Avoir un but... Son but à lui, on le connaît... Nicolas Sarkozy veut être Président de la République... Sauf que.... "demain, ses électeurs potentiels pourraient refuser leur suffrage à une personnalité aussi bouillonnante", écrit Francis Laffon dans L'Alsace... "Parce que, faut-il le rappeler, souligne l'éditorialiste, le Président de la République est garant de l'indépendance de l'autorité judiciaire... S'en prendre ainsi à la magistrature, lorsque l'on brigue la magistrature suprême, est bel et bien une erreur"... Une erreur ?... A vous de juger... Ce qui est sûr, en tout cas, c'est que les propos de Nicolas Sarkozy sur la démission des juges provoquent la polémique... Il n'y a qu'à lire vos journaux... Alors je vous résume... "Ministre de la Provocation", titre Libération... "Pour calmer l'indignation des magistrats après les attaques de Sarkozy contre la justice, Chirac reçoit aujourd'hui le premier d'entre eux, Guy Canivet", note le quotidien... "Nicolas Sarkozy en flagrant délit d'irresponsabilité", affiche en Une L'Humanité, qui estime que "ses provocations mènent au désordre"... Le Figaro titre également sur "la grande polémique entre Nicolas Sarkozy et les magistrats"... Et Aujourd'hui en France-Le Parisien fait sa Une sur "la rupture"... la rupture entre Sarkozy et les juges... France Soir n'est pas en reste avec, en Une, une photo de Guy Canivet, le président de la Cour de Cassation, présenté comme le premier magistrat de France... et ce titre de France Soir : "Il veut la peau de Sarkozy"... Et dans l'ensemble, le constat des éditorialistes, ce matin, est assez dur... Pour Olivier Picard, dans Les Dernières Nouvelles d'Alsace, "c'est un nouvel épisode de la police contre la justice... Faut-il que le personnel politique, confronté aux mauvais chiffres de l'insécurité, ait une approche si réductrice de la délinquance et du malaise des banlieues pour qu'il perde son temps à essayer d'arbitrer entre policiers et juges... Franchement, c'est un scénario plutôt pitoyable, comparé aux enjeux que nous devons affronter collectivement"... Dans le même esprit, Jacques Guyon, dans La Charente Libre, juge "qu'en se défaussant des problèmes de la violence sur la justice, Nicolas Sarkozy ne discrédite pas seulement un pilier de notre République, il se discrédite lui-même en tant qu'homme d'Etat"... "A force de s'agiter sur tous les fronts, de dénigrer l'action du gouvernement, de mélanger ses deux casquettes de ministre et de candidat probable à la Présidentielle, n'est-il pas en train de se brûler les ailes ?", s'interroge Jean-Pierre Bedei dans La Dépêche du Midi... Mais Bernard Revel constate, dans L'Indépendant du Midi : "Sa sortie contre les juges, grave faute pour le ministre de l'Intérieur, est en revanche du pain béni pour le candidat qui a clairement confirmé hier à qui s'adressaient ses propos... "Les Français savent bien que ce que je dis, c'est la vérité"... Alors les magistrats écoeurés... les policiers démotivés... le gouvernement embarrassé... là n'est pas la préoccupation majeure de Sarkozy"... Alors peut-être... Mais "les Français peuvent-ils être vraiment reconnaissants au premier flic de France de se cantonner à un ministère de la Parole ?", interroge Gérard Dupuy dans Libération... "Déstabiliser l'Etat pour mieux s'en emparer, c'est faire un pari sur le pire"... Et même Dominique de Villepin a déploré "les polémiques qui ne font guère avancer les choses"... C'est Le Figaro qui le rapporte ce matin... Le Figaro qui constate que "si, officiellement, à l'Elysée comme à Matignon, le mot d'ordre est "pas de polémiques", les chiraquiens sont trop contents de laisser le numéro 2 du gouvernement faire face seul à la tempête politique"... "On le laisse mariner avec ses provocations", confie un ministre au journaliste du Figaro... "A force de tout critiquer... la justice, le Président de la République et le gouvernement... Nicolas Sarkozy finit par se critiquer lui-même", explique un autre... "Alors, partira ?... partira pas ?", se demandent les journalistes du quotidien... "Dans les cabinets ministériels, beaucoup estimaient hier que, pour Sarkozy, l'heure du choix, entre rupture et solidarité gouvernementale, approchait"... Avoir un but... A priori, le sien, c'est d'être "Der Auto-Terminator"... C'est le Sueddeutsche Zeitung qui titre ainsi, sous la photo d'Arnold Schwarzenegger... Arnold Schwarzenegger, c'est le gouverneur de Californie... Et la Californie fait la Une de vos journaux ce matin... puisqu'elle poursuit en justice six groupes automobiles, leur reprochant de contribuer au réchauffement climatique... "La Californie attaque l'industrie automobile sur le climat", explique Le Monde... "Pour le ministre de la Justice de l'Etat de Californie, les émissions des véhicules de ces compagnies représentent 30% des émissions de gaz carbonique de la Californie"... "C'est une première, note Libération... une démarche sans précédent, qui relève peut-être d'un coup de communication, mais qui s'inscrit dans la logique des décisions prises par la Californie... Si cet Etat américain était un Etat indépendant, précise Pierre Haski, il serait le 12ème par la quantité d'émission de gaz à effet de serre... Et il n'y a plus grand-monde de sérieux, à part George Bush et quelques autres, pour douter de la réalité de la dégradation de