu’il a occupée pendant près de 10 mois, pour soigner ses graves blessures suite à l’attentat du 7 janvier. « Dans quelques jours, je ne serai plus un patient et il me faudra rester patient écrit il. Ni les douleurs, ni les soins ni cette sensation d’avoir cœur et cul entre deux vies, l’une disparue, l’autre embryonnaire, ne vont disparaitre ». Philippe Lançon qui repart vivre dans son appartement refait à neuf « je m’installe comme un fantôme dans un appartement témoin : mais témoin de quoi ? Mystère » Mystère de la vie qui doit continuer pour Philippe Lançon…

L'équipe
Mots-clés :
Nous contacter
Ce contenu n'est pas ouvert aux commentaires.