L'agenda diplomatique est très chargé cette semaine : c'est à la Une de la presse... La Bible prétend que Dieu a fait le monde en moins de sept jours. Les dirigeants disposent de quatre jours, cette semaine, pour redessiner la planète. Assemblée générale de l'ONU : on parle du climat aujourd'hui, avant les traditionnels discours demain. Et puis jeudi et vendredi, après New York, direction Pittsburgh pour le G20. Alors les journaux, chacun à sa manière, abordent déjà les grands thèmes des jours à venir. Libération s'attaque à l'un des noeuds gordiens de la paix dans le monde : les colonies israéliennes en Cisjordanie. Sous la plume de Delphine Matthieussent, portrait d'un colon installé à Kyriat Arba, près d'Hebron. Michel tient une cave viticole. Dans sa cour, il est fréquent que des voisins palestiniens viennent récupérer le marc de raisin : ça leur sert d'engrais pour leurs champs. En échange, ils apportent des cageots de concombres et de tomates. Commentaire du viticulteur : "Mais oui : ici, au quotidien, les gens vivent ensemble. En Israël, les dirigeants cultivent la mentalité du ghetto, mais dans la vie de tous les jours, tu ne peux pas haïr en permanence". Mais quand on lui parle du gel des constructions exigé par Washington, Michel fait référence à l'Allemagne nazie : "Les Etats-Unis et l'Autorité palestinienne veulent imposer le Judenrein, une région sans Juifs. Nous avons le droit de vivre et de prospérer ici". "Le concept de peuple palestinien a été créé de toutes pièces. Pour moi, il n'y a que des Arabes qui vivaient ici avant nous. Ils méritent notre respect pour cette raison. Mais ils doivent aussi accepter la réalité d'Israël, y compris la Judée et la Samarie, autrement dit l'actuelle Cisjordanie". Tout est dit du blocage que représentent les colonies. Pour Libération, Barack Obama a peut-être commis une erreur en faisant du gel le préalable à toute reprise du processus de paix. Il espère tout de même réunir Abbas et Netanyahu cette semaine à New York, pour une photo symbole. Les acrobaties diplomatiques, Obama va les multiplier cette semaine... A l'Assemblée générale de l'ONU, tout le monde s'exprime, y compris Kadhafi et Ahmadinejad. A New York, le cirque Kadhafi a déjà commencé, raconte Adèle Smith dans Le Figaro : mais où va-t-il planter sa tente bédouine ? Vous vous souvenez qu'il y a deux ans, à Paris, il s'était confortablement installé dans le parc de l'hôtel Marigny. Eh bien, à New York, c'est une autre affaire. La délégation libyenne avait prévu de planter les sardines de la tente à Central Park : le maire les a priés d'aller camper ailleurs. Ils voulaient se rabattre sur une propriété libyenne dans le New Jersey : veto des habitants. Le Monde raconte que c'est une figure locale : un rabbin connu pour avoir publié un Kamasutra casher, qui a mené la révolte. Aux dernières nouvelles, le colonel serait installé à la mission permanente de la Libye à New York. Autre casse-tête pour les services du protocole : l'Iranien Ahmadinejad... Leur rôle est de tout faire pour qu'il ne croise pas Obama. Y aura-t-il des contacts entre la délégation française et la délégation iranienne ? Des contacts discrets, certainement, car les tractations secrètes continuent pour la libération de Clotilde Reiss. Plus d'un mois que la Française est confinée à l'ambassade à Téhéran, rappelle Georges Malbrunot dans Le Figaro. Et un deal est peut-être en train de se conclure : actuellement, en France, un Iranien coupable de l'assassinat de l'ancien Premier ministre du Shah est toujours emprisonné. Malbrunot donne la parole à un diplomate qui connaît bien le dossier : "Je ne serais pas surpris qu'on lui offre un billet Paris-Téhéran, et qu'en échange nous recevions un billet Téhéran-Paris pour Clotilde Reiss". Le premier dossier auquel vont s'attaquer les chefs d'Etat, c'est donc le climat, dès aujourd'hui. A la dernière page de La Croix, comme toujours, Alain Rémond saisit un énorme problème par le tout petit bout de la lorgnette, et c'est aussi révélateur du travail qui reste à accomplir