notre environnement"... Alors soit... Comme le dit Libération, "la Californie prend l'auto par les cornes"... Et cela rappelle à La Tribune les premiers procès contre l'industrie du tabac... C'est "le procès qui fait peur aux constructeurs automobiles", pour Le Parisien-Aujourd'hui en France, qui constate que "cette plainte repose sur un argument économique... Les conséquences du réchauffement de la planète font en effet perdre des milliards de dollars à la Californie, notamment en matière de revenus touristiques dans les stations de ski"... "Moins de neige... le niveau de la mer qui monte le long des côtes... la pollution à l'ozone qui s'intensifie dans les villes... et le risque des feux de forêt qui augmente"... C'est la liste, dans Le Monde, de ce que l'Etat californien reproche aux fabricants de voitures... Et il n'y a pas que les fabricants de voitures qui se penchent sur la préservation de notre planète... Bill Clinton, l'ancien Président des Etats-Unis, a organisé sur ce sujet "un contre-sommet à New York", titre Le Figaro... Le "Billanthropy", pour l'hebdomadaire britannique The Economist... qui se moque quelque peu des Oscars de la Philanthropie décernés par Bill Clinton... "Pour beaucoup des magnats modernes, la meilleure des motivations à leur possible générosité était une nuit en ville avec le Président play-boy"... Le Président play-boy qui a entre autres récolté 3 milliards de dollars contre l'effet de serre... C'est le Corriere della Sera qui salue le don de Richard Branson, le fondateur de Virgin... "3 milliards de dollars sur 10 ans", précise le Financial Times, qui indique que c'est Al Gore, l'ancien vice-Président de Clinton, qui a convaincu le milliardaire anglais... The Guardian indique de son côté que la majeure partie de cet investissement sera consacrée à la recherche sur les bio-carburants... Et pendant que le monde entier se penche sur ces sujets, "le gouvernement français enterre la Journée sans voiture"... C'est à lire dans La Croix... La Croix qui constate, étonné : "Alors que la manifestation s'étend dans le monde, elle est abandonnée par la France... Pourtant, c'est bien notre pays qui a vendu l'idée, imposé l'intitulé, le jour sur le calendrier, et le logo... L'Europe a complètement joué le jeu, et plus de 1.000 villes dans le monde ont instauré cette Journée sans voiture... Et cette année, la Journée sans voiture du 22 septembre, aujourd'hui donc, n'a pas lieu dans l'Hexagone"... Laissons la voiture et prenons le train... "Le TGV souffle ses 25 bougies", titre L'Humanité... Et La Tribune se souvient... "C'était il y a 25 ans jour pour jour... François Mitterrand et son ministre des Transports, Charles Fittermann, inauguraient en grande pompe la première ligne du Train à grande vitesse reliant Paris à Lyon en 2 heures seulement... La performance, aujourd'hui banale, bluffe tous les observateurs à l'époque... Dans un retournement complet de perspective, le ferroviaire prend sa revanche sur l'avion... En quelques mois seulement, la part de marché de l'aérien sur les trajets Paris-Lyon s'effondre au profit du rail... Elle ne remontera jamais plus... Les années fastes commencent pour le TGV"... Et dans La Croix, ce constat : "Comment le TGV a changé la France"... "Le train a réorganisé l'espace... La France devient petit à petit un réseau de grandes villes reliées entre elles, à moins de 3 heures de Paris"... "Quel est le but du TGV aujourd'hui ?", se demande le quotidien catholique... "Eh bien, d'aller toujours plus vite, d'accord... et d'aller aussi plus loin... Et d'être également plus confortable, pour s'adapter, d'ici 2050, au vieillissement de la population"... Avoir un but... C'est ce que cherchent, à n'en pas douter, "ces surdiplômés qui affluent vers l'humanitaire"... Un reportage à lire dans Le Figaro... "Parce que les associations caritatives reçoivent de plus en plus de CV de jeunes sortis des grandes écoles, qui choisissent l'engagement social... Le président d'Emmaüs France, Martin Hirsch, lui-même formé à Science-Po et à l'ENA, voit la tendance s'accélérer depuis 2002, explique-t-il... Et en fait, pour tous les responsables d'ONG, le constat est le même : ces surdiplômés n'ont qu'une phrase en bouche : "Je veux donner du sens à ma vie"... Le Figaro qui a rencontré Charles-Edouard Vincent, diplômé X-Ponts et de l'université de Stanford... Il est depuis deux ans salarié d'Emmaüs... A 33 ans, il a décidé de changer de vie... "Aujourd'hui, dit-il, je sais pourquoi je me bats... J'ai le sentiment d'être dans le vrai"... Avoir un but... Celui de trouver l'âme soeur... Et si c'était cet inconnu croisé sur un quai de gare ?... Eh bien, figurez-vous... c'est à lire dans Le Monde... qu'il existe maintenant un site Internet... dislelui.com... pour le ou la retrouver... C'est un jeune homme de 31 ans qui en a eu l'idée... Dans le métro parisien, il avait échangé un regard avec une jeune femme sur le quai d'en face... un regard, un sourire... et puis rien : la rame est arrivée, et chacun est parti de son côté... Du coup, son but à lui, avec ce site, c'est de permettre aux inconnus qui se croisent dans les transports en commun de se rencontrer... "A toutes ces belles passantes que l'on n'a pas su retenir", comme chantait Brassens... Bonne journée.

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