Jean-Pierre Chevènement 79 ans, dans l'Opinion pour le nucléaire, Jane Fonda, 80 ans, dans la Croix, le Figaro et Libération. Une judokate française, Amandine Buchard, a épousé une judokate allemande, jeunes filles d'aujourd'hui dans le Parisien. Vivent les bouilleurs ambulants et un nectar à 70°, dans Ouest-France!

La déprime des syndicalistes à la SNCF... 

Dans Libération qui fait résonner la voix des vaincus, ceux qui ont fait grève au printemps dernier sans empêcher la réforme, et on lit les mots "blues" et "gueule de bois", quand un conducteur de TER accepte tous les trajets pour se refaire financièrement parce que la grève l'a essoré. MAIS on a l'impression en lisant Libération d'un corps social brisé, sur lequel s'exerce une vengeance venue d'en haut, d'une direction "devenue sans pitié" dit un responsable de SUD Rail. Se tiennent ce mois d'octobre des conseils de discipline, un cheminot est menacé de licenciements pour trois retards. Les directeurs d'établissements "font des efforts pour ne pas mettre les pieds sur la table quand ils nous reçoivent", dit un guichetier marseillais, et des cheminots  se montrent entre eux cette photo prise, dit-on, à Asnières,  «La salle de repos sera accessible au mérite pour une durée de vingt minutes sur la durée du temps de service, à l’appréciation de l’équipe managériale»... Malheur aux vaincus? 

Au début du mois, lisez l'article encore en ligne, l'hebdomadaire de gauche Politis racontait "l'enfer social" d'une filiale de la Sncf, SFERIS, qui travaille sous un statut de droit privé. "Management par la peur, conditions de travail indignes, mépris du code du travail" affirmait l'hebdomadaire en entendant des salariés en  "souffrance extrême »...

A la une de Libération, on voit Jean-Luc Mélenchon, dont le journal dissèque le système et les colères, sont-elles comparables à celles du peuple de la SNCF... Le politologue Gael Brustier n'exclut pas que le leader insoumis n'ait renforcé son positionnement contre "la caste"... Mais L’Humanité regrette, merci confrère, que Mélenchon inclue les journalistes dans cette caste.

Un autre homme en colère, mais de mots choisis, est dans l'Opinion, Jean-Pierre Chevènement, 79 ans, pourfend notre politique énergétique "déraisonnable"  et s'insurge contre la fermeture que prépare EDF d'une demi-douzaine de centrales nucléaires. La France a égaré son savoir-faire au profit d'illusions venues d'Allemagne, Chevènement est le gardien de notre république des ingénieurs, et aussi de notre identité paysagère que l'éolien serait en train de détruire. Il est un point fixe et un militant inlassable.   

Sans doute ce féru d'histoire appréciera, dans la même Opinion, l'article du Monsieur défense et diplomatie du journal, Jean-Dominique Merchet, qui réinscrit l'affaire Khashoggi dans la rivalité entre la Turquie et l'Arabie saoudite pour la direction du monde musulman...  

On parle d'une militante dans nos journaux...

Heureusement quand les virilités nous assaillent, le président turc Erdogan ; justement menace les saoudiens en une du Financial times, le ministre Blanquer dans le Parisien va « rétablir l'ordre » dans nos écoles, et Donald Trump est en campagne pour ses élections de mi-mandat à la une du Figaro... 

Voici donc une femme militante ET actrice venue du pays de Trump, qu'elle combat, elle fera campagne cette semaine dans le Michigan auprès des électeurs noirs, lis-je dans la Croix, après avoir donné une master class aujourd'hui à la Cinémathèque de Paris, complète le Figaro, Jane Fonda, qui fut Barbarella, et qui encore vendredi, honorée par le festival Lumière à Lyon, était "longiligne dans une robe léopard qui semblait cousue sur elle", Libération ! Jane Fonda est la contemporaine de Jean-Pierre Chevènement, elle a 80 ans, elle aussi d'une constance remarquable, depuis que Simone Signoret l'initia dans les années 60 au refus de la guerre que menait son pays au Vietnam... 

Est-elle militante, la championne de judo Amandine Buchard, ou simplement amoureuse, que son épouse Nieke Nordmeyer enlace dans le parisien? Buchard est mariée à une autre judokate, allemande, les deux femmes rêvent de monter un jour ensemble sur un podium, raconte Buchard, 23 ans, dans une interview à la fois forte et fleur bleue... " On s'est rapprochées quand j'ai été en dépression après mes problèmes de poids, Nieke sortait d'une déception amoureuse, on s'est mises à danser ensemble, on s'est embrassées une fois". Le Parisien fait de Buchard une figure du droit des homosexuels quand les agressions homophobes se succèdent en France.        

Et en même temps, le portrait parle d'une génération toute simple. "Je ne tombe pas amoureuse d'un sexe mais d'une personne", dit Buchard, qui partage avec sa femme le gout des tatouages, elles auront, par PMA, un enfant qu'Amandine portera, elle vit simplement ce qui chez les vieux est un débat... 

Il y a un mois, l'Equipe avait interrogé Amandine Buchard, fraichement médaillée de bronze aux Mondiaux. On lisait ceci. "Je fais souvent de la cuisine quand je vais chez ma copine, en Allemagne. Nieke (Nordmeyer, une internationale allemande avec qui elle s'est mariée le mois dernier) n'a pas de problème de poids..."   Le mariage de deux filles, n'était, pour l'Equipe, qu'une parenthèse, tout va bien. 

Et on parle de nourriture pour finir... 

Car nos assiettes seront vertes et de légumineuses, nous disent le Dauphiné libéré et d'autres, à propos du salon international de l'alimentation... 

Nous sommes dans le bien-vivre, c'est difficile, car Sud-Ouest me l'apprend, à Bordeaux, on manque de places dédiées pour garer nos vélos, c'est compliqué parfois quand l'Indépendant se demande si les vignes catalanes pourront se passer de glyphosate...  Il faudra piocher mais qui tiendra les pioches ?

Un nouveau monde vient, de traditions que l'on redécouvre. Quatre copains, dans la Dépêche, ont pêché un silure de 2m40, et l'ont mangé? Dans le Maine libre, Stéphane a trouvé un cèpe de 1,8 kg cueilli au niveau de Parigné-l’Evêque. « Il ne faut pas aller que dans les grandes forêts »

Et surtout. C'est la saison du bouilleur ambulant, dit Ouest-France, qui me présente, Alain Trohel qui tourne avec son alambic dans les fermes de Mayenne,  et donc dans le journal à La Gaste, dans le village d’Ahuillé, à dix kilomètres de Laval, pour faire de l'eau de vie avec les reste de cidre de Joël Couasnon, et Ouest-France me dit les délices d'une tradition familiale et de la fermentation du fruit et des réputations au village, « dans le bourg, ça se savait si quelqu’un servait du mauvais cidre ou de la mauvaise goutte»; à la fin de l'article, on goûte le nectar à 70 degrés, « ce digne produit de la terre et des hommes », le liquide glisse, « comme un bon whisky ». Un whisky !

_Excuses et lapsus_. A l'antenne, mes neurones ont poussé ma voix d'un paragraphe, et au lieu de dire "L'Humanité regrette, merci  confrère, que Mélenchon inclue les journalistes dans cette caste.", j'ai dit ""L'Humanité regrette, merci  confrère, que Chevènement inclue les journalistes dans cette caste." Je parlais au paragraphe suivant de Jean-Pierre Chevènement, et je ne peux que m'excuser le plus platement du monde de ce lapsus. 

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