pour économiser le carbone. Alain Rémond a reçu, de la part d'un lecteur, l'étiquette d'un paquet de hâché de porc acheté dans une grande surface. Un peu plus de 300 grammes : 2€12 le hâché (jusque-là, rien à dire). Le reste est écrit en tout petit sur l'étiquette : le porc est né au Canada, puis il a été élevé en Australie, enfin il a été abattu et découpé en Belgique. Bonjour le bilan carbone... Le billet est titré "Franco de porc" (avec un C). Un ancien Premier ministre de 1m93 à la Une de la presse... Mais oui : c'est grand, 1m93. On ne voit que vous. Et quand en plus, c'est ce que vous cherchez, l'effet est garanti. Alors voici donc Dominique de Villepin, tel que l'a vu Stéphane Durand-Souffland, l'une des plus fines mouches de la presse judiciaire. C'est dans Le Figaro. "1m93, une femme et trois enfants, tous très beaux. Il se campe face à la forêt de caméras, sous les applaudissements d'un fan-club peu nombreux mais énergique. L'ancien Premier ministre porte un complet gris. Il est allé récemment chez le coiffeur. Il est bronzé". Suit un extrait de la déclaration qui tourne en boucle depuis hier : "Je suis ici par l'acharnement d'un homme : Nicolas Sarkozy". "C'est beau comme à l'ONU", commente Stéphane Durand-Souffland. Nouveaux applaudissements. A l'intérieur, le voici assis. C'est toujours sa tête qui dépasse. Après les premiers assauts des avocats des deux hommes politiques, on croirait voir le procureur à contre-emploi agiter un drapeau blanc au milieu d'un champ de bataille déjà dévasté. Villepin superstar, et même "arrogant" selon France-Soir : voilà pour le décor. Sur le fond, Les Echos pose la question de ce début de procès : "le Président de la République, qui dispose d'une immunité pénale, peut-il être partie civile ? Est-ce que les débats restent équitables dans ces conditions ?" Deux juristes : un "pour", un "contre", dans Les Echos... Pour Dominique Rousseau, "le principe de l'égalité des armes est bafoué". Pour Frédéric Rouvillois, "la Constitution ne fait pas du Président un mort civil. Si quelqu'un cambriolait sa maison, personne ne serait choqué qu'il intente des poursuites". D'autres informations glanées dans la presse ce matin, Bruno... En vrac, sur tous les tons et tous les modes... Une brève par journal... Un nouveau quotidien en Italie... Il s'appelle Il Fatto : rien que les faits, pour lutter contre Berlusconi. La Repubblica se sentira moins seule. C'est dans Libération. L'école de journalisme de Lille ouvre une antenne à Bondy, en Seine-Saint-Denis. Les acteurs de la banlieue estiment que la presse les maltraite. C'est dans L'Humanité. Dans l'édition Seine-et-Marne du Parisien, le Secours Populaire pousse un cri d'alarme : l'aide d'urgence explose depuis l'éclatement de la crise. En revanche, pour L'Equipe, Renault peut dire merci à la crise. Dans l'affaire de la sortie de piste volontaire, la marque au losange écope d'une peine avec sursis. Pour Stéphane Barbé, "si la F1 ne courait pas après les constructeurs en ces temps de crise, le verdict aurait peut-être été moins clément. La F1 a sauvé Renault et ses intérêts, mais pas la face". Giscard et Lady Di : personne n'y croit. Je vous parlais hier du roman de l'ancien Président sur l'histoire d'amour d'un chef d'Etat et d'une princesse et qui laisse planer le doute... Le Figaro, qui a sorti l'affaire hier, a interrogé les spécialistes de la Couronne à Londres. Verdict : "L'Angleterre est incrédule". En résumé : Giscard est trop vieux, Lady Di n'aimait que les jeunes. Alors je ne vous le cache pas, Nicolas : je me suis jeté ce matin sur le site Internet du Sun pour y trouver une horreur sur la France et son ancien Président. Eh bien, perdu... Le Times émet tout de même une hypothèse intéressante : et si Giscard avait voulu polluer le plan com de son vieil ennemi Jacques Chirac, qui sort ses mémoires dans quelques jours ? Bonne idée... Alors on va suggérer une riposte à Jacques Chirac : un roman sur ses aventures avec Camilla... Bonne journée...

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