La presse se penche sur les désirs d'indépendance, en Catalogne et ailleurs.

La pire menace depuis Franco

Alors que Madrid tente de reprendre la main, « Mariano Rajoy vient-il de siffler la fin de la récréation ou bien de mettre davantage d'huile sur le feu ? » s'interroge le Parisien. 

Le président du gouvernement espagnol espère sortir de la crise avec fermeté, en prenant le contrôle de la région autonome, et en convoquant des élections régionales dans les six mois. De son côté, le président catalan Puigdemont va convoquer le parlement régional pour décider d'une réponse à ce qu'il considère comme "la pire menace depuis Franco".

Dans le JDD le chef de la diplomatie française  s'inquiète de cette situation "qui peut mener à une dislocation dangereuse". Jean-Yves Le Drian souhaite que les prochaines élections "permettent de clarifier la situation et de retrouver le chemin d'un dialogue constructif".

En Italie, on vote ce dimanche en Lombardie et en Vénétie

Deux régions riches qui veulent plus d'autonomie. Le patron de la Ligue du Nord le dit dans Le Monde : "L'argent gagné en Vénétie doit rester en Vénétie".

"La tentation du repli et les montées d'extrémisme en Europe se nourrissent à la fois de la crise, de l'inefficacité européenne et de son incapacité à offrir une vision" estime encore Jean-Yves Le Drian qui veut croire qu'Emmanuel Macron à la Sorbonne a indiqué "le chemin pour les Européens d'une ambition partagée".

Mais loin des grands discours ce sont parfois des petits pas et une complexe cuisine politique qui font tenir les Etats. Courrier international nous rappelle que la Belgique, au bord de l'explosion il y a quelques années, n'a pas éclaté. C'est le journal Le Soir cité par l'hebdomadaire qui résume « ce compromis à la Belge » : après « de longs pourparlers »,  "une usine à gaz institutionnelle d'une complexité infinie (...) nous a acheté la paix".

Catalogne, un effet domino?

Courrier International s'interroge plus largement et propose un tour d'Europe des désirs d'indépendance et d'autonomie. On apprend pour l'anecdote qu'une Europe fédérale composée de 75 micro-Etats, c'était le projet porté dans les années 90 par Freddy Heineken, qui n'était pas qu'un célèbre brasseur néerlandais. 

Le journal le National de Glasgow estime que l'Ecosse et la Catalogne ont un point commun: la tendance mondiale à la localisation et à la subsidiarité. Le parti national au pouvoir, le SNP, demande un second référendum. Les Ecossais qui ont dit non à l'indépendance en 2014 souhaitaient en revanche rester dans l'Europe. Tout comme une partie des Anglais. Dans "L'Angleterre qui fait de la Bresistance",  M le magazine du Monde est allé à la rencontre de ces anti-Brexit qui tentent de mobiliser l'opinion et d'obtenir un second vote pour rester dans l'Europe.

On ne peut pas être et avoir été

C'est valable aussi en politique. François Hollande et Nicolas Sarkozy sont en photo à la Une du Parisien sous ce titre  "Ils ne lâchent rien". Pas question de prendre leur retraite, « les anciens présidents continuent de jouer un rôle premier plan dans leur camps et de guetter Macron » raconte le quotidien.

Nicolas Sarkozy est plutôt soigné par Emmanuel Macron, qui l'a invité à diner en juillet et lui parle régulièrement. A moins que les contacts ne passent par Carla et Brigitte, dont Nicolas Sarkozy aurait dit : "Elle, elle est très bien, elle m'a dit qu'elle avait toujours voté pour moi".

"Emmanuel s'est mis Nicolas dans la poche" se délecte un macronniste dans le Parisien. Voire, nuance le journal, car les deux ex-présidents se parlent aussi, et « on n'apprend pas aux vieux signes à faire la grimace ».

Nicolas Sarkozy reçoit les ministres de droite dans son bureau de la rue de Miromesnil. François Hollande invite rue de Rivoli tous ceux qui prétendent à la tête du PS. L'ancien chef de l'Etat écrit un livre et « sa vie privée avec Julie Gayet est enfin épanouie » nous assure le Parisien. 

Avec Emmanuel Macron en revanche « la guerre froide a tourné à la confrontation ouverte » relate le Journal du dimanche. « En privé le chef de l'Etat affiche le plus souverain mépris » pour son prédécesseur "qu'il qualifie désormais de zigoto" et qu'il érige en contre modèle. Entendre François Hollande critiquer sa politique fiscale depuis Séoul a fini de l'exaspérer, d'autant que son entourage souligne que c'était dans le cadre d'une conférence rémunérée et ironise : "Un président ne devrait pas faire ça".

Qui savait quoi sur la taxe qui va coûter 10 milliards ?

Ce qui fait monter la tension entre Hollande et Macron c'est notamment la taxe sur les dividendes retoquée par la justice et qu'il va falloir rembourser aux entreprises. "Qui savait quoi sur la taxe qui va coûter 10 milliards ?" demande le JDD avant de donner la réponse : la taxe, "un dispositif bancal adopté sous Hollande... dont Macron n'ignorait rien".

Le JDD rappelle que Hollande avait lui-même hérité la patate chaude de Nicolas Sarkozy, dont une taxe à 5 milliards d'euros avait déjà été retoquée.

Le "classico" OM-PSG

"Ça vaut toujours le détour" assure l'Equipe, mais ce clasico «  n'a plus le parfum d'antan » reconnait le Parisien, qui titre pourtant "Avis de tempête sur le vélodrome" : c'est l'occasion pour Neymar de lancer vraiment sa carrière parisienne. Mais avec de tels joueurs, et le Qatar derrière, comme le dit un supporter marseillais, « la question n'est plus de savoir si on va gagner mais "combien on va prendre ?".

« On aime toujours l'OM mais le PSG ne joue pas le même football" avoue un autre supporter dans Le Monde. Le Monde a repéré à Marseille des ados arborant la tenue complète du Paris Saint-Germain, image encore impensable il y a quelques années et signe que même Marseille est « contaminée par la marque mondiale PSG" souligne le journal.

Le propriétaire américain de l'OM  le reconnait dans le JDD : "Je n'ai pas le carnet de chèque des Qatariens". A défaut de dépenser plus "nous devons être plus ingénieux" estime Franck Mc Court, qui promet une stratégie de long terme. Détection, formation. "On doit être David et on doit battre Goliath", mais ce n'est sans doute pas pour ce soir.

Ce soir vous pouvez d'ailleurs tenter "J'ai match chez un inconnu"  comme nous dit le Parisien. Il existe désormais une sorte de "Airbnb du foot", qui s'appelle Watch Eat, pour "regarder et diner". Pour voir tous les matchs de la saison chez soi, il faudrait débourser presque 600 euros en abonnement aux chaines sportives.

Lui sera bien dans la tribune au Vélodrome, mais le président qatari  du PSG "n'aura pourtant guère la tête à ce clasico" affirme Le Monde : « Nasser Al-Khelaifi traverse une zone de turbulences ». Outre enquête de l'UEFA dans le cadre du fair play financier, celui qui est aussi patron du groupe de media BeIn sera entendu mercredi par la justice suisse, au sujet d'un contrat de retransmission de futures coupes du monde avec la FIFA et d'une possible corruption.

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